LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Partir sans parti...

3 min
À retrouver dans l'émission

Est-il bien prudent de se lancer dans la course à la présidentielle sans parti politique ?

Prudent, on ne sait pas, mais possible, oui, certainement, et peut-être désormais bien plus facile qu’on ne le dit souvent.

Essayons de penser un instant comme Emmanuel Macron, ou comme tous les ambitieux politiques de la “génération disruption”. Le ministre de l’économie, on le sait, n’est plus encarté au Parti Socialiste, et n’a aucune intention d’y cotiser à nouveau. Pas seulement pour des raisons politiques : surtout parce qu’il est tout à fait persuadé que ça ne lui serait, strictement, d’aucune utilité, au contraire. Macron pense en réalité “l’après-parti”.

À quoi bon affronter une structure, une machine, une concurrence, une inertie, quand on peut, désormais très facilement, à condition d’avoir un minimum de notoriété, et de bien connaître les outils numériques, court-circuiter le système ? Et quand on est persuadé - en s’imposant seul - que la formation et la sélection des candidats, n’est finalement qu’une des fonctions, qu’un des monopoles, que les partis politiques ont déjà perdu. Car finalement, tous les rôles traditionnels qu’on attribue aux appareils classiques tels qu’on les connaît leur filent entre les doigts, aussi rapidement que leur reviennent les cartes d’adhérents.

Le premier rôle, le plus important, celui de la production d’idées paye cher l'avènement de l’ère des primaires : à chaque candidat son écurie, et à chaque écurie son think tank, au mode de fonctionnement d’ailleurs plus ou moins participatif. Le mouvement “En marche” repose par exemple sur le club “Les jeunes avec Macron”, et sur le think tank : “la gauche libre”.

Même phénomène en ce qui concerne le financement de la vie politique : nous sommes entrés dans l’âge du crowdfunding, dont le sarkothon, destiné à boucler les comptes invalidés de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a été un bon exemple : 11 millions d’euros avaient été récoltés, relativement facilement, et depuis, de l’autre côté de l’Atlantique, Bernie Sanders a fait beaucoup plus fort dans les primaires, avec pourtant un don moyen de 27 dollars. Pour l’instant, Emmanuel Macron, reconnaît avoir récolté 400.000 euros auprès de particuliers, mais ce n’est évidemment que le début : “si on ne veut pas avoir toujours les mêmes hommes politiques, avec des subventions publiques, il faut donner”, expliquait-il hier, sans fausse pudeur, en marge d’une conférence d’investisseurs.

Mais comment envisager une campagne sans les masses militantes ? Sans le maillage territorial, sans ces armées de colleurs d’affiche ? De distributeurs de tracts ? Cette question, pertinente encore il y a quelques années, ne semble plus forcément d’actualité. Les plateformes numériques, le traitement des données, le recoupement de certaines informations, permettent aujourd’hui de créer, d’organiser et d’optimiser le fonctionnement de comités locaux, très nombreux et très agiles. Désirs d’avenir, en 2007, en représente la préhistoire : il est possible désormais d’organiser des campagnes de porte à porte très ciblées, et de toucher à coup sûr des électeurs vraiment intéressants. C’est exactement ce que prépare Emmanuel Macron : il a engagé pour ça récemment une start up parisienne qui en 2012 avait mis ses outils à disposition de... François Hollande.

Chroniques
8H18
17 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Quelle histoire s'écrit dans le monde arabe ?
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......