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Emmanuel Macron en visite à l'usine Whirlpool d'Amiens le 3 octobre 2017

Le dialogue social sous haute tension

4 min
À retrouver dans l'émission

Depuis son arrivée à l 'Elysée il y a un an, le président de la République enchaîne les réformes, les consultations se multiplient, mais les syndicats estiment ne pas être entendus, écartés voire méprisés.

Emmanuel Macron en visite à l'usine Whirlpool d'Amiens le 3 octobre 2017
Emmanuel Macron en visite à l'usine Whirlpool d'Amiens le 3 octobre 2017 Crédits : Fred Haslin - Maxppp

Certains syndicats avouent aujourd'hui encore ne toujours pas savoir à qui ils ont affaire avec ce gouvernement. Ainsi, explique Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT :

Dans nos relations avec les ministres et les cabinets ministériels, on a du mal à déterminer ce qui relève de l'amateurisme - tout simplement ils ne savent pas faire alors ils ne font pas bien - ou ce qui relève de la tactique, c'est-à-dire on essaye de mettre les organisations syndicales dans un corner pour pouvoir expliquer après qu'elles sont incapables, qu'elles ne savent rien faire.

Ils restent cependant divisés sur la ligne de conduite à adopter face à un gouvernement qui met à l'épreuve la notion du paritarisme et les organisations syndicales se mobiliseront chacune de leur côté pour le 1er mai, journée internationale du travail.  

L'ensemble des organisations représentatives des salariés ont donné une fin de non recevoir à la CGT qui avait appelé à une union syndicale le 1er mai pour soutenir les multiples foyers de contestation, que ce soit chez les fonctionnaires, les cheminots, les retraités ou encore dans le privé chez Carrefour ou Air France.  

La CFDT a fait savoir qu'elle organisait un 1ermai "revendicatif et culturel", avec la CFTC et l'Unsa, deux autres syndicats dits réformistes.  A Paris, la centrale diffusera le film "7 Minuti" du réalisateur italien Michele Placido, qui traite de dialogue social et de négociation collective.   Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, ne défilera pas non plus aux côtés de la CGT. Il prévoit une conférence de presse à Paris pour "faire le bilan" et "présenter les grandes orientations de Force ouvrière" issues du 24e congrès réuni la semaine passée à Lille.  

Excédés par la ligne du secrétaire général sortant de FO, Jean-Claude Mailly, au cours de la dernière année, les militants du troisième syndicat de France ont donné à leur nouveau chef de file le mandat de mener une mobilisation interprofessionnelle. Pascal Pavageau prévoit de contacter ses homologues de la CGT, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC dans la semaine pour discuter d'une éventuelle action unitaire.

Une unité syndicale est elle possible ?

Pour peser face au gouvernement, "les syndicats doivent se parler plus souvent", et "voir ce qui (les) rassemble" estime Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, dans un entretien lundi à Libération. Le gouvernement n'est pas à l'écoute des syndicats, regrette-t-il  : "C'est criant pour les cheminots. Pour la réforme de la formation professionnelle ou l'assurance chômage, les échanges ont été symboliques ou inexistants".  Pour rester audibles, "les syndicats doivent se parler plus souvent. Et plutôt que de discuter de ce qui nous différencie, on doit voir ce qui nous rassemble. On tombe trop souvent dans le jeu de la division organisée par d'autres", juge le leader cégétiste, qui était notre invité il y a quelques jours.

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Y aurait-il une stratégie du gouvernement pour écarter les syndicats ?

Emmanuel Macron n'a jamais caché sa défiance envers les corps intermédiaires. Les partenaires sociaux, ce n'est pas sa culture, déplorent tous les syndicats, même les réformistes comme Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT, qui sent un découragement au sein de ses troupes.

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"On a un sentiment de découragement". Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT

On se dit : tout ce boulot que nous faisons pour améliorer la situation des salariés, adapter les droits aux risques nouveaux, protéger les plus fragiles. Tout ce travail, tous ces droits nouveaux acquis pour être un peu méprisés, c'est quand même notre sentiment. Que le président de la République, d'un revers de main, balaie tout ça comme étant le "vieux monde", oui, il y a une forme de découragement. Il voit plutôt les corps intermédiaires comme des empêcheurs pour l'Etat de faire ce que l'Etat doit décider, parce qu'il a, lui, la suprême science.

Même constat amer à la CFE-CGC. Son président François Hommeril s'impatiente de ne voir aucune réelle écoute de l’exécutif et réclame une explication avec le gouvernement.

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"On a besoin d'une explication avec le gouvernement". François Hommeril, président de la CFE CGC

On a vraiment l'impression que la France est gérée comme une entreprise. Mais une entreprise totalement fantasmée, c'est-à-dire comme on a lu dans les livres. Sauf qu'une entreprise ne marche pas comme ça et l'entreprise c'est nous.

Du côté du patronat, on ne se plaint pas de la méthode Macron. Ordonnances et réformes tous azimuts ne dérangent pas le Medef, qui tire un bilan plutôt positif de la première année de mandat du nouveau président. Concernant le paritarisme, le Medef est réservé sur la position à adopter et sa participation à venir sur la convention Unedic. Il se prononcera à la rentrée après l'élection de son nouveau président cet été.

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