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La photographe Sabine Weiss chez elle

Fou (folle) d'histoire, Sabine Weiss

52 min
À retrouver dans l'émission

Sabine Weiss explique qu'elle photographie "pour conserver l'éphémère, fixer le hasard et garder en image ce qui va disparaître." Rencontre avec celle dont les photographies font histoire.

La photographe Sabine Weiss chez elle
La photographe Sabine Weiss chez elle Crédits : © Peter Adams

Fou d’histoire, pour donner la parole à ceux et à celles qui ne sont pas historien, qui ne sont pas historienne, mais qui portent un regard sur le passé. Fou d’histoire et folle d’histoire avec Sabine Weiss : sublime photographe. Son nom est associé à ceux de Robert Doisneau et de Willy Ronis ; elle a marqué un siècle de l’histoire de la photo (sans blague, Sabine Weiss est née en 1924). Elle nous offre des œuvres à l’esthétique remarquable, des documents qui nous parlent de notre passé et qui nous rendent fous d’histoire. Sabine Weiss nous a dit : « Venez, j’ai quatre-vingt-dix-sept ans, ça ce n’est pas un souci… En revanche, j’ai une petite bronchite ! » Xavier Mauduit

Née en Suisse en 1924, Sabine Weiss traverse le siècle un appareil photo à la main. Pendant soixante-dix ans, elle consacre ses journées à photographier des vitrines de magasin, des publicités en tout genre, des défilés de mode ou des personnalités pour la presse illustrée. La nuit, elle se promène dans Paris et se plonge dans une recherche photographique plus personnelle. Sabine Weiss observe la ville et les gens qui la peuplent. Elle capte des instants de vie : des enfants qui jouent dans un terrain vague au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des personnes sans abri dans les rues de Paris, des silhouettes en contrejour dans un couloir de métro. 

Quand Edward Steichen est venu à Paris, il a demandé à me voir et m'a engagée pour une grande exposition qu'il organisait, "The Family of Man" (en 1954, ndlr.). L'exposition rassemblait des photographes d'Europe qui montraient des clichés sur l'amitié et l'amour. Sabine Weiss

« J’ai toujours vu la photo comme une manière de faire exister les gens, surtout les désœuvrés » explique Sabine Weiss, photographier ceux qui ne sont pas les héros des livres d'histoire. La photographe est au cœur du XXe siècle et ses clichés sont devenus, aujourd'hui, les documents d'une histoire humaine. Sabine Weiss nous reçoit chez elle à Paris, à deux pas du Bois de Boulogne, dans son salon aux airs de cabinet de curiosité.

Je suis d'une famille bourgeoise où on aimait les objets. Chez mes grands-mères, il y avait de jolis objets qui m'envahissent un peu aujourd'hui. On aimait beaucoup les arts. Mon grand-père a fait beaucoup travailler un grand peintre suisse qui s'appelait Ferdinand Hodler. (...) J'aime bien garder, comme vous voyez, ce qui va disparaître. Sabine Weiss

J'ai travaillé à Genève avant de me lancer par mes propres moyens. J'ai fait un apprentissage dans une maison qui fêtait ses quatre-vingts ans quand j'y suis entrée. À l'époque, on ne photographiait pas les clochards mais les montagnes de Suisse. On faisait de la varappe pour accéder à des choses que les gens ne voyaient pas. Sabine Weiss

Espagne, 1954
Espagne, 1954 Crédits : © Sabine Weiss
Porte de Vanves, Paris, 1951
Porte de Vanves, Paris, 1951 Crédits : © Sabine Weiss
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960 Crédits : © Sabine Weiss
Paris, 1950
Paris, 1950 Crédits : © Sabine Weiss
Paris, 1954
Paris, 1954 Crédits : © Sabine Weiss

Avec Sabine Weiss, photographe. Elle est l’une des principales représentantes de la photographie humaniste française aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Janine Niépce ou encore Jean Dieuzaide. Elle a appartenu à l'agence Rapho. En parallèle de ses photographies de rue etd'observation de la vie, elle a travaillé comme photographe de mode, de publicité et de reportage. Sabine Weiss a collaboré avec de grands magazines comme Vogue, le New York Times Magazine, Life, Newsweek, Paris Match, ou Holiday.

Les photographies de Sabine Weiss ont fait l'objet de nombreuses expositions dans le monde et font partie des collections de grands musées comme le MoMa (Museum of Modern Art) et le Metropolitan Museum of Art à New York, Centre Pompidou à Paris, le Museum of Modern Art de Kyoto. En France, parmi les expositions qui lui sont consacrées, on peut citer l'exposition Sabine Weiss, Les Villes, la rue, l'autre au Centre Pompidou à Paris en 2018 et la rétrospective que lui consacre le Musée du Jeu de Paume en 2016 au Château de Tours.

Pour aller plus loin

Références sonores

  • Archive de Hugh Weiss dans l'émission Chambre noire - RTF, 1965
  • Archive sur la collection d'automne de Christian Dior - Les Actualités françaises, 1951
  • Musique Le Boogie de Paris par Jacques Hélian, 1946
  • Musique du film Mon oncle de Jacques Tati, 1958
  • Archive de l'élection Miss Cover Girl - Les Actualités françaises, 1952
  • Archive de Raymond Grosset, directeur de l'agence Rapho, dans l'émission Chambre noire - RTF, 1964
  • Archive de Robert Doisneau dans l'émission Chambre noire - RTF, 1964
  • Archive d'une scène de genre à Paris - Les Actualités françaises, 1953
  • Archive de Roland Barthes dans l'émission Recherche de la France - RTF, 1962
Sabine Weiss et Xavier Mauduit
Sabine Weiss et Xavier Mauduit Crédits : Maïwenn Guiziou

Bibliographie

Sabine Weiss

Sabine WeissSabine WeissActes Sud / Collection Photo Poche, 2021

couverture

ÉmotionsSabine Weiss et Marie DesplechinÉditions de La Martinière, 2020

Intervenants
L'équipe
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