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La pirogue, principal moyen de transport des populations autochtones, isolées dans le sud de la Guyane

Comment enrayer le suicide des jeunes Amérindiens en Guyane française ?

5 min

Depuis le début des années 2000, les suicides dans ces populations autochtones atteignent un taux record, dès l'âge de 14 ans. Un an après son rapport remis au Premier ministre, la sénatrice Aline Archimbaud réunit spécialistes et représentants des communautés dans un colloque à Paris.

La pirogue, principal moyen de transport des populations autochtones, isolées dans le sud de la Guyane
La pirogue, principal moyen de transport des populations autochtones, isolées dans le sud de la Guyane Crédits : JODY AMIET - AFP

C'est un drame, ou plutôt des drames méconnus. Le 30 novembre 2015, deux parlementaires françaises, la sénatrice du Parti écologiste Aline Archimbaud et la députée socialiste Marie-Anne Chapdelaine, remettaient leur rapport au Premier ministre après la mission menée sur place.

Car depuis le début des années 2000, les populations autochtones (6 peuples différents qui vivent, très isolés, dans le sud de la Guyane française) sont frappées par une série de suicides chez les jeunes, dès 14 ans. Un taux jugé de 8 à 10 fois supérieur à la moyenne constatée dans le reste de la Guyane et en métropole...

Florence Sturm a rencontré plusieurs intervenants de ce colloque, spécialistes et représentants des communautés.

Dans leur rapport remis au Premier ministre (à lire ci-dessous), Aline Archimbaud et Marie-Anne Chapdeleine détaillent 37 propositions dont 16 leur paraissent primordiales. Il faut, selon elles, renforcer la prise en charge psychiatrique, créer de nouvelles infrastructures pour lutter contre l'isolement, réaliser des travaux pour amener l'électricité, l'eau potable, développer les réseaux téléphoniques et l'Internet, former et soutenir les agents publics sur place.

Aline Archimbaud insiste aussi sur la nécessité de s'appuyer sur les forces vives du pays, car elles existent :

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"Les jeunes sont attirés par la modernité mais ils la découvrent de manière extrêmement brutale, violente."
Aline Archimbaud, sénatrice de Seine Saint-Denis
Aline Archimbaud, sénatrice de Seine Saint-Denis Crédits : Sénat

"Rien ne se fera sans nous"

Les représentants des populations autochtones qui participent à ce colloque reprennent la phrase si souvent entendue par les parlementaires au cours de leur mission.

Jocelyn Thérèse et Bruno Apouyou, président et vice-président du Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinenge
Jocelyn Thérèse et Bruno Apouyou, président et vice-président du Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinenge Crédits : Florence Sturm - Radio France

Bruno Apouyou, chef coutumier et vice président du Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinenge (CCPAB), livre quelques exemples des réalités quotidiennes de son peuple :

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"Il faut travailler avec la population"

Et c'est aussi un véritable appel aux pouvoirs publics et au gouvernement français que lance Jocelyn Thérèse, le président du CCPAB :

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"Nous sommes venus pour dire au gouvernement de prendre des dispositions législatives pour que nos droits à la décision soient assurés"

Parmi les propositions des deux parlementaires figure l'importance de renforcer la Cellule Régionale pour le Mieux-Etre des Populations de l'Intérieur (CerMePI) qui est un lieu de mutualisation des informations, de recherche et de coordination de toutes les parties prenantes sur la question du suicide.

Louis Jehel, psychiatre et directeur scientifique CerMEPI, travaille à la fois sur l'analyse des causes de ces suicides et les pistes de recherche pour stopper cette violence :

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"Il y a comme des conflits de loyauté entre ce qui peut être appris par l'école et l'apprentissage traditionnel"
Le psychiatre Louis Jehel
Le psychiatre Louis Jehel Crédits : Florence Sturm - Radio France

Marianne Pradem, anthropologue et coordinatrice CeRMEPI, vit régulièrement le quotidien des populations, ce qui implique pour elle d'adopter les mêmes conditions de vie. Rejoindre les villages situés dans le sud de la Guyane, nécessite parfois plusieurs jours de navigation, en pirogue. Dans l'est, le long de la frontière brésilienne, la route s'arrête par exemple à Saint-Georges et le fleuve Oyapok devient alors le seul moyen de transport pour rejoindre la commune de Trois Sauts.

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"Ce qu'ils savent, nous ne le savons pas, ce que nous savons, nous ne voulons pas toujours le partager avec eux."
Marianne Pradem, anthropologue et coordinatrice CeRMEPI
Marianne Pradem, anthropologue et coordinatrice CeRMEPI Crédits : Florence Sturm - Radio France
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