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Sénatoriales : Si le parti d'Emmanuel Macron rate le grand chelem, c'est de sa faute !

4 min
À retrouver dans l'émission

Une élection se profile en France, dimanche 24 septembre : les élections sénatoriales. 174 nouveaux sénateurs seront désignés par 162 000 grands électeurs. Des grands électeurs qui ne sont pas favorables au parti présidentiel. Emmanuel Macron ne peut s'en prendre qu'à lui-même.

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SENAT Crédits : Radio France

Pas besoin de fouiller dans vos papiers pour rechercher votre carte d'électeur, vous ne voterez pas, nous ne voterons pas dimanche. Seulement 162 000 "grands électeurs" le feront pour nous. 0,34% du corps électoral français, l'équivalent de la population entière d'une ville comme Grenoble ou Toulon.

Qui sont-ils ?

Ce sont très majoritairement des délégués choisis par les conseils municipaux. Plus votre commune est peuplée, plus vous envoyez de délégués. Cela favorise donc les métropoles et non les territoires ruraux. Les députés et les sénateurs participent au scrutin. Et pour ces délégués, et contrairement à nous, citoyens-électeurs, pas d'abstention, comme en avril, mai et juin dernier, puisque le vote est obligatoire. Mais toute la France n'est pas concernée. Ces grands électeurs vont ce dimanche, renouveler la moitié des 348 sénateurs. Ce qui fera donc 174 nouveaux élus. Le Sénat à majorité de droite va-t-il "jaunir" et subir "la vague Macron" comme l'Assemblée Nationale au mois de juin ? "Jaunir", comme la couleur jaune désormais attribuée à la République en Marche d'Emmanuel Macron sur les cartes électorales. Quel avenir pour un Sénat qui n'a connu que 37 mois à gauche pour 672 d'existence sous la Vème République. Va-t-il lui aussi subir un lifting ? Un rajeunissement ? Une féminisation ? Et un balayage des partis traditionnels ?

L'année électorale 2017 va-t-elle s'achever sur un grand chelem pour le parti d'Emmanuel Macron ?

Et bien, non ! Ce qu'il y a, pour certains, de rassurant avec le Sénat, c'est que les choses risquent de ne pas beaucoup bouger. Les Républicains devraient conserver leur majorité et reconduire ensuite début octobre Gérard Larcher à la Présidence. Est-ce déjà une première sanction électorale pour le parti présidentiel ? Il se dit qu'au château, "Emmanuel Macron suit de près" cette élection. Élément de langage distillé par ses proches. Quel Président de la République n'a pas suivi de très près un scrutin ?

Si les projections pour dimanche se confirment, le résultat limité de La République en Marche (dans l'hypothèse haute, guère plus de 10% des sièges de la Haute Assemblée) sera utilisé, critiqué, par les partis d'opposition, parmi lesquels la droite, Les Républicains, fiers d'avoir défendu leur pré carré du jardin du Luxembourg. Lundi prochain, "l'ancien monde" pourra fanfaronner. Mais si Emmanuel Macron rate cette dernière marche de l'année électorale, c'est en très grande partie de sa faute, de son fait. Il est depuis le début de cette aventure "En Marche !" la tête de gondole. Le nom autour duquel la campagne s'est articulée. Scrutin présidentiel oblige, personnalisation à outrance de cette élection. Mais pas uniquement, c'est aussi dû à la forme de son parti, inédite en France. Un "parti-firme", un "parti-entreprise", crée ex nihilo, dont il a même donné les initiales de son prénom et de son nom à son mouvement. Presque un seul exemple de parti comme celui-ci en Europe de l'Ouest, Forza Italia de Silvio Berlusconi. Macron est le PDG de cette start-up, il était jusqu'à il y a peu le patron du conseil d'administration, ainsi que s'appelle, comme dans une entreprise, la direction du parti. C'est aussi autour de son nom que 308 députés sur 577 ont fait leur entrée à l'Assemblée Nationale au début de l'été. Ils lui doivent tout.

La République en Marche s'est construite par la tête.

Mais pour rafler la mise au Sénat, il faut la tête ET les jambes. Pas faute de revendiquer près de 380 000 marcheurs et d'être clairement la première force militante de France. Emmanuel Macron n'a pas les élus locaux. Son parti n'a pas d'histoire, pas de racine, pas de réseau dans les territoires. Un ami chiraquien du Président, Jean-Paul Delevoye, propulsé chez "En Marche !" DRH en quelque sorte. Il a géré le dossier très politique des investitures pour les législatives et les sénatoriales. Il me disait la semaine dernière, "l'enfer", selon ses propres mots, qu'avait représenté ce travail de préparation pour cette élection de dimanche.

"Le mouvement s'est crée au plus haut. Il s'est fait vite et tout de suite par la tête", disait-il encore. S'il veut durer et vraiment mettre à mal la résilience, la résistance des partis historiques, "il lui faut des relais, il doit trouver une pertinence locale".

La prochaine date qui compte, 2020 ou 2021, année où pourraient se dérouler en même temps les municipales, les départementales et les régionales. C'est là qu'Emmanuel Macron pourra espérer constituer sa future réserve de grands électeurs susceptibles, un jour, de faire vaciller le Sénat.

Chroniques
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Bibliographie

La bataille du Sénat

La bataille du SénatRobert Laffont, 2011

Intervenants
  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
L'équipe
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