LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
La fresque de l'artiste C215 représentant le journaliste Bernard Maris et les dessinateurs Honoré, Charb, Cabu et Wolinski.

Sur les traces de Charlie Hebdo

4 min

Il y a trois ans, la rédaction de l'hebdomadaire, situé dans le 11e arrondissement de Paris, était la cible d'une attaque terroriste qui coûta la vie à huit de ses membres. Charlie Hebdo a déménagé depuis mais le quartier de la rue Nicolas Appert reste marqué par cet événement tragique.

La fresque de l'artiste C215 représentant le journaliste Bernard Maris et les dessinateurs Honoré, Charb, Cabu et Wolinski.
La fresque de l'artiste C215 représentant le journaliste Bernard Maris et les dessinateurs Honoré, Charb, Cabu et Wolinski. Crédits : Valentine Joubin - Radio France

La France commémorait ce week-end l'attentat de Charlie Hebdo. Une attaque terroriste dans laquelle l'hebdomadaire satirique a perdu huit de ses membres. La rédaction est désormais installée dans de nouveaux locaux tenus secrets et continue de publier chaque semaine malgré les contraintes liées à sa sécurité. Qu'il le veuille ou non, le quartier de la rue Nicolas Appert incarne la mémoire de cet événement tragique. Sur les traces de Charlie Hebdo, c'est un Choix de la rédaction de Valentine Joubin.

Une plaque commémorative presqu'invisible

"A la mémoire des victimes de l'attentat terroriste contre la liberté d'expression perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Frédéric Boisseau. Franck Brinsolaro. Cabu. Elsa Cayat. Charb. Honoré. Bernard Maris. Mustapha Ourrad. Michel Renaud. Tignous. Georges Wolinski". Une phrase et onze noms inscrits sur une plaque en marbre apposée sur la façade du 10 rue Nicolas Appert. Une plaque commémorative placée tellement haut qu'elle passe quasiment inaperçue. Elise, l'a repérée par hasard, en allant au théâtre situé de l'autre côté de la rue "c'est dur de se dire que des gens sont tombés ici et que ça continue". Amor, lui, vient souvent dans le quartier le soir en promenant son chien, "en pèlerinage" comme il dit mais sans jamais oser poser son pied dans cette rue. 

"J'évite de passer devant Charlie parce que ça me trouble. Moi, je suis un athée convaincu. Combattre une plume avec des kalachnikovs ça c'est l'horreur absolue. Je n'arrive pas à comprendre", Amor un habitant du 11e arrondissement.

Le collectif "Les voisins de Charlie" a repeint le mobilier urbain avec les enfants du quartier.
Le collectif "Les voisins de Charlie" a repeint le mobilier urbain avec les enfants du quartier. Crédits : Valentine Joubin - Radio France

Manger, chanter, peindre le mobilier pour réenchanter le quartier

Rue Nicolas Appert, les parisiens et les touristes émus se font de plus en plus rares. Une banalisation des lieux qui ne déplaît pas à Jonas Pariente, qui habite à 150 mètres des anciens locaux de Charlie. " Les premiers mois (après l'attentat), l'aspect commémoratif est devenu pesant pour les gens du coin. Il y a avait énormément de dessins, de fleurs, de bougies. C'était devenu une sorte de tourisme commémoratif", se souvient le trentenaire. Pour se réapproprier son environnement, Jonas a créé, quelques jours seulement après l'attaque, un collectif de riverains baptisé "Les voisins de Charlie". "Une fois par an, on fait un brunch au pied de l'immeuble de Charlie. Une sorte de table communale. On chante des chansons et c'est toujours assez émouvant". Le collectif a aussi, plus récemment, repeint le mobilier urbain avec les enfants du quartier et installé des pots de fleurs géants. 

On se réapproprie de manière légère le pavé de ce soin qui était glauque et qui reste un petit peu morbide mais on l'a quand même bien réenchanté je trouve.
Jonas Pariente du collectif "Les voisins de Charlie"

La fresque représentant le policier Ahmed Merabet, boulevard Richard Lenoir à Paris.
La fresque représentant le policier Ahmed Merabet, boulevard Richard Lenoir à Paris. Crédits : Valentine Joubin - Radio France

Ahmed Merabet, victime oubliée du 7 janvier ?

Les fleurs, les bougies ont été retirées par la mairie et puis, un jour, les visages de Bernard Maris, Charb, Cabus, Honoré, Tignous Wolinski sont apparus en couleurs sur l'ancienne façade de Chalie Hebdo. L'oeuvre du street artist C215. C'est aussi lui qui a peint à 300 mètres de là, boulevard Richard Lenoir, le portrait en bleu blanc rouge d'un policier. "Il a a tout le côté patriotique avec son uniforme. C'est une glorification d'Ahmed Merabet", commente Guillaume Denoix Saint Martin, le directeur de l'association française des victimes du terrorisme (AFVT). Ahmed Merabet, fonctionnaire de police du 11e arrondissement, avait été abattu par les frères Kouachi en tentant d'empêcher leur fuite, quelques minutes après l'attaque de Charlie Hebdo. Une victime oubliée du 7 janvier estime Guillaume Denoix Saint Martin

On parle surtout de Charlie, c'est normal, parce que le concept attaqué était la liberté d'expression. Mais on a un peu oublié les forces de l'ordre, les quidams. C'est toujours difficile pour les familles d'avoir l'impression que l'on ne parle pas de leurs morts.
Guillaume Denoix Saint-Martin, directeur de l'association française des victimes du terrorisme.

Consciente d'une peur de l'oubli ressentie par la famille de certaines victimes des attentats terroristes mais aussi du besoin des riverains et des touristes d'un lieu pour honorer toutes les victimes parisiennes du terrorisme, la mairie veut ériger un mémorial. Une sculpture, probablement, dont l'emplacement n'a pas encore été choisi.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......