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Nice : une triste impression de déjà-vu

2 min
À retrouver dans l'émission

Quelles conséquences politiques au massacre du 14 juillet à Nice ?

Il y a ces visages sur les réseaux sociaux : Mickael, Clara, Yannis... Des photos insouciantes. Souriantes. Des images postées par des proches, morts d'angoisse, qui cherchent leur oncle, leur cousine, leur ami.

Il y a ces hashtags, ces mots-clés, pour permettre aux rescapés de trouver un toit.

Il y a ces rumeurs et ces photos de corps, reprises et partagées des milliers de fois, dans un mélange de fascination morbide et d'impudeur.

Il y a ces tweets, ces communiqués, ces discours politiques, ces mots ("barbarie", "horreur", "tragédie") qui semblent fades, trop fades, face au ressenti général.

Ce qui était impensable avant le 7 janvier 2015, extra-ordinaire avant le 13 novembre... devient presque tristement régulier, banal, et c'est peut-être ce qui est le plus effrayant au terme de cette nuit d'horreur.

On imagine aussi déjà les conséquences de cet attentat sur les mois à venir, qui précèderont la campagne présidentielle...

Oui, sur le fond d'abord : ce genre d’événement fait jaillir les propositions les plus pulsionnelles.

Les candidats qui en appelleront à la rationalité seront accusés de cécité, ceux qui en appelleront à la modération seront accusés de mollesse, ceux qui en appelleront à la réflexion seront accusés de faiblesse.

Les responsables publics se heurteront à l'aporie soulevée par ces attentats : comment les éviter alors que l'appareil d’État est déjà à son niveau de mobilisation maximale ?

Ensuite, la forme de la campagne va changer. L’État islamique avait déjà appelé à s'en prendre aux autorités du pays, et notamment à François Hollande, qualifié d'"imbécile de France" dans un communiqué.

Il n'est donc plus possible d'imaginer une campagne classique :  déambulations dans la foule, séances d''autographes, rassemblements en plein air... Tout cela appartient déjà au passé.

Presse, sport, mode de vie, et maintenant fête nationale, tous ces symboles sont attaqués. On voit donc mal comment les élections ne seraient pas menacées.

La campagne de 2017 sera cadenassée, hérissée de portiques de sécurité à l'entrée des meetings, parsemée de vigiles pour contrôler les sympathisants, irriguée d'angoisse, de rumeurs et de mouvements de foules.

L'effet le plus délétère des événements d'hier soir se fera donc sentir dans quelques mois.
Avec le risque que la présidentielle, ce beau moment de débat, se transforme en un moment d'hystérie. Une campagne sous protection policière.

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