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Un atelier de couturières en Arles - vers 1785
Épisode 4 :

Ce que nous apprend l'enfant sauvage

50 min
À retrouver dans l'émission

Comment instruire les enfants sauvages ? L’un des plus célèbres d’entre eux, Kaspar Hauser, « orphelin de l’Europe », surgit à Nuremberg en 1828. Ce destin énigmatique et tragique nous fascine, peut-être parce qu’il nous questionne sur l’animal social que nous sommes.

Kaspar Hauser vers 1830
Kaspar Hauser vers 1830 Crédits : Carl Kreul

Voilà une bien étrange expérience que nous décrit, dans sa Chronique, le franciscain Salimbene de Adam, un moine installé à Parme, en Italie, au 13e siècle. 

Il nous raconte que Frédéric II, l’empereur du Saint Empire romain germanique, était curieux de connaître quelle langue parlerait naturellement un enfant, c’est-à-dire sans aucune éducation, sans même entendre prononcer un mot. Des nouveaux nés sont choisis et les nourrices ont l’ordre absolu de ne pas leur parler. Les enfants grandissent ainsi, sans entendre de paroles humaines. Dès lors, quels mots vont sortir de leur bouche ? Seront-ils en latin ou en grec, en hébreu ou pourquoi pas en arabe ? L’expérience n’est pas concluante : la Chronique raconte que les enfants meurent l'un après l'autre, sans avoir prononcé de mots. Frédéric II, souverain cultivé – il parlait neuf langues, dit-on –, devait être fort déçu. En a-t-il conclu que l’absence de langage était mortelle ? La Chronique ne le dit pas non plus. Sûr que Frédéric II aurait été intrigué par Kaspar Hauser, l’enfant sauvage qui surgit à Nuremberg le 26 mai 1828 : il a fasciné au XIXe siècle et il nous fascine encore.

Ce matin, nous sommes en compagnie d'Hervé Mazurel, historien des sensibilités et des imaginaires spécialiste de l’Europe romantique. Maître de conférences HDR à l’université de Bourgogne et chercheur au LIR3S, il a fait paraître  Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit (La Découverte, 2020). Il est l’un des fondateurs et animateurs de la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales (Anamosa)

Le 26 mai 1828, un lundi de pentecôte, la ville de Nuremberg était déserte, surgit un étrange adolescent, très bizarrement accoutré, qui tenait à peine debout, ne faisait pas un pas devant l'autre, qui très gêné par la lumière du jour cliquait des yeux en permanence.

Sons diffusés :

  • Extrait du film L’énigme de Kaspar Hauser de Werner Herzog 1974 
  • Lecture d'un texte du docteur Itard sur Victor de l'Aveyron dans l'émission Les chemins de la connaissance - avril 2006 .
  • Lecture par Nathalie Kanoui d'un poème de Kaspar Hauser 1829. 
  • Extrait de l'émission de Françoise Dolto sur France Inter Quand l’enfant paraît 
  • Chanson : Georges Moustaki, Gaspard, poème de Verlaine 
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Bibliographie

Intervenants
  • historien, maître de conférences à l’Université Bourgogne-France Comté
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