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Jérôme Cahuzac à l'ouverture de son procès, le 5 septembre 2016.

Sarkozy, Cahuzac... quelles conséquences pour la campagne présidentielle ?

3 min
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Les deux affaires sont différentes, leurs enjeux aussi. Mais leur simultanéité projette encore quelques pelletées de terre sur l’espoir d’une vie politique éloignée des prétoires.

Jérôme Cahuzac à l'ouverture de son procès, le 5 septembre 2016.
Jérôme Cahuzac à l'ouverture de son procès, le 5 septembre 2016. Crédits : Benoit Peyrucq - AFP

Ce fut hier une bien belle journée pour qui porte haut l’idée de démocratie. Le matin, l’on apprenait la demande de renvoi d’un ancien président de la République devant le tribunal correctionnel ; l’après-midi, c’est un ex-ministre du Budget qui racontait avoir touché de l’argent occulte pour financer la campagne présidentielle de son mentor, Michel Rocard en l’occurrence.

Nicolas Sarkozy et Jérôme Cahuzac, à la une de la rubrique judiciaire. Certes, les affaires sont différentes - les enjeux aussi - mais leur simultanéité projette encore quelques pelletées de terre sur l’espoir d’une vie politique éloignée des prétoires.

Là n’est pas le pire : le pire, c’est que ça ne changera probablement pas grand-chose à la campagne présidentielle qui vient. Évidemment, l’onde de choc n’est pas négligeable, le FN y voit une confirmation de son « Tous pourris », les rangs des abstentionnistes ont sans doute encore grossi, et les médias étrangers ont abondamment relayé ces turpitudes.

Pour autant, que s’est-il passé hier, si l’on synthétise ? Nicolas Sarkozy est embourbé dans une énième affaire, après les sondages de l'Elysée, le présumé financement libyen, les écoutes... Des affaires dont certaines ont débouché sur un non lieu, comme le dossier Bettencourt... Et ensuite ? Ceux qui avaient une image écornée de l’ancien président se sentent confortés ; ceux qui le soutiennent y voient un acharnement. Une casserole de plus, soupirent les uns ; un complot supplémentaire, tonnent les autres.

De son côté, l’ouverture du procès Cahuzac a confirmé deux évidences :
1) le financement politique n’était pas ultra-propre dans les années 90, marquées par l’affaire Urba, en attendant la cassette Méry.
2) lui-même, Jérôme Cahuzac, ne fut pas un modèle de vertu, en ayant - au minimum - accepté de couvrir l’existence d’un trésor de guerre politique alimenté par des laboratoires pharmaceutiques.

Il flotte dans ces deux affaires, et c'est symptomatique, comme une impression de routine, de déjà-vu, comme si la République française faisait régulièrement le même mauvais rêve...

Alors pourquoi ressent-on un tel fatalisme dans l’opinion ?

Les un par légalisme : respect pour la présomption d’innocence dans l'attente d'une décision définitive. Les autres par cynisme : les partis politiques bénéficient de financements occultes, and so what ?

Alors certes, comme disait Audiard, "la justice est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s'installe". Mais en l'espèce, la longueur des procédures (et parfois le déséquilibre entre les moyens artisanaux de la justice et le niveau industriel de la fraude), ne laisse guère entrevoir de dénouement rapide.

Cela vous désespérera peut-être, mais aucune présidentielle récente, en France, ne s’est jouée sur les affaires : en 2002, Jacques Chirac avait gagné malgré les remugles des emplois fictifs, des frais de bouche et autres voyages payés en liquide... il avait à l'époque évacué la question par cette formule restée célèbre :

Écouter
6 sec
Billet politique - J. Chirac - les affaires ? elles font pschitt

« Ça fait pschitt »... et tout le monde avait commenté le vocabulaire plutôt que le fond de l’enquête, l’expression plutôt que l’instruction.
En 1995, les comptes de campagne de plusieurs candidats étaient objectivement truqués, et le Conseil constitutionnel présidé par Roland Dumas a choisi de fermer les yeux. Comme si tout était normal. Au fond, ce qui est triste dans ces affaires, c’est qu’elles ne nous rendent pas plus tristes.

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