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L'ouverture du mur de Berlin sur la Potsdamer Platz.  12 novembre 1989
Épisode 1 :

Un mur, trois révolutions, comment les événements de 1989 ont-ils changé la façon d’écrire l’histoire ?

52 min
À retrouver dans l'émission

Que s’est-il passé exactement le 9 novembre 1989 ? Ce jour-là, à 18 heures, lors d'une conférence de presse, Gunter Schabowski, porte-parole du parti communiste est-allemand, annonce qu'il est désormais possible de franchir le mur grâce à des visas distribués sans conditions préalables.

L'ouverture du mur de Berlin sur la Potsdamer Platz.  12 novembre 1989
L'ouverture du mur de Berlin sur la Potsdamer Platz. 12 novembre 1989 Crédits : Carol Guzy/The Washington Post - Getty

C’est l’histoire d’un mur, d’une barrière qui traverse une ville, un pays, mais aussi le monde : le mur de Berlin ! C’est l’histoire d’hommes et de femmes séparés par des barbelés, par des miradors, par du béton et des soldats armés. Le mur de Berlin a été érigé en 1961 et pendant 28 ans il est devenu le symbole glaçant de la guerre froide... 

C’est par une folle nuit de 1989 que ce mur de la honte est tombé, dans la liesse, voilà maintenant 30 ans. Mais les traces qu’il laisse dans la ville et sans doute dans les idées nous rappellent que nous sommes aujourd’hui encore, face au mur !

Dans la première partie de l'émission, Alexandre Adler et Emilia Robin, tous deux historiens, issus de deux générations différentes, nous racontent le mur et ses effets sur la vie des idées.

Lors de la chute du mur, la police politique est-allemande n’a plus reçu l’ordre de canaliser la population. Entre-temps le BND, le service secret ouest-allemand, est très présent à Berlin et a multiplié les mots d’ordre en proposant des gestes symboliques. Puisqu’il n’y a plus d’opposition, tout à coup, la marée humaine entraîne de manière complètement inattendue toute la population de Berlin-Est, qui force la porte de Berlin-Ouest. Dès lors, quelque chose d'irréversible est en train de se produire, rendant le monde complètement surréaliste en l'espace de quelques heures. Alexandre Adler

A l’échelle européenne, en amont de la chute du mur de Berlin, l’Europe est en transformation incroyable. Il y a eu les élections libres en Pologne au printemps, une transition démocratique en Hongrie commencée en 1988, avec à l’été 1989 l’entrée des libéraux au gouvernement et donc une transition progressive. Il se trouve que le lendemain de la chute du mur de Berlin, probablement sans lien direct, Jivkov, le dirigeant bulgare qui est en place depuis 1954 est renversé. Et en Roumanie, Ceaușescu, tombe à cause d'émeutes et coups d’état. Il y aura aussi la Révolution de Velours en Tchécoslovaquie. De plus en RDA, on parle du mur, mais on oublie que Honecker a été remplacé par Egon Krenz : la vieille garde en place depuis les années 70 a donc été remplacée. C’est un mouvement progressif, il y a les marches du lundi, ou manifestations pour la paix, depuis septembre. La chute du mur de Berlin est le point d’apogée d’une mobilisation qui est croissante depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Emilia Robin

En deuxième partie d'émission, Elisa Ganivet, docteure en philosophie et historienne de l'art, auteure de l'Esthétique du mur géopolitique, (PUQ, 2016) nous amène à voir le mur, synonyme de protection mais aussi d'isolement, comme l'affiche d’un événement géopolitique, que les artistes investissent.

C’est à partir de 1985 que les graffeurs ont commencé à investir le mur de Berlin. En RDA, on a cette conviction de faire un art politique, qui sert l’idéologie. Ce qui est intéressant dans ce mur, c’est bien ce que vont en faire les artistes, c’est-à-dire une forme de contournement, de détournement, de transgression… En RDA cela pourrait se synthétiser par le mail art par exemple, avec comme précurseur Robert Redfield. Certes, le mur isole, c’est une protection. Mais les artistes vont surtout faire face à ce mur. Elisa Ganivet

Sons diffusés :

Archives : 

  • Inter actu 19h, le 10/11/1989 – France inter
  • Les actualités françaises du 23/08/1961
  • Journal télévisé du 05/06/1989 – Antenne 2

Musique : 

  • Bicentenaire par Jean Ferrat
  • 99 luftballons par Nena

Lecture : par Daniel Kenigsberg d’un extrait de Le jour où le mur de Berlin n’est pas tombé et tous ceux qui suivirent, chroniques imaginées par 60 auteurs et artistes, éditions Uchroniques, soutenue par Paris Sorbonne.

Générique de l'émission : Origami de Rone

Chroniques

9H53
5 min

Le Journal de l'histoire

Donald et Birgitte au pays des Inuit

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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