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Quelques vitres brisées, et après ?

2 min
À retrouver dans l'émission

C'est pas la fin du monde...

Quelques bris de verre, en marge du cortège parisien contre la loi travail, alors que partout ailleurs dans la manifestation (de la place d’Italie aux Invalides), l’ambiance était super bon enfant : vraiment, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

Le fait que les baies vitrées en question - explosées à la masse - soient constitutives de la façade d’un hôpital pour enfant (l’hôpital Necker), c’est pas non plus super grave. Parce qu’il faut savoir que l’État et le gouvernement actuel sont les premiers responsables de l’état dans lequel se trouve l’hôpital public. Et, je ne sais pas si vous me suivez, mais puisque c’est l’état et le gouvernement qui s’en prennent, année après année, budget après budget, à la fonction publique hospitalière, pourquoi ne pourrait-on pas, à l’occasion d’une manif, légitimement défoncer les abords des hôpitaux ?

Un lanceur de bloc de bitume, c’est aussi un lanceur d’alerte (...même s’il ne sait pas toujours très bien dans quelle direction il lance).

Du coup, on ne voit pas très bien pourquoi “l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris” veut porter plainte après les événements d’hier. Surtout si l’on considère que le coût de la réparation des baies vitrées représente “7 secondes du salaire de Carlos Ghosn”, le PDG de Renault. Vous voyez le rapport ? Non ? Moi non plus, mais quelqu’un a réussi a livrer hier cet argument sur twitter, au milieu d’autres, tout aussi incroyables.

Et ce qui est frappant, finalement, dans cette affaire Necker, c’est qu’il n’y a, dans les rangs des manifestants hier, que très peu de voix, pour ne pas dire aucune, quasiment, pour au moins dénoncer ces actes scandaleux. En réalité, seul Jean-Claude Mailly, pour FO, s’est légèrement indigné.

C'est grave ? 

C’est surtout très embêtant pour le mouvement anti-loi travail, qui se montre incapable de se désolidariser - même en mots - des casseurs, et qui semble préférer, du coup, minimiser, ou relativiser la violence, au risque d’être suspecté de la cautionner, en utilisant une argumentation un peu “bas du front”.

Or, on sait depuis longtemps qu’un mouvement social a tout à craindre des casseurs : Jean-Luc Mélenchon lui-même rappelait récemment que l’histoire l’a démontré : “Il n'y a pas besoin d'être un aigle, a expliqué le leader du Front de Gauche, mi-mai, après l’incendie d’une voiture de police, pour comprendre que ça ne sert en aucun cas la cause que nous défendons”.

Alors, pourquoi une telle complaisance dans les rangs ? Est-ce un signe de fatigue, de faiblesse, du mouvement, qui n’a pas rassemblé hier une foule “énorme”, à Paris, comme espéré ? Est-ce la preuve qu’il faudra bientôt trouver une porte de sortie ? Quitte à la défoncer ?

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