LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Emmanuel Macron va dévoiler aujourd'hui son plan d'investissement "France 2030". Le chef de l'Etat va insister sur l'apport du nucléaire.

Nucléaire : un débat sous haute tension... une fois tous les cinq ans

4 min
À retrouver dans l'émission

C'est une constante à chaque campagne présidentielle : un débat éruptif, passionnel sur le sujet... Mais une fois l'élection passée, plus rien pendant cinq ans.

Emmanuel Macron va dévoiler aujourd'hui son plan d'investissement "France 2030". Le chef de l'Etat va insister sur l'apport du nucléaire.
Emmanuel Macron va dévoiler aujourd'hui son plan d'investissement "France 2030". Le chef de l'Etat va insister sur l'apport du nucléaire. Crédits : Laurent Cipriani - AFP

A quoi reconnaît-on qu'on est entrés en campagne présidentielle ? La réponse est simple : on s'empoigne sur le nucléaire. C'est comme les feuilles mortes pour l'automne : un signe infaillible.

D'ailleurs, en présentant aujourd'hui son grand plan d'investissement - dont une partie sera consacrée au nucléaire - Emmanuel Macron va raviver, c'est inévitable, la tension sur le sujet.

L'électricité dans l'air présidentiel. Souvenez-vous : l'un des échanges les plus vifs entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en 20007, c'est précisément sur l'énergie atomique [extrait sonore].

Voilà débat aussi tendu qu'il est approximatif. Le réacteur EPR c'est bien la troisième génération, et le nucléaire à cette époque représente non pas 17% ou 50%... mais 75% de l'approvisionnement en électricité.

C'était il y a 15 ans. Depuis, la transition énergétique est devenu un concept de tous les jours. Une telle légèreté sur les chiffres serait-elle encore possible ?

Quand François Hollande est candidat, en 2012, la droite peine à trouver des angles d'attaques. C'est à nouveau le nucléaire qui est choisi pour cliver. Lors d'un débat, Jean-François Copé interroge le présidentiable socialiste sur sa volonté de faire baisser la part du nucléaire. Là encore un moment assez accroché [extrait sonore].

Crispations

Alors comment comprendre que l'atome suscite une telle passion politique ? Réponse : le sujet en englobe bien d'autres : il porte en lui des questions immenses sur la souveraineté, la sécurité, la consommation...

Autre raison plus cynique. Le nucléaire est l'un des points de désaccords au sein de la gauche. Les Verts sont contre, les communistes sont pour. Les socialistes sont divisés. Alors la droite aime taper là où ça fait mal.

En 2002, le candidat Jospin se brouille d'ailleurs avec les écologistes en affirmant qu'il ne veut pas sortir du nucléaire.

Lorsqu'on regarde ces crispations au long cours, ce qui est intéressant, c'est qu'elles ne survivent pas à l'élection présidentielle.

Vous l'avez noté : le nucléaire, on en débat pendant 5 mois avant l'élection ; et on n'en parle plus pendant 5 ans.

Comme s'il s'agissait d'un domaine réservé du chef de l’État.

Ce contraste entre le langage de la campagne et la pratique du pouvoir, on l'observe nettement en 1981.

A quelques mois du scrutin, Valéry Giscard d'Estaing président sortant se rend en Normandie et assume la construction de nouvelles centrales, sous les huées :

Si Valéry Giscard d'Estaing défend ardemment ses choix, c'est parce que son adversaire François Mitterrand, lui, cible le nucléaire. Dans ses 110 propositions, il promet notamment un référendum avant toute construction de nouvelle centrale.

Mais ce référendum n'aura jamais lieu, et de nouvelles installations seront lancées au cours du mandat socialiste.

Preuve qu'il n'est pas si simple de désaccoutumer du nucléaire.

Malgré les empoignades télévisuelles une fois tous les cinq ans. Hélas, ce débat est comme une partie des énergies renouvelables... Il est intermittent.

Frédéric Says

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......