LE DIRECT
Sanatoir aérien du docteur Farceur, bureau volant de mariage, police aérienne, affiche de G. Rodeck, 1890.
Épisode 4 :

Il était une fois demain... aux origines de la science-fiction

51 min
À retrouver dans l'émission

Enfilez votre combinaison bionique, installez-vous dans votre canapé intergalactique et branchez-vous sur les ondes du Cours de l'histoire qui émet depuis la planète Terre. Avec la science-fiction, le futur aussi a une histoire !

Garçon jouant avec Robert le Robot, jouet fabriqué par Ideal Toy Corp, 1959.
Garçon jouant avec Robert le Robot, jouet fabriqué par Ideal Toy Corp, 1959. Crédits : Getty

En 1908, au moment où Maurice Leblanc publie Arsène Lupin contre Sherlock Holmes, Gustave Lerouge fait paraître Le Prisonnier de la planète Mars. Viennent ensuite d’autres romans : La Guerre des vampires, La Mandragore magique, Le Mystérieux Docteur Cornélius, Le Fantôme de la danseuse… C’est un plaisir de parcourir la littérature de science-fiction, d’anticipation, et l’uchronie aussi, quand notre passé est transformé. Ces ouvrages sont essentiels pour comprendre la société qui les a produits. Les gogos n’y relèvent que les prévisions – farfelues disent-ils – qui ne se sont pas réalisées. D’autres sont fascinés par ce que cette littérature contient de prévisions. Les historiens et les historiennes y voient des sources admirables, de très beaux documents historiques. Xavier Mauduit

L’histoire de la science-fiction ne se résume pas aux pulps, ces magazines bon marché et de qualité médiocre qui ont inondé les États-Unis des années 1920 et bien après. Certes, il y a bien les grands noms : Isaac Asimov, Robert A. Einlein et Ray Bradbury, et l’invention du terme scientifiction. Mais connaissez-vous Maurice Renard, Gustave Le Rouge, J.-H. Rosny aîné, Paul d’Ivoi, Jacques Spitz et Camille Flammarion ?

À la fin du XIXe siècle déjà, ces auteurs français écrivaient des textes que tout désigne comme les prémices de la science-fiction. Faute de nom, cette littérature s’est retrouvée éparpillée par la postérité entre la littérature utopique, le merveilleux scientifique, le roman d’anticipation. Les historiens et historiennes n’hésitent aujourd’hui plus à parler de “proto-science-fiction”. 

Suite à quels bouleversements sociaux ces auteurs ont-ils pris la plume et cédé à l’appel de l’imaginaire ? Quelles sont les spécificités de leurs productions et pourquoi les avons-nous oubliés ? Surtout, que nous disent-ils sur cette période charnière qu’est le tournant du XXe siècle et sur ses représentations du futur ? 

Nous en parlons avec nos invités…

Natacha Vas-Deyres, chercheuse associée de l'Université Bordeaux Montaigne, spécialiste de l'utopie/dystopie, de science-fiction et d'anticipation française et américaine au XXe siècle. Directrice de la collection "SF Incognita" aux Presses Universitaires de Bordeaux, elle est autrice notamment de Ces français qui ont écrit demain. Utopie, anticipation et science-fiction au XXe siècle (Honoré Champion, 2013). 

Et Ugo Bellagamba, maître de conférences en histoire du droit et des idées politiques à l'Université Côte d'Azur et écrivain de science-fiction. Il est notamment auteur du roman Tancrède, une uchronie (Les Moutons électriques, 2009) et du recueil de nouvelles Le petit répertoire des légendes rationnelles (ActuSF numérique, 2017).

L'utopie d'un point de vue historique est un genre et un néologisme qui a été créé par Thomas More en 1516. Le mot a été forgé sur le grec οὐ-τόπος "Le lieu qui n'existe pas" ou eu-τόπος "le lieu où l'on est bien". À l'origine, le roman de Thomas More comporte deux phases : la description d'une société idéale donc, on était dans une œuvre politique et sociale et, en même temps, on avait la critique de sa propre société contemporaine, celle en partie du règne d'Henri VIII. L'utopie est donc dès le départ un genre littéraire qui contient en germe son inverse, un peu comme des relations entre littérature convexe et concave et dès le départ on a cette critique de la société que l'on appellera quelques siècles plus tard une dystopie. La dystopie c'est Le lieu cauchemardesque, le lieu où il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. C'est une littérature qui va avoir une extraordinaire descendance à partir du XXe siècle. Natacha Vas-Deyres

Quand on écrit de la science-fiction on essaie d'imaginer comment le progrès technique a un impact, a une traduction, dans les rapports entre les individus, dans les rapports avec les institutions, dans les rapports finalement entre citoyens et pouvoirs en fonction de l'évolution de la science et de la technique. Cette fascination et cet émerveillement scientifique on les retrouve des deux côtés de l'Atlantique aussi bien en Europe qu'aux États-Unis. Ugo Bellagamba

Sons diffusés :

  • Archive - 1955 - Extrait de l'émission Lecture du soir - Extrait deVoyage au centre de la terre (1864) de Jules Verne.
  • Lecture par Olivier Martinaud d'un extrait de La mort de la terre (Plon, 1912) de J.-H. Rosny.
  • Archive - 04/02/1946 - RDF - Extrait de l'émission Science-fiction made by RDF - Plateforme 70 ou l'âge atomique.
  • Extrait du film Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol (1997) 

Liens cités : 

Chroniques

9H52
3 min

Le Journal de l'histoire

Quand parler d’inceste était intolérable : l’affaire Violette Nozière
Intervenants
  • Chercheuse associée de l’université Bordeaux Montaigne, spécialiste de la littérature d’anticipation
  • juriste, maître de conférences à l’université de la Côte d’Azur et auteur de science-fiction
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......