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Deux sans-abri dorment sur des cartons en hiver dans le centre-ville de Colmar.

Sans-abri : Emmanuel Macron face à sa promesse

4 min

En juillet dernier, le Président de la République affirmait ne plus vouloir voir personne dans les rues d'ici la fin de l'année. Malgré cette volonté politique et à quinze jours du passage en 2018, le centre d'appels d'urgence du 115, notamment à Paris, est toujours aussi saturé.

Deux sans-abri dorment sur des cartons en hiver dans le centre-ville de Colmar.
Deux sans-abri dorment sur des cartons en hiver dans le centre-ville de Colmar. Crédits : Thierry Gachon / L'Alsace - Maxppp

Emmanuel Macron n'est pas le premier à vouloir attaquer de front la problématique des sans domicile fixe en France. Lionel Jospin et Nicolas Sarkozy avaient en leur temps promis de mettre un terme à la présence d'hommes, de femmes et d'enfants dans les rues. Selon le gouvernement, 13 000 places supplémentaires ont ainsi été débloquées cet hiver, avec un budget en hausse de 13% par rapport à l'an dernier. 

Mais la réalité est qu'aujourd'hui, à Paris, le 115 ne répond en moyenne qu'à seulement 30% des demandes d'hébergement d'urgence. Il faut parfois attendre près de deux heures au téléphone pour obtenir une place ! Clément a 21 ans et déjà 4 années passées dans la rue : "quand on arrive à avoir une place franchement ça tient du miracle !"

La nuit du 12 au 13 décembre, Clément a réussi à obtenir une place dans le centre d'hébergement d'urgence Romain Roland à Montrouge, au sud de Paris. Géré par le Samu Social, il reçoit les sans domicile fixe orientés par le 115. "Nous disposons de 99 places", explique Pierre Joubert, le responsable du centre. "Parmi ces places, 47 sont consacrées à de la stabilisation et puis nous disposons donc de 52 places pour l'hébergement d'urgence".

C'est la déchéance mais ce n'est pas grave. Il faut se relever et garder espoir - Clément 21 ans et sans domicile fixe depuis ses 17 ans.

Les personnes orientées par le 115 sont accueillies entre 19 heures et 4 heures du matin. Vers 11 heures, elles doivent quitter le centre et tenter à nouveau, le soir, d'obtenir une place. "La plupart des SDF souhaitent revenir, mais, hélas, ce n'est pas toujours possible et cela crée beaucoup de stress pour ces personnes" poursuit Pierre Joubert. 

Nous recevons vraiment tous les profils. Il y a évidemment des gens qui vivent dans la rue depuis des années et pour lesquelles il est parfois très difficile de mettre en place un accompagnement. Et puis il y a aussi des gens qui ont encore un travail, mais qui n'arrivent pas à trouver ou à retrouver un logement. Pour ces personnes, la première nuit dans un centre peut être assez violente psychologiquement. 

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100 000 logements vacants à Paris

Dans un pays centralisé, Paris, plus qu'ailleurs, est concerné par la problématique des sans-abris. Dans son plan grand froid lancé cet hiver, la mairie s'est engagée à créer 1 000 places d'hébergements en plus (pour un total de 11 000). Des centres dans le VIIIe et XIIe arrondissement viennent de voir le jour. La ville de Paris a également proposé à l'État que deux nouveaux sites, l'hôpital du Val de Grâce et un terrain de Neuilly-sur-Seine, soient aménagés pour accueillir des centaines de sans-abri. "Il est scandaleux qu'aujourd'hui environ 10% des logements à Paris sont inoccupés, concède Ian Brossat, adjoint en charge du logement et de l'hébergement d'urgence. Nous interpellons régulièrement l'État sur la nécessité de réquisitionner des immeubles, mais il s'est toujours montré très frileux."

C'est un crime de laisser des gens à la rue - Jean Baptiste Eyraud, porte parole de Droit au Logement.

Les associations qui viennent en aide aux sans-abri saluent les efforts de la mairie de Paris mais attendent maintenant qu'Emmanuel Macron tienne sa promesse. "On voit bien que le résultat n'est pas là" explique Jean Baptiste Eyraud, porte parole de Droit au Logement. Il faut que cet engagement, pris devant les Français, soit tenu."

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