LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Les élections présidentielles françaises en quelques chiffres

Une élection n'est jamais jouée !

3 min
À retrouver dans l'émission

Il est frappant de revoir quelques UNES de cette fin d'été, retomber sur ces têtes qui allaient faire la présidentielle, nous promettaient quelques hebdomadaires. Et de constater aujourd'hui, seulement un mois et demi après, qu'on peut d'ores et déjà rayer un visage. Ludovic Piedtenu

Les élections présidentielles françaises en quelques chiffres
Les élections présidentielles françaises en quelques chiffres Crédits : Piktochart - Radio France

Aucun titre de presse n'avait envisagé ce scénario. Aucun n'avait misé sur Yannick Jadot ou Michèle Rivasi, et pourtant dans un peu plus de deux semaines, c'est bien l'un des deux qui portera les couleurs d'Europe Ecologie Les Verts en avril prochain. Cécile Duflot avait pour elle l'expérience gouvernementale. Elle était donc identifiée et disons-le davantage exposée médiatiquement. En faisant cela, mes confrères faisaient en somme un pari. Alors qu'il nous était impossible de connaître le corps électoral qui allait participer à cette primaire de l'écologie, certes seulement 17 000 inscrits pour environ in fine 12 000 votants. Mais cette primaire ouverte a quasi triplé le nombre d'électeurs potentiels, au-delà du parti et semble-t-il, rebattu les cartes.

Alors on peut toujours gloser sur des Verts qui adoreraient couper les têtes qui dépassent, sur des militants ou sympathisants à l'idéal libertaire qui supposément ne supporteraient pas l'idée du leadership. Mais l'élimination de Cécile Duflot peut et doit servir de leçon.

Aux médias bien sûr, dans le traitement qu'ils accordent à ceux qu'on surnomme les "petits candidats". Depuis quelques années, plusieurs instituts de sondages ont établi de nouveaux indices. Ils portent des noms comme "l'unité de bruit médiatique" ou "le baromètre de la visibilité médiatique". Et l'on peut constater, par exemple dans l'étude de Kantar, deux semaines avant le 1er tour de cette primaire écolo, que Yannick Jadot et Michèle Rivasi ne figurent tellement pas dans le classement qu'ils apparaissent dans un autre tableau, le "FLOP 3" comme étant avec François Bayrou, cette semaine là, ceux dont la présence dans les médias a le plus chuté. La même semaine, c'est Alain Juppé et Nicolas Sarkozy qui trustent ces classements. A un mois du premier tour, l'idée du duel s'est installé. Et ce sont eux qui, sur la primaire à droite, font la pluie et le beau temps.

A moins que la photographie insistante du duel ne permette le réveil des challengers...

Dopés par le petit séisme de l'élimination de Cécile Duflot, ils se sentent en effet poussés des ailes. A droite comme à gauche, j'étais avant hier soir, au moment des résultats de la primaire de l'écologie, avec Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche du mois de janvier. "Avec toute l'amitié, disait-il, qu'il a pour Cécile Duflot, cela démontre que tout est possible." Et lui comme d'autres semblent adopter le mantra de François Hollande "rien ne se passe comme prévu", une phrase qu'il répète depuis longtemps. Souvenez-vous c'était même le titre du récit de la campagne du candidat de 2012 qu'en avait fait l'écrivain Laurent Binet chez Grasset. "Rien ne se passe comme prévu" a-t-on encore entendu ce même mercredi soir dans la bouche d'un conseiller du Président qui malgré tous les déboires du moment se prendrait à rêver. C'est vite oublier encore une fois la concurrence. Dans l'hebdomadaire Marianne ce matin, interview d'Arnaud Montebourg : "Comment je vais battre Hollande". Dans Le Figaro ce matin, François Fillon estime que "le duopôle s'est effondré". Le système est ainsi fait que les challengers sont obligés pour exister de se comparer à ceux qui font, prétendument, la course en tête. Ils ont le Chirac de 95 comme précédent et comme moteur. Les "petits" ou "les éternels troisièmes" misent sur une démobilisation ou la lassitude des électeurs. Et ils ont sans doute raison. Enquête après enquête, s'il y a bien une tendance lourde, autour de 80%, c'est que les Français ne veulent pas revoir le même match qu'en 2012, Hollande - Sarkozy. Et qu'en moyenne, un quart d'entre eux ne veut en 2017 aucun des candidats de 2012.

Chroniques
8H19
22 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Comment devient-on djihadiste ? (2ème partie)

Bibliographie

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......