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La zone sud de l'ancienne "jungle" de Calais. De l'ancienne jungle, il ne reste rien. Mais 700 migrants sont à Calais depuis cet été, d'après l'auberge des migrants.

A Calais, 700 migrants toujours présents un an après le démantèlement de la "jungle"

4 min

Il y a un an, 7400 migrants ont été menés de Calais en bus vers des centres d'accueil et d'orientation, un peu partout en France. Et aujourd'hui ? Reportage de Lise Verbeke.

La zone sud de l'ancienne "jungle" de Calais. De l'ancienne jungle, il ne reste rien. Mais 700 migrants sont à Calais depuis cet été, d'après l'auberge des migrants.
La zone sud de l'ancienne "jungle" de Calais. De l'ancienne jungle, il ne reste rien. Mais 700 migrants sont à Calais depuis cet été, d'après l'auberge des migrants. Crédits : Lise Verbeke - Radio France

Il y a un an, 7 400 migrants quittaient Calais et sa "jungle" pour 301 centres d'accueil et d'orientation, selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). 42 % des migrants ayant demandé l’asile l’ont obtenu. Le plus grand bidonville d'Europe, comme on l'avait appelé, fait de bric et de broc était ensuite totalement rasé. Aujourd'hui, quelle est la situation migratoire à Calais ?

Quelques graffitis et toujours des migrants

Sur l'autoroute, en arrivant à Calais, des panneaux lumineux demandent aux automobilistes d'être vigilants : "ralentir pour cause de piétons" peut-on y lire, en français et en anglais.

De l'ancienne jungle, il ne reste rien. Sauf peut-être quelques graffitis sur les piliers d'un pont, sous l'autoroute, comme ce "London calling", l'appel de Londres, tagué en grandes lettres rouge vif. La zone sud n'est plus qu'un vaste terrain vague sablonneux. La mairie y a entamé il y a quelques mois des travaux de renaturation du site.

A quelques kilomètres de là, sur le bord des routes, se trouvent de petits groupes de migrants. Faiçal somnole, adossé à un grillage. A 16 ans, il a quitté l’Afghanistan. Lors de l'évacuation de la jungle, il a refusé de monter dans un bus.

Ici, c'est très difficile. Je dors dans la forêt, avec mes amis. Mais je continue d'y croire. Je continue à essayer de passer en Angleterre. Tous les jours, j'essaie de monter dans un camion. L’Angleterre, c'est mieux. J'ai de la famille là-bas. Pour les papiers, c'est plus facile et je peux avoir un travail.

Le point de distribution de nourriture à Calais le midi
Le point de distribution de nourriture à Calais le midi Crédits : Lise Verbeke - Radio France

Les journées des réfugiés sont rythmées par les distributions de nourriture. A midi pile, une longue file se forme devant le camion d'une association, installée sur un parking. Un bol de soupe bien chaude entre les mains, Ismail se réchauffe. Lui, est arrivé à Calais il y a deux mois et demi.

Tous les jours, la police vient. Parfois, les policiers m'emmènent au poste. Ils me disent de me taire et me font signer un papier. Je ne parle pas français, je ne sais même pas ce qu'il y a écrit. Je dors dehors. A chaque fois, ils viennent à 6h du matin, ils nous disent "levez vous, levez vous" et détruisent mon abri. Je prends des médicaments pour dormir, parce que les conditions de vie sont trop difficiles ici. Mais ils me les prennent aussi. Parfois même, ils nous gazent. Quand je suis venu ici, je pensais que ma vie serait meilleure... Mais c'est trop dur.

Ismail finira son repas sous une couverture de survie, car la pluie s'est mise à tomber à grosse goutte.

Dans le hangar des associations où une dizaine de bénévoles préparent chaque jour 2 500 portions
Dans le hangar des associations où une dizaine de bénévoles préparent chaque jour 2 500 portions Crédits : Lise Verbeke - Radio France

A l'abri, sous le hangar de 1 200 m2 loué par les associations des habits, des produits d'hygiènes sont stockés, et c'est là aussi que les repas sont préparés.

Chaque jour, une dizaine de bénévoles s'activent. Entre 2 500 et 2 700 portions sont distribuées quotidiennement.

D'après l'association l'Auberge des Migrants, il y a 700 migrants à Calais depuis cet été. Une centaine serait mineur, pour la plupart Soudanais, Afghans, Érythréens ou encore Pakistanais.

Crédits : Visactu
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