LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Conférence de presse d'Emmanuel Macron sur le thème du renouvellement politique le 28 mars 2017

Un difficile renouvellement de la vie politique

5 min
À retrouver dans l'émission

Premiers cailloux dans la chaussure d'Emmanuel Macron sur ce long et difficile chemin du renouvellement de la vie politique. Facile à décréter, difficile à entreprendre quand on doit encore fonctionner en partie avec "l'ancien monde".

Conférence de presse d'Emmanuel Macron sur le thème du renouvellement politique le 28 mars 2017
Conférence de presse d'Emmanuel Macron sur le thème du renouvellement politique le 28 mars 2017 Crédits : Thomas Padilla - Maxppp

Emmmanuel Macron n'est pas "un professionnel de la politique". Il s'est présenté pour la première fois à une élection. Présidentielle, qui plus est, qu'il a remportée. Et "il a eu un métier, il a été dans la vraie vie" disait-il le 11 décembre dans une interview sur TF1, largement mise en valeur sur le site d'En Marche à la rubrique des propositions, à la page "vie politique et vie publique", évidemment toujours en ligne.

On peut y lire, par exemple, son souhait que les responsables politiques rendent des comptes. "Sur leurs entourages et la façon dont ils utilisent l'argent public. Sur leur probité personnelle. "Interdiction pour tous les élus de recruter des membres de leur famille comme assistants parlementaires." On peut y lire encore : "Contrôle de l'utilisation de leurs indemnités. L'IRFM, l'indemnité représentative de frais de mandat (autour de 6 000 € par mois pour un député et un sénateur), cette IRFM, est-il écrit, sera intégrée à l'indemnité parlementaire en tant que telle et, à ce titre, fiscalisée." Elle n'est aujourd'hui pas sujette à l'impôt sur le revenu mais seulement aux prélèvements sociaux : CSG et CRDS.

Ces propositions du candidat En Marche ! - devenu Président - doivent se retrouver dans la future loi de moralisation de la vie publique, attendue dans deux semaines sur la table du conseil des ministres. Le Garde des Sceaux, François Bayrou, a commencé lundi ses consultations sur le sujet, lui qui a scellé son alliance avec Macron principalement autour de cette question. Et que ça a le mérite d'envoyer un message positif aux électeurs, nous serons alors quatre jours avant le premier tour des législatives.

Mais patatra, Mediapart et le Canard enchaîné pointent du doigt deux élus, des proches de la première heure d'Emmanuel Macron.

Le radical de gauche Alain Tourret et le socialiste Richard Ferrand. Au premier, il est reproché d'être passé "comme des millions de français chez Darty", ironise Mathilde Mathieu de Mediapart. "Le 1er avril 2013, il a même laissé 4 974 euros à la caisse. Mais à l'inverse de millions de Français, Alain Tourret n'a pas déboursé, ce jour-là, un centime de sa poche. Car cet élu du Calvados a tout réglé avec son IRFM. D'après nos informations, écrit-elle, cet élu investi par La République en marche aux législatives de juin a abusé de cette enveloppe à plusieurs reprises ces dernières années, non seulement pour acheter sa télévision mais aussi des tickets de cinéma, des parties de golf, ou encore lors de vacances au Club Med au Sénégal." Il admet plusieurs "erreurs d'imputation", Alain Tourret, écrit Mediapart, "nous a fait savoir le 19 mai (vendredi dernier) qu'il venait de rembourser plus de 16 000 euros, sans doute pour essayer d'éteindre l'incendie."

Ces information sont tirées des Macron Leaks. Car ce député sortant fait en effet partie des cinq victimes d'En Marche qui ont vu leurs boîtes mails déversées en vrac sur internet à deux jours du second tour. Cette indemnité représentative de frais de mandat, c'est 66 millions d'euros de fonds publics par an sur lesquels il est urgent d'instaurer un contrôle et la transparence. Cette affaire est en tout cas le premier caillou dans la roue du renouvellement.

Et la seconde affaire vise le secrétaire général du mouvement En Marche ! Richard Ferrand, nommé mercredi dernier ministre au 6ème rang protocolaire, en charge de la cohésion des territoires ainsi que de la politique de la ville et du logement. Le logement, tenez justement, c'est une histoire d'immobilier qui le rattrape aujourd'hui. Même s'il s'en défend vivement dans un communiqué de presse envoyé aux rédactions dans la nuit. Citons quelques passages : "cette polémique est le fruit de ma nomination récente. Ce sont des dénonciations calomnieuses qui me poursuivent depuis de longues années, sans que je n'ai rien à me reprocher. C'est une version volontairement déformée pour nuire."

Le Canard enchaîné met en avant le mandat qu'avait reçu Richard Ferrand du temps où il dirigeait les Mutuelles de Bretagne, un mandat pour conclure un bail avec une société, une SCI. C'est sa compagne qui va la créer après que le conseil d'administration la désigne. Et c'est après aussi qu'elle achètera les locaux en question. Le Canard enchaîné avance des faits de favoritisme et d'enrichissement. Mais l'hebdomadaire avance aussi l'emploi par Richard Ferrand de son fils comme assistant parlementaire. Revoilà une musique bien connue de ces derniers mois. Comme l'écrit le canard, un petit job d'été en 2014 pour 8 704 euros brut. Encore un !

Deuxième caillou dans la roue du renouvellement. Difficile de décrêter que tout va changer. Surtout quand le changement à entreprendre est profond. Et que ce changement ne peut pas se faire ex nihilo, à partir de rien. Qu'il faut donc faire du neuf avec du vieux, avec "l'ancien monde" et les vieilles habitudes.

J'aimerais être une petite souris ce matin pour ce deuxième conseil des ministres où pour la première fois, il est crée un quatrième temps, la "Partie D" qualifiée "échanges" où l'on va donc débattre pour la première fois et le sujet sera : "le projet de loi renforçant la confiance dans la vie publique".

Chroniques
8H19
19 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Lutte contre le terrorisme : l’OTAN “obsolète” ? (2ème partie)
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......