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Le coup de balai contre le "vieux monde" politique est resté incomplet.

Où est passé le "dégagisme" ?

3 min
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On nous annonçait un "nouveau monde" politique... Mais les anciens font de la résistance.

Le coup de balai contre le "vieux monde" politique est resté incomplet.
Le coup de balai contre le "vieux monde" politique est resté incomplet. Crédits : Bertrand Leguay - AFP

Avant de sauter dans l'inconnu, les Français ont tout de même pris un parachute. L'"ancien monde" n'a pas disparu de la nouvelle Assemblée. A droite, des figures telles que Eric Ciotti, Eric Woerth, Claude Goasguen, Franck Riester ont survécu à la vague macroniste. A l'UDI, entre autres, Yves Jégo et Maurice Leroy (élu député pour la première fois il y a 20 ans) ont été reconduits. A gauche, on retrouvera sur les sièges de l'Assemblée les anciens ministres Delphine Batho et Guillaume Garot. Sans oublier Stéphane Le Foll, le premier des "hollandais", incarnation du quinquennat précédent. Et même Michel Vauzelle, en PACA, comme un vieux souvenir de mitterrandisme. Du passé ne faisons pas table rase.

Pourtant, à entendre les oracles du dégagisme (ou du "nouveau monde", c'est selon), les sortants allaient être tous sortis, l'expérience constituait un handicap, la longévité une tare, l'ancienneté une honte ; bref, tout ce qui avait déjà été ne pouvait plus être. Une Assemblée ex nihilo. On nous annonçait un "nouveau monde" politique, mais les anciens font de la résistance.

Quel est le point commun entre Olivier Faure (PS), Christian Jacob (LR), Philippe Vigier (UDI) et André Chassaigne (Parti communiste) ? Ils étaient tous chef d'un groupe parlementaire dans l'assemblée sortante, sous François Hollande... et ils ont tous été réélus hier soir. De même que l'ancien premier ministre Manuel Valls (certes de peu), tout comme l'ancien candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan. Nouveau monde, vraiment ?

Les électeurs français ont donc hésité à appuyer complètement sur la touche "reset".

Comment l'expliquer ? Peut-être ont-ils eu peur de confier la totalité des clefs à des candidats méconnus. Sans doute aussi y a-t-il eu la crainte d'une hégémonie totale, sans contre-pouvoir, sans débat et donc sans garde-fou à l'intérieur de l'Assemblée.

De ce point de vue, il est intéressant de noter une remobilisation de l'électorat de droite dans l'entre-deux tours : le nombre de voix glanées par le parti Les Républicains est passé de 3,4 millions à 4 millions en une semaine.

L'élection d'hier soir, plutôt que de renouveler de fond en comble la vie politique, confirme simplement quelques évolutions qu'on voyait poindre : le PS n'a plus de députés en Nord-Pas-de-calais, ni en Seine-Saint-Denis, où il est largement remplacé par la France insoumise. Par ailleurs, la République en Marche s'impose en Vendée et en Savoie, ces terres historiquement à droite.

Le raz-de-marée n'a pas eu lieu, et la vague - certes puissante - n'a pas tout emporté sur son passage. Si "dégagisme" il y a eu, c'est surtout celui des citoyens, dont plus de la moitié (56%) a déserté les bureaux de vote.

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