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Françoise Sagan accoudée à l'un de ses "bons plaisirs" : sa voiture Jaguar.

Françoise Sagan

1h58
À retrouver dans l'émission

Les bons plaisirs de celle qui écrivit son épitaphe en ces termes : "Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, "Bonjour tristesse", qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même."

Françoise Sagan accoudée à l'un de ses "bons plaisirs" : sa voiture Jaguar.
Françoise Sagan accoudée à l'un de ses "bons plaisirs" : sa voiture Jaguar. Crédits : Thomas D. McAvoy - Getty

Sagan : c'est dans Proust que Françoise Quoirez a trouvé ce nom qui signa Bonjour Tristesse, premier roman au léger parfum de scandale, écrit l'été de ses dix-huit ans. Françoise Sagan est désormais un personnage légendaire : c'est le "charmant monstre" de François Mauriac, c'est "l'amie incomparable" de Bernard Frank. N'est-ce pas aussi, lorsqu'on la croise, l'impression qu'elle échappe même à toutes les images qu'on a d'elle, par une présence faite essentiellement de grande simplicité ? 

Personnage sans âge qui semble à sa naissance (un peu avant la guerre) avoir été protégé par on ne sait quelle coiffe (sa fameuse mèche blonde peut-être) contre tout risque d'embourgeoisement ou d'inféodation à tel ou tel mode de pensée, ce qui ne l'empêche pas, dans Et toute ma sympathie ou dans Avec mon meilleur souvenir, d'écrire pour des causes ou des êtres qu'elle apprécie et qui, en retour, pour nous, la constituent. 

C'est pêle-mêle : Billie Holiday, Tennessee Williams, Orson Welles, Jean-Paul Sartre ; les lectures, le cheval, le risque, la vitesse, le jeu... Ce mot, le jeu, ne pourrait-il pas être la clef pour approcher la personne et l'œuvre ? Au-delà du mot, toute une philosophie où le présent n'aurait de sens que parce qu'il ne pourrait définitivement pas en avoir. Pas toujours un divertissement, le jeu, c'est quelquefois tragique, mais contre vents et marées ou simplement contre l'ennui, il subsiste. Chacun joue sa partie, auréolé de solitude ; les personnages de roman ou de théâtre, au fil des pages, inventent une existence où le plaisir de vivre ne fait jamais que côtoyer la fatale et irrésistible issue. 

Cette émission est une archive de France Culture diffusée pour la première fois le 28 mai 1994.

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