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François Hollande et Manuel Valls  le 12 octobre 2016

Manuel Valls, le "Plan B" : B comme Backup ou B comme Brutus ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Ludovic Piedtenu a décidé de prendre de la hauteur et de s'envoler ce midi pour l'Afrique avec un homme politique surnommé le "Plan B".

François Hollande et Manuel Valls  le 12 octobre 2016
François Hollande et Manuel Valls le 12 octobre 2016 Crédits : Julien Mattia - Maxppp

Je ne vais pas encore vous dévoiler son nom. Ce qui est sur, c’est que chez de nombreux commentateurs et chez certains à gauche, il est surnommé le « plan B ». Nous partons en Afrique, plus précisément à Lomé au Togo, Afrique francophone où nous atterrirons ce soir, on écoute France Culture grâce à internet. Mais aussi RFI (Radio France Internationale) et son célèbre journal en français facile.

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Extrait RFI "Plan B" - Yvan Amar

Un pis aller, symptôme d'une période de difficultés, le Plan B revient donc à la mode. En politique, la gauche radicale européenne l'a remis au goût du jour il y a un an puis en début d'année en convoquant un "sommet du Plan B" postérieur à la crise grecque. On peut dire que l’expression a eu son heure de gloire il y a 11 ans, lors du débat sur le projet de traité constitutionnel européen. Le Professeur Jean-Luc Mélenchon se souvient.

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Jean-Luc Mélenchon - "Plan B"

Et bien le Plan A, évoqué en ce moment, c'est plutôt François Hollande. La logique institutionnelle voudrait qu'il se représente. 6 mois avant l'élection présidentielle, François Mitterrand en octobre 1987 à 60% d'opinions favorables sera réélu. Idem pour Jacques Chirac en 2001 à 57% d'opinions favorables. Ce ne fut pas le cas pour Valéry Giscard d'Estaing. En octobre 80, il avait pourtant encore une côte de popularité à 51%. Ne parlons pas de Nicolas Sarkozy en 2011 à seulement 24%. Que dire de François Hollande aujourd'hui à 13%.

"Monsieur 4%" fait donc resurgir cette expression de "Plan B"

Expression à laquelle les socialistes, en quête du sauveur, adossent toujours le qualificatif de "collectif" par opposition à "individuel". Ils disent toujours "Il n'y a pas de plan B individuel, il y a un plan B collectif". "S'il y en a un qui sort, me disait-on avant-hier, ça ferait exploser la famille socialiste". Donc il faut que cette solution de rechange, de repli, ce pis aller, cet expédient, corresponde à un certain nombre de critères au premier titre desquels sa capacité à rassembler. Mais avec les sommes de détestation qui existent parmi les socialistes, l'opération Plan B de l'anglais B comme Backup, le secours, cette opération s'avère délicate. Chez les proches de Claude Bartolone, on a bien une idée "mais cette personne a un peu peur", me dit-on, c'est Christiane Taubira. Elle aurait plusieurs avantages, selon eux :

- Elle est un élément de fierté qui cimenterait la gauche

- Elle ferait perdre ses voix à Mélenchon

- Le Parti Communiste Français qui rechigne à s'allier avec ce dernier tiendrait là une voie de recours immédiate, un plan B

- Et puis comme elle n'est pas du Parti Socialiste mais des Radicaux de Gauche, elle n'aurait aucune visée sur la rue de Solférino et le parti pourrait tenter de se reconstruire derrière cela, ou plutôt se sauver une fois de plus de sa mort programmée.

Nombre de socialistes pensent aussi à Emmanuel Macron. Son mouvement En Marche ! a déjà séduit une quarantaine de parlementaires. C'est pas mal. Mais il est encore observé par beaucoup d'entre eux avec un mélange de curiosité et de prudence.

Un autre, plus coupant, plus tranchant aurait les qualités requises. Il sait décider. Mais, car dans le cas d'espèce, c'est un mais, si on écoute l'intéressé, il serait loyal.

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Manuel Valls le 31 août 2016 à Evry
Manuel Valls arrive au Conseil départemental de la Gironde en compagnie du Préfet Pierre Dartout.
Manuel Valls arrive au Conseil départemental de la Gironde en compagnie du Préfet Pierre Dartout. Crédits : Kévin Bordereau - Radio France

C'est ce que Manuel Valls disait il y a à peine deux mois, le 31 août à Evry. Le temps passe vite en politique. La situation était toute autre. Le livre de Davet et Lhomme sur Hollande n'avait pas encore anéanti toutes les chances du Président. Le ministre de l'économie Emmanuel Macron venait de quitter le gouvernement. Manuel Valls lui faisait une leçon de morale. Aujourd'hui, s'il se décide vraiment à devenir le Plan B, il apparaîtrait alors immédiatement comme celui qu'il a critiqué, ce serait B comme Brutus. Mais je vous en dirai plus après mon voyage en Afrique avec lui. En attendant, encore un peu d'Yvan Amar sur RFI et son journal en français facile.

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Extrait RFI "Face B" - Yvan Amar
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Intervenants
  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
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