LE DIRECT

Science ouverte : pour un meilleur accès aux résultats de la recherche

4 min

Les relations se tendent entre les chercheurs et une poignées d'éditeurs scientifiques qui tendent à privatiser les résultats de la recherche. Une série d'initiatives cherchent valoriser un accès ouvert aux connaissances, ou "open access".

Crédits : Francois Lenoir - Reuters

Des conditions de transmissions du virus Ebola jusqu'aux conséquences du Brexit, de nombreuses recherches fondamentales, financées par l’argent public, voient pourtant leurs résultats échapper aux citoyens voire aux chercheurs eux-mêmes. Au profit de qui? De certains grands éditeurs de revues scientifiques.

Pour les chercheurs, la publication, c’est le nerf de la guerre. Une source de connaissances, un outil de diffusion et aussi de carrière. Alors ils soumettent gratuitement leurs articles à des éditeurs, lesquels les font évaluer par d’autres chercheurs. Puis publient les meilleurs. Dans des revues qu'ils vendent, très cher cette fois, aux chercheurs eux-mêmes Ou plutôt à leurs institutions.
En France cela représente plus de 100 millions d’euros dépensés chaque année.

Ce modèle juteux profite en fait à quatre ou cinq grands éditeurs internationaux comme Elsevier, Springer Nature et Wiley. Ils affichent des marges à 35% dans un marché estimé lui à près de 30 milliards de dollars. Ils le justifient par leur travail d'édition et de promotion. Tandis qu'en face, universités et bibliothèques n'arrivent plus à payer à des abonnements en hausse de 5% par an. Et renoncent donc à certaines revues. L'une des réponses, promue depuis une quinzaine d’années, c’est l’accès ouvert ou "open access". C'est -à-dire rendre les connaissances partageables par tous et à tous. Et pour financer le travail d'édition tout en rendant l'article accessible gratuitement, plusieurs modèles économiques existent. L'un d'eux consiste à faire payer aux auteurs des frais de publications, dits APC (pour _article processing charge_s)

Le risque, c’est de transformer des inégalités d'accès à la lecture en inégalités d'écriture. Autrement dit, de réserver la publication aux établissements plus riches. C'est dans ce contexte que des scientifiques ont lancé il y a quelques jours l'appel de Jussieu. Un appel à la science ouverte, et à "la bibliodioversité", soit l'exploration de nouveaux modèles de publication.

Parallèlement un certain nombre de chercheurs dans le monde appellent eux au boycott des revues. Rappelons par ailleurs que la loi Lemaire sur le numérique ouvre la possibilité, encore peu utilisée par les chercheurs, de déposer leurs archives en ligne gratuitement. La Commission européenne souhaite elle que d'ici 2020, toutes les études recevant de l’argent européen soient diffusées en libre accès.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......