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Les Amazones - Une armée de femmes dans l'Afrique précoloniale, Hélène d'Almeida-Topor

Des Amazones du Dahomey aux indépendances africaines, hommage à l'historienne Hélène d'Almeida-Topor

50 min
À retrouver dans l'émission

En 2020, dix-sept pays africains, dont quatorze anciennes colonies françaises, fêtent le 60e anniversaire de leur indépendance. Nous rendons hommage à une historienne qui a fait de l’Afrique contemporaine son terrain d’étude : Hélène d’Almeida Topor, qui nous a quittés le 1er août 2020.

Les Amazones - Une armée de femmes dans l'Afrique précoloniale, Hélène d'Almeida-Topor
Les Amazones - Une armée de femmes dans l'Afrique précoloniale, Hélène d'Almeida-Topor

C’est un beau bébé qui naît le 1er août 1960 : 700 km de long, plus de 100 000 km² pour une population de 2 millions d’habitants. Ce nouveau pays prend le nom de République du Dahomey. En réalité, plus qu’une naissance, il s’agit d’une étape dans la longue histoire des habitants de cette partir de l’Afrique. Après la colonisation française, le Dahomey obtient donc son indépendance en 1960 et, 15 ans plus tard, l’adolescence sans doute, il change de nom : il devient le Bénin.  

L’historienne Hélène d’Almeida-Topor connaît bien ce pays, où elle a enseigné, où elle a vécu… un pays qu’elle a étudié, notamment à travers les Amazones du Dahomey, objet de beaucoup de fantasmes. 

Le 1er août 2020, jour du 60e anniversaire de l’indépendance du Bénin, Hélène d’Almeida-Topor nous quittait. À travers elle, c’est une histoire à raconter, celle d’un pays, celle d’un continent, celle d’une vie aussi, une vie d’historienne, une Amazone. 

Ce matin, nous serons en compagnie de Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne, spécialiste de l'Afrique et professeur émérite de l'université Paris Diderot. Ses travaux portent sur les enjeux politiques de la colonisation ainsi que sur le concept d'impérialisme et de capitalisme en Afrique. Elle est l'autrice de  Les Routes de l'esclavage. Histoire des traites africaines vie – xxe siècles (Albin Michel,  2018) et de Enjeux politiques de l'histoire coloniale, (Agone, 2009) ainsi que de Petite histoire de l'Afrique : l'Afrique au sud du Sahara de la préhistoire à nos jours (La Découverte, 2010)

D'Odile Goerg,historienne, spécialiste de l’histoire sociale et urbaine de l’Afrique contemporaine, professeure émérite à l’Université Paris Diderot et membre du CESSMA (Centre d’Étude en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques).  Elle est l'autrice de Fantômas sous les tropiques. Aller au cinéma en Afrique coloniale, (Vendémiaire, coll. « Empires », 2015), Un cinéma ambulant en Afrique. Jean-Paul Sivadier, entrepreneur dans les années 1950, (L’Harmattan, 2020) et de Citadinités subalternes en Afrique, coécrit avec Thomas Fouquet (Karthala, 2018). 

Et de Chislain Moupebele Makadjoka est doctorant, rattaché au Centre de recherches historiques de l’EHESS, il soutient très prochainement sa thèse « Le Gabon, la France et la Banque des États de l’Afrique centrale, 1959-1992 : entre logique « géomonétaire » et financement de l’économie », sous la direction de Laure Quennouëlle-Corre.

Fin des années 50 « L’Afrique du Nord était étudiée mais l’Afrique subsaharienne ne l’était pas du tout la plupart des universitaires, des historiens disaient à l’époque de l’Afrique noire n’avait pas d’histoire, ce qui est tout à fait étonnant puisque tous les peuples ont une histoire. Cette histoire n’était pas encore écrite par les historiens français et francophones, elle commençait déjà à l’être par les anglais. Quand nous avons commencé à travailler Hélène et moi, nous étions la première génération professionnelle,  des historiennes de métier, nos prédécesseurs étaient plutôt d’anciens administrateurs d’Outre-mer. Catherine Coquery-Vidrovitch

Hélène d’Almeida-Topor s’est intéressée à ce régiment féminin, les amazones, lorsqu’elle était au Dahomey dans les années 60 sans vraiment écrire sur elles. Son travail est postérieur en réaction à tous les fantasmes qu’il y avait autour des Amazones et elle a bien voulu montrer, en utilisant des sources variées, que ce n’est pas un fantasme, c’est un corps féminin avec toute les horreurs que ce corps féminin, en tant que guerrière, peu faire, mais aussi en montrant que par l’éducation, on va faire des guerrières […] Elle pensait, source à l’appui que la majorité des Amazones étaient mortes en 1892. Odile Goerg

Lorsqu’on parle de la question de l’Afrique, il se pose la question de l’accès aux sources. Pendant longtemps, on a pensé qu’en l’absence de sources écrites, on ne pouvait pas écrire l’histoire de l’Afrique et davantage encore celle de l’histoire économique et monétaire. On est aussi confronté à la question des statistiques. Dans sa démarche,  Hélène d’Almeida-Topor  a fait un travail énorme de collecte de données statistiques […]  C’est très rare à l’époque où les approches d’histoire sociale et institutionnelles étaient privilégiées. Il est donc important aujourd’hui de faire référence à ses travaux. Chislain Moupebele Makadjoka

Sons diffusés : 

Archive - 01/08/1960 - RTF - Paul AMEWE, en direct du Dahomey le 31 juillet 1960 à 23h57, fait état de l'ambiance qui y règne à quelques minutes de la proclamation de l'indépendance.  

Archive - 25/10/1984 - France Culture - Extrait de l'émission En étrange pays, émission intitulée Les Amazones et les ethnologues - Gilles Lapouge échange avec Hélène d’Almeida-Topor.

Archive – 01/06/1993 - RFI -  Extrait de l'émission  Mémoire d'un continent - émission intitulée Panorama de l'histoire africaine - Hélène d'Almeida-Topor au micro de Ibrahima Baba Kaké. 

Archive-  – 16/09/2006 – Extrait de l'émission Concordance des temps - La recette de cuisine d'Hélène d’Almeida Topor.

Musique - Les Amazones d'Afrique - Dombolo (feat. Angélique Kidjo).

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Intervenants
  • Professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'Université de Paris, autrice de plusieurs ouvrages sur la colonisation
  • professeur d’histoire de l’Afrique contemporaine (Paris 7-Denis Diderot), membre du Laboratoire SEDET « Sociétés en développement.
  • doctorant, rattaché au Centre de recherches historiques de l’EHESS
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