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De gauche à droite : Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Philippe Poutou

Voici ce que disent les six candidats que vous n'entendrez pas ce soir

5 min
À retrouver dans l'émission

Seuls cinq prétendants ont été conviés au grand débat de TF1. Esquissons quelques lignes programmatiques des six candidats recalés.

De gauche à droite : Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Philippe Poutou
De gauche à droite : Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Philippe Poutou Crédits : Joël Saget - AFP

Exit, dehors, au revoir. Sur les onze candidats qualifiés pour le premier tour de la présidentielle, seuls cinq sont donc invités à débattre ce soir sur TF1. Il y a les grands candidats et les autres. La ligue des champions et le tout-venant. Les favoris médiatiques et les défavorisés du prime time. Alors focalisons-nous sur les méconnus de cette élection, dont on connait parfois à peine la voix [rien que pour cela, mieux vaut écouter ce billet plutôt de le lire ;-)].

Jean Lassalle

Parmi eux, Jean Lassalle a obtenu le plus de parrainages. Plus de 700 signatures. Ancien du Modem, il n'a pas suivi François Bayrou dans son ralliement au macronisme et à En Marche. La seule marche que connait Jean Lassalle, c’est celle qu’il a faite seul, bâton à la main, pour établir un diagnostic sur l’état du pays. Il propose l’apprentissage des travaux de la ferme à l’école, l'abolition des grandes régions et des intercommunalités au profit de la commune, un moratoire sur la dette et le rétablissement d’un service civil ou militaire.

Nicolas Dupont-Aignan

Vient ensuite Nicolas Dupont-Aignan, dont c'est la deuxième candidature. Il y a cinq ans, le souverainiste avait rassemblé 1,8 % des suffrages. Il est le plus virulent contre le "casting de TF1" et l'a fait savoir samedi soir sur le plateau du 20h. Dans son programme : le retour en grâce du septennat et du référendum, une dose de proportionnelle à l’assemblée, mais aussi un chapitre sur le bien-être animal, avec la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs. Nicolas Dupont-Aignan (attention, prononciation sans liaison entre Dupont et Aignan) se définit lui même comme ni "extrême ni système".

Jacques Cheminade

Parmi ces six candidats, le plus capé est Jacques Cheminade. C'est sa troisième candidature après 1995 et 2012. Ses propositions iconoclastes sur la colonisation de la planète Mars occultent souvent sa critique radicale des institutions financières internationales, une forte croyance dans le nucléaire et une reprise en main culturelle, avec interdiction des jeux vidéos violents et chorale dans les églises pour les élèves de France.

Nathalie Arthaud

Nathalie Arthaud, elle, a succédé à Arlette Laguiller et représentera pour la deuxième fois Lutte Ouvrière. Au programme : la fin de la propriété privée des moyens de production, augmentation du smic à 1800 euros nets, interdiction des licenciements et des expulsions locatives. Une candidature que le grand public peine à distinguer, sur le fond, de l'autre parti trotskyste, le NPA.

Philippe Poutou

Son candidat, Philippe Poutou, propose aussi l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail, un smic relevé (1700 euros nets), la fin des subventions aux écoles privées. L'une des principales différences réside peut-être dans le rapport à la religion dans la sphère publique. Nathalie Arthaud se dit contre le port du voile, "symbole d'oppression des femmes". Le NPA veut lui abolir, je cite, la loi "islamophobe" de 2004 qui interdit les signes religieux à l'école.

François Asselineau

Ancien énarque, François Asselineau veut rompre avec l’OTAN, l’euro et l’Union européenne, qu'il qualifie de "dictature". A la tête de l'Union populaire républicaine (UPR), il compte également renationaliser les autoroutes, les sociétés d’adduction d’eau, mais aussi... TF1.

Voilà pour ces six candidats absents du premier débat présidentiel. On peut parier sans trop de risque que le huitième président de la Vème république ne se trouve pas dans cette liste. Ce qui n’empêche pas de s’étonner sur la décision de TF1. Le casting ne se fie-t-il pas à des sondages dont la crédibilité a été mise à mal depuis Trump, le Brexit et les deux primaires ? Des sondages réalisés, de surcroît, alors que la campagne n'avait jusqu'ici pas vraiment commencé. Faut-il changer les règles de qualification pour la présidentielle ? Peut-être ; faut-il modifier les règles qui régissent les temps de parole ? Sans doute. Ce sera en tout cas préférable au show VIP du soir, qui prétend distinguer les candidats crédibles des prétendants symboliques. Et qui donne des arguments à ceux qui dénonceront une campagne à deux vitesses.

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