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Page 29 - Prix

55 min
À retrouver dans l'émission

le plateau du Carnet d'or
le plateau du Carnet d'or Crédits : Radio France

Avec le lauréat du Prix du livre France Culture-Télérama de l'édition 2012, Alain Julien Rudefoucauld , en direct du Salon du Livre et en compagnie de Michel Abescat (Télérama), Sandrine Treiner (France Culture), Joël Coynault (auditeur de France Culture) et Dominique Germain (lectrice de Télérama).

Alain Julien Rudefoucauld a reçu deux bourses d'aide à l'écriture par le Centre National du Livre, notamment pour son théâtre, en 2003 et en 2008. Ses choix musicaux :

  • "Marguerite au rouet" / "Gretchen am Spinnrade" de Schubert chanté par Renée Flemming en version pour piano. - "Der Trommel gerühret" de Beethoven dans "Egmont" (Lied de Klärchen). - 3ème mvt du Triple Quartet de Steve Reich

Critiques de nos deux auditeurs, membres du jury du Prix France Culture – Télérama:
Joël Coynault, critique Une femme fuyant l'annonce de David Grossman:

"Pour décrire la guerre interminable, entre l'Israël, et ses voisins arabes, David Grossman a choisi de montrer avec force, comment elle conditionne, oppresse, angoisse, déstabilise les individus qui la subissent. Ora, la mère de deux fils soldats de Tsahal a redouté à chaque minute de sa vie, l'annonce du décès de l'un d'eux. Lorsque, Ofer, le second est libéré, elle a organisé de faire avec lui une randonnée en Galilée pour célébrer la fin de ce cauchemar, mais il lui apprend qu'il s'est rengagé volontaire pour une nouvelle mission. Elle décide Avram, un ami d'enfance, de partir avec elle. Au cours de cette marche, elle retrace le cours de sa vie, lui révèle qu'il est le père de Ofer, mais également combien la guerre a scellé le destin de sa famille. C'est la guerre du Kippour qui a dirigé ses amours. La guerre qui détruit ses relations avec Sami, le chauffeur de taxi arabe, la guerre qui a conditionné l'éducation des enfants, qui a élaboré leur caractère. La guerre, par les attentats, qui agît sur une multitude de détails de la vie quotidienne, qui alimentent les conversations dans les réunions de famille. La guerre qui tend ses relations avec ses fils adultes et avec son mari. Le lecteur est happé par les moments plus forts les uns que les autres qui se succèdent au fil des pages. Par exemple, lorsque Ofer, enfant, découvre l'existence des ennemis d'Israël, lorsque Ora le supplie, soldat, de ne pas tirer sur les enfants de l'intifada, ou quand Avram, soldat blessé, émet des messages pathétiques, puis lorsque libéré, il sort du coma. Ce magnifique livre est également un hommage à la femme, à la mère, il décrit les étapes qui forge un amour maternel, presque animal. Elle avait la sensation de sauver son fils en l'allaitant, elle pense le sauver en fuyant l'annonce de son décès. Son héroïne Ora, restera, longtemps dans ma mémoire, je saurai qu'il y a derrière les affrontements, des Ora, qui redoutent l'annonce du décès de leurs fils."
Nathalie Zacharopoulos, critique Désolations de David Vann:

"Sur les rives du lac Skilak en Alaska, Gary et Irene récemment retraités, leurs enfants partis du foyer, se retrouvent seuls avec leur mariage et leurs rêves brisés. Amer de ne jamais avoir fini sa thèse en littérature médiévale, Gary met toute son énergie dans la construction d’une cabane en bois sur l’île Caribou. Ce rêve, chimère ancienne de trente ans, est celui de vivre isolé dans une nature vierge. Irene le suit malgré elle dans son obsession, en dépit d’effrayants maux de tête suite à une journée passée à travailler dans le froid. Déboussolée de ne plus exercer son activité de maîtresse d’école, elle aussi repense à sa vie, et surtout à l’épisode tragique du suicide de sa mère alors qu’elle n’avait que dix ans. Leurs enfants Mark et Rhoda, à présent jeunes adultes, ne sont pas épargnés par l’absurdité de l’existence et de l’amour. Le roman est l’histoire de ces couples qui passent des années ensemble, voire leur vie entière, sans savoir ce qui les unit alors que tout semble les séparer. Au cœur d’un univers glacial et impitoyable, l’Alaska, les personnages toujours transis par le froid ne semblent pas capables de sentiments, mais seulement de sensations engourdies, dans la chaleur du lit ou du bain le soir, et tentent désespérément de se sentir vivants en courant nus dans la neige ou en plongeant dans une eau mortellement glacée. On oublie trop souvent que les auteurs de Nature Writing ne sont ni de niais admirateurs de la nature, ni de naïfs écologistes en vacances, mais des êtres profondément marqués par la violence et la solitude de ces grands espaces en réalité dénués de toute clémence. Leur beauté est indéniable, mais ce sont aussi des lieux aux confins du monde où l’homme est abandonné à son désarroi. Lorsque toute communication avec les êtres jadis aimés est rompue, il ne vous reste plus qu’à crier dans le désert, aussi immense et beau soit-il. Désolations est le récit de ce cri-là que personne n’entend et qui mène au drame inéluctable. Armez-vous de vêtements chauds et calez-vous dans un fauteuil auprès de la cheminée, car on ne lit pas ce roman au cœur de l’hiver impunément. Désolations, d’un pessimisme désarçonnant, vous donnera des frissons dignes d’un thriller."

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