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Phénakistiscope appelé aussi Fantascope de Thomas Mann Baynes (1833).
Épisode 2 :

Le mardi, c’est spaghettis (antiques)

51 min
À retrouver dans l'émission

Textes, iconographie, archéologie et archéobotanique nous éclairent sur les habitudes alimentaires du passé. Dans la Rome antique, qu'y a-t-il au menu et à la carte ?

Pompéi, Ier siècle. Mosaïque romaine, esclave dans une cuisine.
Pompéi, Ier siècle. Mosaïque romaine, esclave dans une cuisine. Crédits : Getty

Les Romains de l’Antiquité se régalaient-il de boudin d’ours ou de cou de girafe farci, comme dans les aventures d’Astérix ? Mangeaient-ils des chenilles à la purée de fraises et des couilles d’oursin aux amandes, comme dans la série Kaamelot, d’Alexandre Astier ? Se goinfraient-ils de tétines de truie grasse, de gazelle, de faisan, de flamant géant, comme l’écrit Juvénal ? Quand il s’agit de se mettre à table, dans l’Antiquité, nous sommes tributaires des représentations que nous ont livrées les peintres – ah, Les Romains de la décadence de Thomas Couture – ou les cinéastes – ah, le Satyricon de Federico Fellini –, mais orgiaque ou frugale, quelle était la cuisine les Romains ?  (Xavier Mauduit)

Les Romains mangeaient-ils du cou de girafe farci à la graisse d’urus, comme mentionné dans les albums d’Astérix et Obélix ? Les banquets se finissaient-ils toujours en orgie, merveilleusement décadentes ?

L’alimentation romaine passionne, mais la vision que nous en avons à travers les films, les bande-dessinées et même les traités latins est-elle justifiée ? Partons à Pompéi et Lugdunum  pour découvrir les restes archéologiques des repas romains.  Moules à gâteaux, poêles à frire, casseroles et fours à pain nous permettent de reconstituer les habitudes culinaires dans l'Antiquité. Quant à savoir ce que les Romains mettaient dans leurs marmites, c’est du côté de l’archéobotanique qu’il faut se tourner, pour comprendre comment ils s’approvisionnaient en épices, quels fruits leur paraissaient exotiques et quelles céréales nous avons depuis oubliées.

Avec Dimitri Tilloi D'Ambrosi, docteur en histoire, spécialiste de l'antiquité. Il enseigne à l'Université Jean Moulin Lyon III. Ses recherches portent sur l'alimentation, la diététique et la médecine à l'époque romaine. Il a écrit L'Empire romain... par le menu (Arkhé, 2017) et Les voyages d’Hadrien : Sur les traces de l’empereur nomade (Arkhé, 2020). Il est conseiller scientifique de l’exposition Une salade, César ? La cuisine romaine de la taverne au banquet au Lugdunum - Musée et Théâtre Romains de Lyon (du 15 décembre 2020 au 4 juillet 2021).

Avec nous aussi, Véronique Zech, chargée de recherches au CNRS et archéobotaniste au Muséum d’Histoire naturelle. Ses recherches portent sur l’étude des sociétés anciennes, en Gaule et Méditerranée, par l’intermédiaire des restes végétaux (fruits et graines) découverts en contexte archéologique. Elle est conseillère scientifique de l'exposition Dernier repas à Pompéi au Musée de l’homme à Paris (jusqu'au 4 janvier 2021). 

Il y a énormément de denrées alimentaires qui sont préservées sur le site de Pompéi grâce notamment au phénomène de carbonisation, une transformation de la matière organique en carbone sous l'effet de la chaleur. C'est ce qui a permis une préservation pendant plusieurs siècles de ces restes. La magie du site de Pompéi c'est que ses restes alimentaires sont préservés en contexte, associés aux ustensiles qui permettaient de les transformer et aux espaces de préparation et de consommation de la nourriture. C'est un instantané de la vie d'une cité romaine au 1er siècle ap. J.-C. (Véronique Zech)

Que l'on parle de cuisine romaine, il faudrait mieux parler de cuisine au pluriel en distinguant la cuisine du plus grand nombre, une cuisine humble assez simple qui repose avant tout sur une consommation de végétaux. Je pense qu'il faut nuancer les hiérarchies sociales que l'on présente parfois de façon trop tranchées puisque l'archéologie et les textes le montrent que le peuple et notamment le petit peuple des villes, pouvait avoir accès à des préparations contenant de la viande ou consommer des petits poissons donc, finalement, une alimentation assez diversifiée. Ce qui distingue le petit peuple de l'élite ce sont les quantités et notamment la qualité des produits. (Dimitri Tilloi D'Ambrosi)

Sons diffusés :

  • Archive - 15/04/1982 - France Culture - Extrait de l'émission La radio sur la place - La cuisine antique - lecture d'un extrait de L'art culinaire d'Apicius.
  • Archive - 26/10/2003 - France Culture - Extrait de l'émission De bouche à oreille - Les nourritures de la mer - lecture d'un extrait des Satires d'Horace.
     
  • Archive - 24/11/1997- France Culture - Extrait de l'émission Le cabinet de curiosités -  Nourrir le corps : l'Antiquité gréco latine - lecture par Violette de Mirbeck d'un extrait du Satyricon de Pétrone.
     
  • Lecture par Nathalie Kanoui d'un extrait des Satires XI de Juvénal. Musique : bande originale du film Les gladiateurs (1954) composée par Franz Waxman. 
  • Lecture par Nathalie Kanoui d'un extrait des Lettres à Lucilius de Sénèque le Jeune. Musique : Ludi inter pana atque nymphas de Walter Maioli et Luce Maioli.
  • Extrait du film Satyricon (Fellini Satyricon)réalisé par Federico Fellini (1969).

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