LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des soldats afghans ont pris position en surplomb de l’aéroport de Kaboul alors que l’Union soviétique achève le retrait de ses troupes le 15 février 1989.
Épisode 3 :

Le Grand Jeu, l’Afghanistan au cœur des convoitises

51 min
À retrouver dans l'émission

Au XIXe siècle, l'Angleterre victorienne et la Russie tsariste veulent étendre leur zone d'influence en Asie centrale. La terre d'Afghanistan résiste et se retrouve à la croisée des rivalités coloniales.

Le 44e régiment d’infanterie britannique est attaqué par les Afghans. Gandamak, Afghanistan, 1842. Tableau de William Barnes Wollen (1898)
Le 44e régiment d’infanterie britannique est attaqué par les Afghans. Gandamak, Afghanistan, 1842. Tableau de William Barnes Wollen (1898) Crédits : DeAgostini - Getty

Le Grand Jeu, l’Afghanistan au cœur des convoitises… Attention cependant, il ne faudrait pas confondre un planisphère avec le plateau d’un jeu de société : les armées impériales ne sont pas de simples pions que l’on déplace et la stratégie militaire ne se joue pas à coup de dés ! Sans doute y a-t-il toujours des risques, mais d’un côté c’est de perdre la partie, avant d’en recommencer une nouvelle, et de l’autre c’est de mettre en place une situation géopolitique complexe. En Afghanistan, assistons-nous aujourd’hui à un nouvel épisode d’un Grand Jeu séculaire ? Xavier Mauduit

L’écrivain Rudyard Kipling a certes popularisé les aventures de Mowgli, Baloo et Bagheera dans le Livre de la jungle. Mais dans Kim, un autre de ses romans publié en 1901, l’écrivain a aussi popularisé l’expression de "Grand Jeu", ou "Great Game" en version originale. Le Grand Jeu, c’est cette lutte d’influence pour le contrôle de la région de l’actuel Afghanistan qui opposa la Russie tsariste à l’empire des Indes britanniques tout au long du XIXe siècle. Une expression passée dans le langage courant, et notamment dans le langage journalistique, charriant son lot de représentations exotiques et coloniales…

Au début du XVIIIe siècle, on connaît extrêmement mal l'Afghanistan. C'est presque la terre interdite. Il n'y a pas beaucoup de voyageurs, il n'y a pas de commerce. Ce sont plutôt des ouï-dire qui circulent. C'est visible au niveau de la cartographie. Cet espace reste une tache blanche sur les cartes (...).

Aussi bien les Russes que les Anglais ont la théorie des frontières naturelles. Ils cherchent les limites, jusqu'où leur État peut aller, jusqu'où ils peuvent avancer leur armée (...). L'Afghanistan est vu comme un espace naturel entouré de montagnes. S'ils prennent cet espace, ils peuvent dominer le monde. Svetlana Gorshenina

Quelle réalité historique pour l’Afghanistan se cache derrière l’expression de "Grand Jeu" ? Pourquoi les empires occidentaux s’intéressent-ils à cette région montagneuse au XIXe siècle, et pourquoi ne s’y livrent-ils pas à une guerre ouverte ? La guerre américano-soviétique de 1979 ou la "guerre contre le terrorisme" de 2001-2021 en sont-ils des prolongements ? Enfin et surtout, l’histoire de l’Afghanistan peut-elle s’écrire autrement que du point de vue - extérieur - des Occidentaux, de leurs convoitises et de leurs ingérences ? 

L'Asie centrale, pour les Britanniques, est une zone qui doit servir à protéger leurs possessions en Inde. C'est un espace tampon, avec les Russes qui progressent jusqu'au Turkménistan, etc. C'est pour constituer un glacis de protection que les Britanniques vont, dans les années 1840, annexer le Sindh, la vallée de l'Indus. Ils lorgnent, si je puis dire, du côté de l'Afghanistan pour en faire un protectorat (...). L'Afghanistan constitue un élément important pour compléter la ceinture de protection des Indes. Philippe Chassaigne

Une série de publications, qui viennent de paraître, traitent la situation (décrite par l'expression "Grand Jeu", ndlr.) de manière moins littéraire, moins romantique et plus objective. Les voix locales commencent à être montrées et les gens qui ont participé à ce "Grand Jeu" ne sont plus héroïsés. Svetlana Gorshenina

Avec Svetlana Gorshenina, historienne et historienne de l’art, directrice de recherche au CNRS (Eur'Orbem). Elle est entre autres l’autrice de l’ouvrage Asie centrale : transferts culturels le long de la Route de la soie (Vendémiaire, 2016) (co-éditrice avec Michel Espagne, Frantz Grenet, Shahin Mustafayev, Claude Rapin). 

Et Philippe Chassaigne, historien, professeur d'histoire contemporaine à l’Université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la Grande-Bretagne. 

Références sonores

  • Extrait du film d'animation Parvana, une enfance afghane de Nora Twomey, 2017
  • Lecture d'un extrait de La question du Pamir et sa signification de S.I. Umalec (en russe),1892, lu par Marion Malenfant
  • Archive de Pierre-Charles Lux Wurm, docteur en sciences politiques, il a inauguré la chaire d'histoire des idées politiques à l'université de Kaboul en 1963, dans l'émission Heure de culture française, "Hommes et société" - France Culture, 23 décembre 1965
  • Musique Aie confiance de Richard M. et Robert B. Sherman, adaptation française de Louis Sauvat et Christian Jollet, tirée du film d'animation Le Livre de la jungle de Wolfgang Reitherman produit par les studios Disney en 1967, d'après le roman de Rudyard Kipling
  • Lecture d'un extrait du roman Kim de Rudyard Kipling, 1901, lu par Marion Malenfant
  • Archive de Joseph Kessel dans l'émission Joseph Kessel, voyage en Afghanistan - ORTF, 23 novembre 1967

Pour aller plus loin

Intervenants
  • Historienne et historienne de l’art, directrice de recherche au CNRS (Eur'Orbem)
  • Historien, professeur d'histoire contemporaine à l’Université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la Grande-Bretagne
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......