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Intelligence artificielle : faire de la recherche un avantage concurrentiel

4 min

La mission menée par le mathématicien et député LREM Cédric Villani a officiellement remis au président de la République son rapport intitulé "Donner du sens à l'intelligence artificielle". Elle y préconise de renforcer la recherche. Reportage de Catherine Petillon.

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. Crédits : Patrick Lefevre / BELGA MAG / BELGA

La qualité de sa recherche ne suffit pas rendre la France incontournable dans la compétition mondiale sur l'intelligence artificielle. C'est à ce constat et aux freins à lever qu'est consacré l'un des principaux volets du rapport de la mission Villani.  L'enjeu est d'avoir les ressources humaines nécessaires pour développer les intelligences artificielles. Et de faciliter l'exploitations de ces connaissances par l'industrie. Car si la France a des très bons chercheurs dans le domaine, de nombreux freins persistent.

La première difficulté pour la France : garder ses chercheurs et valoriser leurs travaux. C'est certes le cas pour toute la recherche publique, mais dans ce domaine la compétition est d'autant plus forte que les chercheurs français intéressent non seulement les universités étrangères, mais aussi les acteurs privés. D'ailleurs, après Facebook, Google a annoncé l'ouverture à Paris d'un Centre de recherche dédié à l'intelligence artificielle.

"De nombreux chercheurs talentueux partent, constate Serge Abiteboul, directeur de recherche en informatique à l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA). Pour des raisons de salaires bien sûr, mais pas seulement; aussi parce qu'ils sont à la recherche d'environnement de recherche où ils peuvent s'éclater". En réponse à cela, la mission Villani plaide pour des conditions d'embauche plus souples, des achats de matériel facilités ou encore des moyens de calcul plus puissants Autre difficulté : l'expertise est aujourd'hui assez dispersée entre différents centres de recherche. Cela ne facilite pas les formations et travaux réellement interdisciplinaire. C'est pourtant indispensable dans ce domaine rappelle le chercheur Jean-Gabriel Ganascia, professeur à Sorbonne Université.  

C'est précisément pour cela que vient d'être lancé à Saclay DATA IA, un Institut de Convergence, dont les travaux portent sur science des données, Intelligence Artificielle et Société. L'exemple pourrait inspirer les Instituts pluridisciplinaires d'Intelligence artificielle que la mission Villani propose de créer. Ils seraient répartis sur le territoire et par filière sur les différents domaines de l'IA.

Enfin, la qualité de la recherche ne suffit pourtant pas à faire émerger des entreprises d'importance dans le secteur. Pour renforcer les transferts vers l'industrie, il faut des lieux de travail communs avec les entreprises privée estime François Levin, responsable des affaires économiques et sociale au Conseil national du numérique et l'un des membres de la mission Villani.

De nombreux chercheurs du domaine seront réunis aujourd'hui au Collège de France autour des ces questions. Ils attendent beaucoup des annonces qu'Emmanuel Macron doit venir faire dans l’après-midi.

Intervenants
  • professeur à la faculté des sciences de Sorbonne Université et Président du comité d’éthique du CNRS
  • Informaticien, chercheur à l'ENS Paris et directeur de recherche à l'Inria
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