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Épisode 2 :

Le monde sous étiquette : quand les explorateurs collectent la nature

52 min
À retrouver dans l'émission

Herbiers, collections de minéraux et animaux empaillés sont autant de traces matérielles qui témoignent des voyages et des expéditions depuis le XVIe siècle. Une façon d'appréhender le monde encore présente dans les réserves de nos musées d'histoire naturelle.

Portrait d'Alexandre von Humboldt (Berlin, 1769-1859), naturaliste allemand, explorateur et botaniste, posant dans sa bibliothèque. Gravure d'après une peinture d'Eduard Hildebrandt (1818-1868), vers 1856.
Portrait d'Alexandre von Humboldt (Berlin, 1769-1859), naturaliste allemand, explorateur et botaniste, posant dans sa bibliothèque. Gravure d'après une peinture d'Eduard Hildebrandt (1818-1868), vers 1856. Crédits : De Agostini - Getty

Le 10 juin 1793, l’an second de la République française, la Convention nationale adopte une loi sur les biens communaux. Désormais, ils sont partagés entre les habitants d’une commune ; ils n’appartiennent plus au seigneur. C’est un coup dur contre le régime féodal. Ce même jour, le 10 juin 1793, la Convention adopte une autre loi, qui elle aussi porte sur les biens qu’offre la nature : « La Convention nationale, ouï le rapport de son comité d’instruction publique sur l’organisation générale du jardin national des plantes & du cabinet d’histoire naturelle de Paris, décrète que l’établissement sera nommé à l’avenir Muséum d’histoire naturelle ». La vocation de cette nouvelle institution est clairement exprimée dans ce décret : « Le but principal de cet établissement sera l’enseignement public de l’histoire naturelle, prise dans toute son étendue & appliquée particulièrement à l’avancement de l’agriculture, du commerce & des arts ». Ainsi, le 10 juin 1793 est une date essentielle dans notre rapport à la nature qui nous entoure, au plus près de nous et au plus loin, avec ce questionnement : les richesses de la nature sont-elles un bien commun ? (Xavier Mauduit)

Du XVIe au XIXe siècle, de grands explorateurs prennent la mer pour étudier une nature inconnue aux Européens. D’Amérique du Sud, des îles du Pacifique ou d’Australie, ces navigateurs rapportent des milliers de spécimens vivants, végétaux et animaux, des herbiers remplis et des pages et des pages de carnets de voyage. Le Cours de l’histoire s’intéresse à l’histoire naturelle que les botanistes et scientifiques qui analysaient et classifiaient ce matériel ont choisi de raconter. Les muséums d’histoire naturelle en sont encore imprégnés aujourd’hui et ce sont encore leurs collections que nous découvrons dans ces musées.

Avec Marie-Noëlle Bourguet, professeure émérite d’histoire moderne à l'Université Paris Diderot, membre associé du Laboratoire Identités, Cultures, Territoires et membre correspondant du centre Alexandre Koyré. Historienne des sciences et des savoirs à l’époque moderne, ses recherches portent sur l’histoire des enquêtes, des voyages naturalistes, des expéditions scientifiques (XVIIe-XIXe s.) et plus particulièrement sur les gestes de la science en voyage, en particulier sur les pratiques d’écriture (notes, carnets, journaux). Elle est notamment l'autrice de Le monde dans un carnet, Alexander von Humboldt en Italie (1805) (Édition du Félin, 2017).

Avec nous aussi, Denis Lamy, historien des sciences. Il a été responsable de la Bibliothèque de Botanique du Muséum, il est actuellement attaché honoraire du Muséum national d'histoire naturelle.Il est notamment coauteur avec Line Le Gall de l'ouvrage Algues - Étonnants paysages (Delachaux et Niestlé, 2019). 

Le financement des expéditions

Ces grosses expéditions sont financées par les états, les institutions savantes, les compagnies dans le cas de l'Angleterre pour la Royal Society, ce qui n'aurait pu se faire avec des intérêts seulement privés. C'est un peu différent dans le cas des voyageurs terrestres ce qui sont envoyés à l'intérieur des continents. Les ordres de grandeur sont différents puisque ce sont des voyageurs solitaires ou en petit groupe et l'investissement est moindre mais, même là, ce sont souvent des missions officielles avec un titre : "botaniste du roi" ou "naturaliste du roi " avec un ordre de mission. (Marie-Noëlle Bourguet)

Un jardin à vocation pédagogique 

Le Museum en 1793 hérite d'une tradition importante, celle du jardin du roi créé en 1635 et qui est créé pour avoir la plus grande collection botanique de façon à donner à voir et à étudier aux apothicaires et médecins du début du XVIIe siècle. On va constituer certes des collections vivantes qui vont être agréables à l'œil mais aussi dans le jardin (...) on a une école de botanique qui montre un savoir organiser pour l'enseignement. (Denis Lamy)

Sons diffusés :

  • Extrait de la fiction radiophonique Échos du Grand Siècle, la médiation au jardin, avec Bernard Dhéran dans le rôle de Louis XIV, 18/09/1966. 
  • Extrait de l'émission Connaissance de l'homme, La Pérouse, avec le philosophe André Bridoux, 08/08/1956.
  • Lecture par Olivier Martinaud de la lettre d’Alexandre de Humboldt à son frère, Cumaná, 16/07/1799. 
  • Archive, Visite au Muséum d'histoire naturelle en compagnie de Madame Letouzey, épouse de René Letouzey, spécialiste de la flore d'Afrique centrale, 19/06/1958.
  • Extrait du film Musée haut, musée bas (2008) de Jean-Michel Ribes. 
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