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Selon Olivier Véran, le ministre de la Santé, la "santé mentale des Français s'est significativement dégradée" avec le deuxième confinement.

Vers une "troisième vague"... à l'âme ?

3 min
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Les cas de dépression et d'angoisse progressent, avec ce nouveau confinement. Un enjeu éminemment politique.

Selon Olivier Véran, le ministre de la Santé, la "santé mentale des Français s'est significativement dégradée" avec le deuxième confinement.
Selon Olivier Véran, le ministre de la Santé, la "santé mentale des Français s'est significativement dégradée" avec le deuxième confinement. Crédits : Bertrand Guay - AFP

Que dira Emmanuel Macron la semaine prochaine ? Le président de la République doit une nouvelle fois s’exprimer, mais tous les ministres avertissent déjà : même si les contaminations diminuent, il ne faut pas s’attendre à un déconfinement généralisé. 

Voilà qui ressemble à une préparation mentale, pour atténuer le choc, pour diminuer les attentes, afin que leur déception soit moins violente. 

D’ailleurs, le ministre de la Santé le reconnaît, il craint une troisième vague, "qui serait une vague de la santé mentale", cette fois ci.

Alors bien sûr, l’état de santé psychologique d’une population est par nature difficile à quantifier, à soupeser, à objectiver. Il s’agit d’une notion diffuse, difficilement mesurable. 

Sur les réseaux sociaux, autant il est de bon ton de montrer ses moments heureux, à la rigueur sa révolte ou sa colère, mais assez peu sa tristesse. 

Pourtant quelques données permettent de constater qu’il y a danger. Selon des chiffres diffusés par SantéPublique France, la présence de troubles dépressifs a doublé avec le reconfinement. Ils concernent 21% de la population, à des degrés divers bien sûr. 

Inquiétant : cette vague de spleen et de souffrance touche largement les jeunes. 

57% des 15-30 ans disent vivre difficilement ce confinement, d’après un sondage Odoxa. Et cette proportion est en forte hausse ( 14 points) par rapport au premier confinement, celui du printemps.

Il ne faut aller chercher très loin les explications : 

Un jeune actif sur 3 dit avoir perdu son travail ou avoir des difficultés à l’exercer. Pour ceux qui font des études, le quotidien se résume à des annulations de stages, à des cours à distance avec des connexions plus ou moins fiables. 

24% des moins de 30 ans évoquent aussi des difficultés dans leur vie amoureuse. 

Voici donc le portrait d’une génération un peu moins en risque sur le plan sanitaire, mais beaucoup plus exposée sur presque tous les autres domaines de la vie. 

D’une manière plus générale, comment expliquer que ce deuxième confinement soit plus dur à vivre que le premier ? 

Est-ce un effet de la saison, avec le ciel bas et gris du mois de novembre, loin du soleil de printemps ? 

Sans doute y a-t-il aussi la lassitude liée à la répétition. Le premier confinement était inédit, et donc vécu comme exceptionnel. Le deuxième démontre qu’il n’en est rien. Que cette solution est dupliquée… Jusqu’à quand ? 

Preuve de cette lassitude : les rituels ont changé. 

En mars, c’était : on applaudit à 20 heures et on se serre les coudes… Désormais, le silence résonne à 20 heures et on serre les mâchoires. 

Un recroquevillement aux effets politiques incertains à long terme. 

Pour l’heure, dans les enquêtes d’opinion, l’exécutif ne décroche pas, et les Français restent en majorité favorable au confinement. 

Mais beaucoup de responsables de la majorité et de l’opposition disent anticiper une forme d’explosion sociale, quand la vie ne sera plus confinée et quand l’économie ne sera plus sous perfusion. 

Cette 3ème vague pourrait bien être celle du vague à l’âme.

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