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Nous n'exportons pas de déchets plastiques vers la Chine mais des "balles plastiques" (photo fournie par PAPREC), cad des lots de plastiques recyclés à partir de déchets industriels et commerciaux

Quand la Chine nous pousse à recycler chez nous...

5 min
À retrouver dans l'émission

La Chine importait plus de la moitié des matières plastiques recyclées de la planète. Mais depuis quelques mois, elle a durci ses conditions d'importations, ce qui déstabilise toute la filière du recyclage mondiale. En France, va-t-on vers une relocalisation de cette économie circulaire ?

Nous n'exportons pas de déchets plastiques vers la Chine mais des "balles plastiques" (photo fournie par PAPREC), cad des lots de plastiques recyclés à partir de déchets industriels et commerciaux
Nous n'exportons pas de déchets plastiques vers la Chine mais des "balles plastiques" (photo fournie par PAPREC), cad des lots de plastiques recyclés à partir de déchets industriels et commerciaux

Deux précisions indispensables pour comprendre ce dossier. 

1/ La Chine n'importe pas des déchets plastiques, mais des matières fabriquées à partir de déchets plastiques. Nos déchets plastiques, ceux dont on ne fait rien, soit 75% de ce que nous consommons, nous les gardons : une partie est incinérée chez nous, et l'autre enfouie chez nous aussi. Nous sommes donc notre propre poubelle, quand au contraire, la Chine nous importe les matières qui sont valorisables.  

2/ Deuxième précision, la Chine n'a pas banni les importations de ces matières, mais impose un degré de pureté plus élevé. Pour le plastique aujourd'hui, 2% de déchets non plastiques sont tolérés (dans les balles de plastiques (voir photo ci-dessus) exportés jusqu'alors). Là, elle passe à 0,5%. Pour le carton, car le carton aussi est concerné, on passe de 1,5% de matière non carton à 0,5%... 

Or, atteindre ce niveau de pureté est quasi infaisable, explique Sébastien Petit Huguenin, directeur général de Paprec, entreprise de recyclage qui exporte vers la Chine 20% de sa production de plastique recyclé, et un tiers pour le carton.   

C'est une décision économiquement désastreuse pour la Chine, car le pays se prive de matières dont elle a besoin. La situation ne restera pas en l'état. Soit ils vont changer leurs standards d'importations, soit l'industrie de la transformation de matières plastiques recyclées qui est en Chine va se relocaliser dans d'autres pays.              
Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec.

La Chine, atelier du monde, a besoin de ces matières recyclées pour emballer ce qu'elle nous renvoie ensuite... Cette économie circulaire au niveau mondial est en train de se réorganiser : Malaisie, Inde, Vietnam ont multiplié leurs importations par deux.  

En France aussi, la filière est perturbée

Ce qui était envoyé en Chine était issus de déchets industriels et commerciaux et s'entasse dorénavant dans les entrepôts des recycleurs. Les déchets des poubelles jaunes, eux, étaient traités en France, en Europe. Mais aujourd'hui, il y a concurrence entre les deux.  

Les prix ont donc déjà été divisés par trois pour les films plastiques issus du recyclage. A moyen terme cependant, Christophe Journet, rédacteur en chef de MPE média, une revue spécialisée dans les matières premières, pense que la décision chinoise pourrait être bénéfique.   

Il va y avoir davantage de volume de plastiques à recycler, en Europe, proche des lieux où ces plastiques ont été consommés. Chaque fois qu'il y a une décision importante dans le négoce, cela amène dans un délai court des changements qui peuvent être positifs. Christophe Journet, rédacteur en chef de MPE Media.

L'économie circulaire est l'une des priorités affichées de la Commission européenne et du gouvernement. Le Premier ministre Edouard Philippe a fixé un objectif ambitieux : qu'en 2025, 100% du plastique consommé soit recyclé, contre un quart aujourd'hui. Ambitieux mais possible selon Catherine Klein, directrice de Valorplast, entreprise qui organise le recyclage des déchets ménagers en France et en Europe.   

La décision chinoise nous impose de repenser la filière du recyclage en Europe. C'est créateur d'emplois.              
Catherine Klein, directrice de Valorplast.

Selon l'agence de l'environnement, l'Ademe, 300 000 tonnes de matières recyclées en plus en France pourrait créer 2 400 emplois, il faudrait investir en parallèle 200 millions d'euros dans des machines. L'impact n'est pas colossal sur l'emploi, mais ce serait un début de relocalisation de l'économie des déchets, un début de relocalisation de l'économie circulaire.

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