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Des jeunes gens se reposent au bord de la route en Allemagne.
Épisode 3 :

Histoire de la grève, débrayer pour mieux travailler

51 min
À retrouver dans l'émission

Valorisation des salaires, sécurité des ouvriers, réduction du temps de travail, les mouvements ouvriers se saisissent de la grève comme outil révolutionnaire pour protester contre une organisation du travail oppressante, affirmer un contrepouvoir et renverser le système capitaliste.

Femmes en grève à Paris
Femmes en grève à Paris Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone - Getty

Débrayer pour mieux travailler et pour mieux vivre : c’est la grève ! Nous voici plongé dans un univers mécanique, car débrayer signifie que nous supprimons la liaison entre deux arbres précédemment embrayés. Au moment d’appuyer sur la pédale de débrayage d’une voiture, la boîte de vitesse est disjointe du moteur, justement pour changer de vitesse. Débrayer, c’est aussi se laisser aller, être en roue libre. Les travailleurs ne se laissent pas aller quand ils se mettent en grève, quand ils arrêtent le travail pour appuyer leurs revendications, autrement dit quand ils débrayent. Comment s’est opéré le passage de la révolte à la grève ? Comment les mouvements ouvriers ont-ils fait de la grève un outil révolutionnaire ? Xavier Mauduit

Des avancées sociales considérables ont lieu durant le dernier tiers du XIXe siècle :  la loi Waldeck-Rousseau de 1884 autorise les syndicats professionnels, celle de 1892 limite à 11 heures par jour le temps de travail des femmes et des enfants et celle de 1898 crée un régime spécial d'indemnisation des victimes d'accidents du travail. Ces différentes législations s’inscrivent dans le cadre de mobilisations ouvrières extrêmement soutenues. Les syndicats ouvriers et les partis socialistes s’affirment et font de la grève un outil de revendication politique majeur. 

Au début des années 1900, cette ligne offensive de la classe ouvrière se renforce encore. Les succès des révolutionnaires russes, l’unification de plusieurs branches du socialisme au sein de la SFIO mais aussi le choc provoqué par la grande catastrophe minière de Courrières en 1906 accentuent encore le choix d’un syndicalisme révolutionnaire. Celui-ci trouve son plein accomplissement lors du congrès d’Amiens de la CGT, où la grève générale est érigée en  principe fondateur du mouvement ouvrier et se présente comme un acte révolutionnaire visant à renverser le système capitaliste. La grève générale permet à la fois la défense de revendications urgentes et l’inscription dans un processus révolutionnaire et universel de plus long terme. 

Comment la grève a-t-elle été érigée en principe politique révolutionnaire ? Quel est le contexte social, intellectuel et politique qui permet l’émergence de partis socialistes et de syndicats ouvriers à la fin du XIXe siècle ? Quels droits et quelles avancées ces nouveaux modes d’actions syndicales ont-ils permis de revendiquer ? De quelle manière les pouvoirs publics ont-ils réagi aux grandes vagues de grèves de la fin des années 1900 ? Nous en discutons avec notre invitée, Marion Fontaine.

Avec Marion Fontaine, historienne, professeure à Sciences-Po, maître de conférences HDR à l’université d’Avignon et directrice du Centre Norbert Elias. Elle est également directrice de la revue Cahiers Jaurès. Les travaux de Marion Fontaine portent sur l’histoire sociale et politique des mondes ouvriers. Ils concernent également l’histoire des gauches en France, ainsi que l’histoire des loisirs sportifs et du temps libre. 

Marion Fontaine a publié Fin d’un monde ouvrier : Liévin 74 (Éditions de l'EHESS, 2014) et a co-dirigé avec Frédéric Monier et Christophe Prochasson Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013). Elle a collaboré aux ouvrages collectifs Bled Histoire de France (Hachette Éducation, 2016) et Le travail en Europe occidentale 1830-1939 (Atlande, 2021). En 2017, elle réalise le documentaire Sous l’œil des Houillères avec Richard Berthollet.

Références sonores

  • Musique Les Canuts chanté par Yves Montand
  • Extrait du film Germinal de Claude Berry, 1993, avec Laurent Terzieff, Renaud, Jean-Pierre Bisson, d'après le roman d'Émile Zola, 1885
  • Extrait du film Mélancolie ouvrière de Gérard Mordillat adapté du livre éponyme de Michelle Perrot sur Lucie Baud, ouvrière en soie qui a mené des grèves en 1905 à Vizille et Voiron
  • Archive sur Georges Clémenceau dans l'émission Les grandes conférences - RDF, 21 octobre 1957
  • Archive de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982, qui évoque la charte d'Amiens de 1906 dans l'émission A voix nue - France Culture, 25 septembre 1995
  • Musique Le chant de la jeune garde de Gaston Monthéus, 1912
Intervenants
  • Historienne, maître de conférences à l'université d'Avignon, co-directrice du centre Norbert Elias
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de
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