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Le président Donald Trump prend la parole lors d'un rassemblement électoral à Atlantic Aviation le 22 septembre 2020 à Moon Township, Pennsylvanie..

"Sa gestion de la crise sanitaire a fait perdre Donald Trump"

3 min
À retrouver dans l'émission

Dans quelle mesure le président républicain a-t-il échoué à être réélu en raison de sa gestion de la pandémie de Covid-19 ? Analyse avec notre correspondant aux Etats-Unis.

Le président Donald Trump prend la parole lors d'un rassemblement électoral à Atlantic Aviation le 22 septembre 2020 à Moon Township, Pennsylvanie..
Le président Donald Trump prend la parole lors d'un rassemblement électoral à Atlantic Aviation le 22 septembre 2020 à Moon Township, Pennsylvanie.. Crédits : Jeff Swensen - Radio France

En France, l'exécutif a fait face à de nombreuses critiques dans sa gestion de la crise sanitaire. Et à l'étranger ? Les gouvernements ont-ils été fragilisés ou confortés, soutenus ou contestés, face à cette crise inédite ? Toute la semaine, le Billet politique vous emmène en Italie, aux États-Unis, en Chine, en Allemagne et au Royaume-Uni. Aujourd'hui, nous nous rendons à Washington, presque deux mois après l'élection américaine qui a vu la défaite du président sortant. 

Frédéric Says : Peut-on dire la gestion de la crise sanitaire a fait perdre Donald Trump ?

Grégory Philipps : Tout à fait. Et ce pour trois raisons. D’abord, avant l’épidémie, l’administration Trump enregistrait de bons résultats économiques. En toute logique le président sortant aurait dû aurait pu jouer sur ce bilan. 

Un taux de chômage historiquement bas, la bourse qui s’envole, la confiance des consommateurs : c’était du pain béni pour un Trump candidat à sa réélection. 

D’autant plus qu'aux États Unis, généralement, un président sortant est bien positionné pour être reconduit. Dans l’histoire contemporaine, le dernier à n’avoir fait qu’un seul mandat, c’était George Bush père, au début des années 90. Reagan, Clinton, George W. Bush et Obama avaient été réélus. 

Deuxième raison : en quatre ans de mandat, la cote de popularité de Donald Trump est restée extraordinairement stable, autour de 47 à 48 %. La base électorale de Trump n’a jamais dévissé, même dans la tempête, et cela aurait dû, cela aurait pu lui permettre de remporter cette élection. 

Troisième raison : la gestion calamiteuse de cette épidémie de coronavirus. 16 millions de personnes contaminées, plus de 300 000 morts et un surtout un déni de la gravité de la situation sanitaire. Souvenez-vous de la tonalité, en février-mars : "ce virus va disparaitre", comme par miracle, prédisait Trump. Le président refusait de porter un masque, il organisait des évènements à la Maison blanche et des meetings sans aucun respect des consignes de distanciation physique. Sans oublier le refus d’écouter ses conseillers scientifiques et les médecins. 

Tout ceci a fait que Trump a donné l’image d’un président pas à la hauteur d’une telle crise. Il a perdu des voix notamment chez les personnes âgées, particulièrement touchées par le virus. Lesquelles se sont, au fil des mois, détournées du candidat républicain. 

Inversement, peut-on dire alors que l’épidémie de coronavirus aux Etats-Unis a permis la victoire de Joe Biden ? 

Biden a toujours été en tête des sondages - depuis l’annonce de sa candidature comme après sa désignation par le Parti démocrate.

Par conséquent, il a toujours eu une longueur d’avance sur Trump. Mais c’est vrai que l’épidémie a considérablement changé la façon même de faire campagne : un Joe Biden confiné, chez lui dans le Delaware, prudent, n’organisant pas de réunions politiques, portant un masque lors de ses rares apparitions publiques, discret, presque absent parfois, tandis que Donald Trump multipliait les meetings, jusqu’à cinq par jour à la fin du mois d’octobre. 

Cette stratégie de Biden, évidemment, a été pensée, réfléchie par ses conseillers, et elle a marché.

En ne faisant rien, en ne prenant pas la parole, Biden restait en tête des sondages.

Cette discrétion a donné à Joe Biden l’image d’un homme prudent, raisonnable, empathique aussi avec les victimes du Covid et leur famille (ce que son adversaire n’a jamais su démontrer), attentif aux recommandations des médecins et des scientifiques.

Avant même d’être élu, cet épisode lui a offert l’image d’un homme présidentiel, rassurant, rassembleur, au moment ou l’Amérique était particulièrement divisée. 

Sauf qu’évidemment, l’épidémie est loin d’être terminée. Et que Joe Biden va arriver à la Maison Blanche avec une priorité, c’est la lutte contre le virus ? 

Priorité absolue. Avec la campagne de vaccination qui va évidemment s’intensifier au fil des semaines. L’objectif, c’est 100 millions d’Américains vaccinés au 100ème jour de son mandat à la maison blanche. 

Sans compter le redressement de l'économie. Le taux de chômage est encore à 6,7%, contre 3,5 avant l’épidémie. 

La tache qui attend le 46ème président des Etats-Unis est immense. Elle sera d’autant plus compliquée si les Républicains conservent la majorité au sénat. 

Cela se décidera le 5 janvier prochain dans l’Etat de Géorgie, avec 2 élections sénatoriales, mais ça c’est une autre histoire. 

Grégory Philipps est le correspondant permanent de Radio France à Washington.

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