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Le Gard face aux départs en Syrie

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#caravane2017 |Dans un peu plus de 3 semaines nous voterons pour choisir notre futur Président, dans un climat tout particulier. Une France sous la menace terroriste. C'est justement le sujet de la dernière étape de notre caravane de la présidentielle. Reportage auprès d'une mère dont le fils est mort en Syrie.

La ville de Nîmes, dans le département du Gard, est particulièrement concernée par les départs en Syrie. Des hommes jeunes, des adolescents le plus souvent, et de plus en plus de filles, se radicalisent et partent faire le djihad.

Antoine Marette a rencontré Myriam*, une mère dont le fils de 21 ans est mort en Syrie en juin 2015, six mois après son arrivée sur place. Deux jours avant sa mort, Myriam avait pu le joindre par Skype :

On a parlé un petit peu. Il m'a dit 'demain je ne serai pas là'. Ça veut dire qu'il partait au combat. On a pleuré. Puis, j'ai un un appel me disant qu'il était tombé en martyr. Ce sont ses copains, là-bas, qui m'ont appelé. Certains y sont toujours.

A la maison, avant de partir, il ne mangeait plus avec nous. Il ne regardait plus la télé. Il était un peu bizarre. Il priait sans arrêt. Chaque fois que j'ouvrais la porte je trouvais mon fils en train de faire sa prière. Je me disais qu'il était peut-être amoureux. Peut-être a-t-il des soucis. Je n'ai pas pensé qu'il allait partir en Syrie.

Myriam trouve un peu de réconfort au sein d'une association de quartier. Alors que les radicalisations sont beaucoup plus dissimulées et rapides désormais. Comme le constate maître Khadija Aoudia. Elle est avocate au barreau de Nîmes, spécialisée en droit pénal :

Cela se fait en l'espace de quelques semaines, voire quelques mois. alors que pour les radicalisations "classiques", celles que nous avons connues avant l'année 2015, il y avait tout un processus. Suffisamment long dans le temps pour qu'il y ait une certaine forme de vigilance de la part des parents.

Et le président du Conseil des imams du Gard, Hocine Drouiche, estime que :

Un comité religieux peut mettre n'importe qui comme imam au sein d'un quartier de 30 000 habitants. C'est-à-dire des milliers de jeunes qui viennent demander des réponses d'un imam incompétent. Pour moi, c'est inacceptable et il faut des imams qui parlent français. Mais pas seulement le français, qui maîtrisent la théologie musulmane, et aussi la société française !

L'imam gardois Hocine Drouiche
L'imam gardois Hocine Drouiche Crédits : Antoine Marette - Radio France

* dont le prénom ainsi que la voix ont été modifiés

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