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"La Mort de Markos Botzaris" de Ludovico Lipparini, 1841, Trieste, Civici Musei di Storia ed Arte

1821, la Grèce lutte, l’Europe exulte

52 min
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En 1821 débute la guerre d'indépendance de la Grèce face à l'Empire ottoman. Les romantiques, dont Byron, sensibles à la souffrance du peuple grec et fascinés par les couleurs de l’Orient, soutiennent un courant philhellène. En quoi ce mouvement de libération est-il aussi une affaire européenne ?

"La Mort de Markos Botzaris" de Ludovico Lipparini, 1841, Trieste, Civici Musei di Storia ed Arte
"La Mort de Markos Botzaris" de Ludovico Lipparini, 1841, Trieste, Civici Musei di Storia ed Arte Crédits : Getty

Dès 1821, partout en Europe, il n’est question que d’une révolution : celle des Grecs qui luttent pour leur indépendance face à l’Empire ottoman : "En Grèce ! en Grèce ! Adieu vous tous ! Il faut partir ! / Qu’enfin, après le sang de ce peuple martyr, / Le sang vil des bourreaux ruisselle ! / En Grèce, ô mes amis ! Vengeance ! Liberté ! /  Ce turban sur mon front ! Ce sabre à mon côté ! / Allons ! Ce cheval, qu’on le selle !" En 1829, Victor Hugo trouve le mot parfait pour intituler son poème sur la Grèce qui se libère : "Enthousiasme". (Xavier Mauduit)

Le 25 mars dernier, la Grèce fêtait le bicentenaire de la guerre d’indépendance qui l'a opposé à l’Empire Ottoman. Nourrie par l'idéal révolutionnaire français, la révolution grecque intervient au début d’un XIXe siècle marqué par plusieurs épisodes insurrectionnels, une montée des revendications des droits des peuples et des libertés civiques.

Cette guerre qui fascine est alors soutenue en Europe et aux États-Unis par de nombreux écrivains et artistes du romantisme. La quête de la liberté artistique épouse la cause de la liberté politique poussant le départ de volontaires prêts à combattre la barbarie et à mourir aux côtés du peuple grec.

Quelles sont les positions des grandes puissances européennes face à ce mouvement d'indépendance ? Comment comprendre le soutien des romantiques à ce soulèvement ? Cette adhésion à la révolution grecque est-elle le signe d'un tournant libéral en Europe ?   

Pour nous éclairer, nous recevons Anne Couderc, maître de conférences en histoire contemporaine des relations internationales à Paris 1 Panthéon Sorbonne et membre de l'UMR SIRICE (Sorbonne -Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe).

Hervé Mazurel, historien des sensibilités et des imaginaires, spécialiste de l'Europe romantique. Maître de conférences HDR à l'université de Bourgogne, il est notamment l'auteur de Vertiges de la guerre. Byron, les philhellènes et le mirage grec publié aux Belles Lettres en 2013 et qui paraîtra en poche en 2022 aux éditions de La Découverte (avec une préface et une nouvelle édition).

Et Anne-Laure Brisac-Chraïbi, conservatrice à la BnF, chargée des collections imprimées de grec moderne au département Littérature et art. Elle a participé à la conception de l'exposition virtuelle La Grèce par amour (1821-2021), réalisée par l’Institut français de Grèce et RetroNews.

Lord Byron a donné à connaître la Grèce contemporaine et il a invité les grecs modernes à prendre le "feu sacré" de la liberté. Cependant, ce rapport est ambigu car, en réalité, Byron n’a pas combattu en dépit de la légende créée par les romantiques. Dès lors, son mythe va être envahissant pour l’expérience des combattants volontaires du mouvement philhellène (1200 hommes) : la plupart rentrent déçus de cette guerre sanglante où leur efficacité sur le terrain était minime. (Hervé Mazurel)

Les Grecs se soulèvent en 1821 mais la révolution est d’ores et déjà pensée depuis la fin du XVIII. Des bourgeois grecs exilés planifient alors de soulever des populations dans la partie européenne de l’Empire Ottoman. Cette société secrète élabore un programme politique en s’appuyant sur l’héritage de la Révolution française. (Anne Couderc)

À l’origine les puissances étrangères du congrès de Vienne cherchent à maintenir le statu-quo et ne souhaitent pas toucher à l’intégrité de l’Empire Ottoman. La liberté des grecs n’a été décidé qu’en 1830 et la reconnaissance de l’État grec en 1827, sous la pression du mouvement philhellène. (Anne Couderc)

L’émotion politique du mouvement philhellène se joue des frontières sociales. C’est un mouvement d’enthousiasme, de compassion, de solidarité pro-grec qui va toucher l’Europe et les États-Unis en passant par la Russie. (Hervé Mazurel)

Sons diffusés :

Archive - Entretien avec Raphaël Raphaël, ambassadeur de Grèce à Paris, RTF (1947).

Lecture - Lettres et journaux intimes de Lord Byron (1824), lu par Tatiana Werner.

Lecture - L’Homme, poème d'Alphonse de Lamartine (1820), lu par Tatiana Werner.

Extrait - Chant des Akrites chantée par Domna Samiou.

Extrait - Adaptation grecque du chant La Carmagnole, exécutée par les élèves du gymnase expérimental de musique de Palini dans l’Attique, La révolution des autres, (08/08/1989).

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