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Nicolas Sarkozy aurait-il commis l'erreur de trop ?

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Nicolas Sarkozy a peut-être montré une faiblesse qu'on ne lui connaissait pas.

En faisant adopter mardi soir, par surprise, et dans le dos de ses rivaux, une modification des modalités de vote pour les français de l’étranger à la primaire de droite, Nicolas Sarkozy a voulu revenir sur une question qui faisait consensus depuis plusieurs mois : celle de la possibilité offerte aux militants de droite, éparpillés dans le monde, de voter électroniquement les 20 et 27 novembre prochains. Il est vrai que pour beaucoup, voter par bulletin papier sera matériellement impossible, et cette décision du bureau politique de mardi, qui n’était pas prévue à l’ordre du jour, aurait pour conséquence, si les choses restaient en l’état, de réduire de beaucoup la participation au scrutin.

Au passage : ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy essaye de limiter le nombre de votants, ça relève même chez lui de l’obsession : il aurait aimé par exemple, qu’il ne se trouve, en France métropolitaine que 8.000 bureaux de vote... sur quoi il a perdu.

Et il perdra aussi, sans doute, sur la question du vote papier à l’étranger : on voit mal comment les choses pourraient se passer autrement. À trop vouloir jouer aux apprentis chimistes, à vouloir concentrer au maximum le substrat des votants aux militants LR les plus convaincus, et donc - supposément - les plus sarkozystes, Nicolas Sarkozy risque en effet de se brûler les mains.

Pour quelles raisons ?

D’abord parce que la Haute Autorité, censée veiller au bon déroulement des opérations, ainsi que le comité d’organisation de la primaire, et l’ensemble des principaux candidats, ça fait du monde, ça fait du poids... Tous, ont demandé au bureau politique des Républicains de revenir sur sa décision, et de remettre en selle le vote électronique - ce qui sera probablement fait. On ne voit pas comment Sarkozy pourrait tenir, quasiment seul contre tous.

Et voilà la deuxième raison, enchâssée dans la première : par ce qui est considéré comme une filouterie, une magouille de bas niveau, le réflexe du “Tout sauf Sarkozy” a été réactivé chez Les Républicains. Et quoi qu’en pense l’ancien président de la République, ce composé chimique est redoutable, son mélange très instable, très explosif.

Et la voilà la faiblesse de Nicolas Sarkozy, révélée au grand jour : il ne comprend plus son parti, n’en perçoit plus les équilibres. Comme s’il ne l’avait pas vu évoluer, pas su percevoir la demande d’un certain niveau de transparence. La volonté, surtout, de ne pas revivre le scandale de l’élection de Jean-François Copé en 2012.

Comme si Nicolas Sarkozy n’en avait plus les commandes : les conventions thématiques régulières au siège des Républicains, n’intéressent que son camp, qui se rétrécit, et les bureaux politiques du mardi soir sont désertés. Ce c’est qui a rendu possible le coup de force de cette semaine. Et c’est ce qui va se retourner contre lui.

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