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Valérie Pécresse, Michel Barnier et Laurent Wauquiez à Paris, le 20 juillet 2021.

On connaît déjà le vainqueur de la primaire LR...

3 min
À retrouver dans l'émission

Le scrutin livrera son verdict le 4 décembre au plus tard, mais un homme fait déjà figure de gagnant.

Valérie Pécresse, Michel Barnier et Laurent Wauquiez à Paris, le 20 juillet 2021.
Valérie Pécresse, Michel Barnier et Laurent Wauquiez à Paris, le 20 juillet 2021. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Il ne présentera pas sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne... les esprits à droite : Laurent Wauquiez. 

Les candidats à la primaire rivalisent de termes louangeurs à l'endroit du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Michel Barnier le voit en précurseur : « il a eu raison avant d'autres sur un certain nombre de sujets », explique l'ancien commissaire européen. Il y a quelques années, Barnier dénonçait pourtant le "populisme" de Laurent Wauquiez. Rappelons que ce dernier s'est fait connaître en dénonçant le « cancer de l'assistanat » - lorsqu'il était jeune ministre de Nicolas Sarkozy.

De leur côté, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui n'avaient jamais caché leur aversion pour le style Wauquiez, le consultent régulièrement et prennent garde de ne pas prononcer un mot contre lui.

Eric Ciotti, autre candidat, va même plus loin. S'il est élu, il souhaite nommer Laurent Wauquiez à Matignon :

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Quelle réhabilitation pour Laurent Wauquiez ! Quel retour de flamme pour celui qui était devenu le paria de sa famille politique - lui qui fut obligé d'en rendre les rênes, après la déroute aux élections européennes il y a deux ans, moins de 9% des suffrages.

Qu'est-ce que cet épisode démontre ?

D'abord, cela confirme la règle : en politique, vous n'êtes jamais autant apprécié que quand vous êtes « hors circuit ».

Ensuite, brandir son amitié pour Laurent Wauquiez, c'est une manière de démontrer sa fidélité à la structure LR. Wauquiez l'a dirigée. Il est resté apprécié du noyau dur des militants. Il n'a jamais quitté le parti. Et cette question de la fidélité n'est pas neutre dans cette campagne interne, puisque deux candidats, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, avaient rendu leur carte. Ce qui leur est régulièrement reproché.

Enfin, c'est la ligne idéologique de Laurent Wauquiez qui triomphe. Fermeté contre l'immigration, éloge du travail : les militants LR se sont droitisés.

Résultat : Wauquiez, jadis à la marge, est devenu central dans le parti.

Or, rappelons-le, dans cette primaire, ce sont seulement les adhérents, les encartés, les fidèles d'entre les fidèles qui votent, et non pas comme en 2016 l'ensemble des sympathisants de la droite.

Laurent Wauquiez a donc le sort de la primaire entre ses mains ?

Ses amis le voient déjà en empereur romain, qui tourne le pouce vers le haut ou vers le bas, pour choisir le ou la vainqueur. Nous n'en sommes pas là, mais il est sûr qu'une prise de position pour l'un des candidats, avant le scrutin dans une semaine, pèsera lourd dans l'élection.

Mais allons au-delà des questions tactiques de la primaire.

Ce retour en grâce interne montre aussi l'instabilité des destins au sein de la droite française.

Déboussolée, apeurée par l'extrême-droite, détroussée par le macronisme, elle ne sait plus à quel saint se vouer.

En seulement quatre ans, tout a changé. Laurent Wauquiez était honni ; il est maintenant à l'honneur.

Xavier Bertrand avait claqué la porte ; il est revenu la bouche en cœur.

Nicolas Sarkozy, qui faisait office de mentor, a perdu en influence depuis sa condamnation.

Pendant ce temps, des barons LR continuent de s'en aller. Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a affirmé hier ne plus se reconnaître dans un parti qui « dérive vers l'extrême-droite ».

Paca est d'ailleurs un bon laboratoire : le maire de Nice Christian Estrosi a quitté LR et rejoint les macronistes, tout comme Hubert Falco, le maire de Toulon.

Un exode sudiste, qui traduit le malaise de nombreux cadres, essoufflés par la course avec le Rassemblement national.

Certes, la droite espère toujours l'emporter en 2022. Et cet espoir de victoire cimente encore un parti qui doute. Mais qu'en sera-t-il au lendemain de l'élection ?

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