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Anne Hidalgo : "je veux porter la voix des femmes de ce pays, qui ne peuvent pas se contenter en permanence de passer les plats".

Présidentielle : quelle place pour les femmes ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Dans cette campagne, la parité est encore loin...

Anne Hidalgo : "je veux porter la voix des femmes de ce pays, qui ne peuvent pas se contenter en permanence de passer les plats".
Anne Hidalgo : "je veux porter la voix des femmes de ce pays, qui ne peuvent pas se contenter en permanence de passer les plats". Crédits : Patrick Hertzog - AFP

Le mot gouvernant, au féminin, donne « gouvernante ». Et force est de constater - hélas - que ce terme renvoie encore (au moins) autant à la tenue d'un foyer qu'à la direction d'un pays.  

Cette élection présidentielle va-t-elle bousculer ce constat ?

Cela paraît mal parti. A cette heure, seule trois femmes semble pouvoir concourir : la socialiste Anne Hidalgo, Nathalie Arthaud à Lutte Ouvrière et Marine Le Pen au Rassemblement national. Il faudra peut-être ajouter Valérie Pécresse à droite, si elle triomphe de Xavier Bertrand.

Mais dans tous les autres partis, les hommes se sont imposés, avec ou sans primaire. Sur les plateaux télé, une nouvelle fois, pendant cette campagne, les cravates seront en surnombre.  

Anne Hidalgo hier a d'ailleurs fait de cette question, celle de la présence des femmes, l'un des arguments pour sa candidature :  

« La femme politique que je suis est bien décidée à aller au bout, parce qu'au-delà de la transition écologique et sociale, je veux porter la voix des femmes de ce pays qui ne peuvent pas se contenter en permanence de passer les plats. Il est temps qu'une femme dans ce pays accède vraiment à des postes de premier plan. » (sur RTL)

La maire de Paris, qui a toujours fait du féminisme son identité politique, muscle ici son discours.  

Elle reprend la tonalité de Sandrine Rousseau, et vise sans doute l'électorat de la candidate écolo, éliminée d'un cheveu à la primaire. Celle-ci mettait en avant la différence d'incarnation" qu'elle portait face à Yannick Jadot.

"Les postes de premier plan", dit Anne Hidalgo. Et effectivement bien peu de chemin semble avoir été parcouru depuis 1974 et la première candidature d'une femme, Arlette Laguiller :  

« Eh bien, je suis une femme et j'ose me présenter comme candidate à la présidence de cette république d'homme. C'est légal et portant cela choque, cela paraît étrange, même aux hommes de gauche, et cela doit l'être, puisque je suis la seule ».  

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Extrait du clip de campagne 1974, où la candidate est désignée comme « mademoiselle Arlette Laguiller ».

Depuis lors, une seule femme cheffe du gouvernement (Edith Cresson). Et deux finalistes présidentielles : Ségolène Royal et Marine Le Pen.

Surplace

Certes, l'Assemblée nationale approche de la parité depuis 2017. Et des ministères comme ceux de l'économie ou de la défense ne sont plus des chasses gardées masculines... Mais la présidentielle a parfois des allures de fumoir d'un club non-mixte.  

J'ai fait le compte, sous la Vème République, seules douze femmes ont été candidates.  

Bien sûr, il faut se garder de tout essentialisme, et nulle prétendant ou prétendante ne peut clamer sa supériorité du fait de son genre.  

Mais l'époque donne l'impression de faire du surplace.  

Cette année donc, quatre candidates (maximum) à la présidentielle - ce serait autant qu'il y a vingt ans, en 2002, record jusqu'ici.  

Du surplace aussi, dans d'autres démocraties.

Aux États-Unis, après le pari raté pour Hillary Clinton, les démocrates en sont revenus au bon vieux profil, si l'on ose dire, à la Joe Biden. Cela pour affronter un Donald Trump qui a présenté sa virilité comme un argument de campagne.

Au Royaume-Uni, la première ministre Teresa May a été exfiltrée au profit de Boris Johnson.

En Allemagne, sauf énorme surprise, Angela Merkel sera remplacée par un homme.

Comment l'expliquer ?

Est-ce un mouvement de balancier conjoncturel ?

Ou bien est-ce l'ambiance mondiale de montée des périls, le choc des dirigeants autoritaires, d'Erdogan à Poutine, qui favorise inconsciemment le virilisme ?

Au prochain sommet du G20, dans trois semaine en Italie, faisons le compte : sur la vingtaine de dirigeants rassemblés, autour de la table, il n'y aura que deux femmes. Angela Merkel, en toute fin de mandat, et Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Comment dit-on gouvernante en allemand ?

Frédéric Says

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