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Un 3ème débat de la primaire "disruptif"

4 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce billet, retour sur le 3ème débat de la primaire à droite, organisé hier soir par France télévisions et Europe 1 et aux manettes les journalistes David Pujadas et Jean-Pierre Elkabbach.

Et j'ai envie de succomber à l'une des modes du moment en utilisant le mot "disruptif". Vous savez, hier, je vous parlais d'Emmanuel Macron, désormais candidat à la Présidence de la République. On dit souvent qu'il "disrupte" le système politique. Au sens d'une innovation qui vient perturber l'ordre établi. C'est un terme de la novlangue du marketing et du monde des nouvelles technologies qui peut s'appliquer dans plusieurs situations. Hier soir, quand David Pujadas interroge Nicolas Sarkozy sur les accusations de financement illégal de sa campagne de 2007 par l'intermédiaire Ziad Takieddine. On a là, dans un débat assez classique et long - plus de 2h30 - un moment disruptif.

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20 sec
Nicolas Sarkozy sur Ziad Takieddine

Nicolas Sarkozy ne répond pas sur le fond. Il livre au passage une charge contre le journaliste et le service public. Il n'y a pas que le terme de "disruptif", la critique des médias et des sondages, ça aussi, c'est dans l'ère du temps. Et si lors de chacun des trois débats organisés avant ce 1er tour de la primaire de la droite, on a vu les candidats se livrer abondamment à cette exercice. Hier soir, peut-être aussi parce que l'élection est imminente et se joue dimanche, la critique des médias était à un niveau, jusque là, jamais atteint. Exemple avec François Fillon.

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30 sec
François Fillon charge David Pujadas

Il y a ici un élément qui diffère de la critique des médias habituelle, celle à laquelle il va falloir s'habituer dans cette campagne présidentielle française, que les candidats soient de droite ou de gauche. Ici, François Fillon reproche de ne pas parler du fond. Critique plus que recevable. Particulièrement dans ce troisième débat. Il est vrai, souvent confus, brouillon, partant dans tous les sens. Avec des candidats aussi qui choisissent de n'en faire qu'à leur tête et de répondre totalement à côté des questions.

Un débat plein de "disruptions"

J'ai vraiment envie d'utiliser ce mot là à toutes les sauces ce matin. Et de rejoindre la critique des médias, ce non pas nouveau mais désormais omniprésent leitmotiv de la classe politique française... parce qu'il y avait hier soir un exemple particulièrement frappant d'un journalisme hors du temps, de ce journalisme donneur de leçons qu'incarne quasiment depuis ses débuts dans les années 60, Jean-Pierre Elkabbach.

Elkabbach 1976
Elkabbach 1976 Crédits : Radio France

Et c'est Alain Juppé qui s'y colle.

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13 sec
Juppé mouche Elkabbach

C'est ensuite Bruno Le Maire qui va passablement s'agacer et défendre sa candidature que le journaliste ridiculise et méprise ouvertement.

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26 sec
Bruno Le Maire charge Jean-Pierre Elkabbach

Jean-Pierre Elkabbach avait 10 ans de journalisme derrière lui quand Bruno Le Maire a vu le jour à Neuilly Sur Seine. 13 ans de carte de presse quand Nathalie Kosciusko-Morizet sort dans les bras de ses parents de la maternité du 15ème arrondissement de Paris. A la fin des années 70, Georges Marchais lui avait lancé la formule très célèbre "Taisez-vous Elkabbach".

C'est une forme de journalisme disruptif, pas au sens d'innovant mais plutôt de perturbateur

Et quand on est un homme et qu'on s'adresse à une femme, c'était valable hier soir pour les 6 candidats comme les journalistes, quand on est un homme et qu'on coupe la parole sans cesse à une femme. On appelle çà du "manterrupting". Après "disruption", désolé pour cet anglicisme encore mais NKM en a fais les frais.

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14 sec
NKM veut parler d'écologie

"On y est, on y est" ça c'est du "manterrupting", on parle aussi de "mansplaining", quand un homme explique à une femme ce qu'elle doit faire avec condescendance. Voilà, hier soir pour ce troisième débat, on était souvent assez loin : que du poujadisme de la critique des médias à ce sexisme en passant par un journalisme caricatural, on est assez loin de l'idée de modernité, de progrès, d'innovation que l'on attend de la "disruption".

Chroniques
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La France a-t-elle besoin d'espace? (2ème partie)
Intervenants
  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
L'équipe
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