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Pièces d'échec
Épisode 3 :

Les médecins qui murmuraient à l'oreille des souverains : gouverner par la science

50 min
À retrouver dans l'émission

La pratique de la médecine est en pleine mutation au Moyen Âge. Désormais formés sur les bancs des universités, les praticiens se trouvent au plus près des princes et ils exercent un certain pouvoir. Émerge une nouvelle figure d'autorité : le médecin conseil... du prince !

Al-Razi tenant une matula, dans le "Recueil des traités de médecine" de Gérard de Crémone, 1250-1260. Wikimédia
Al-Razi tenant une matula, dans le "Recueil des traités de médecine" de Gérard de Crémone, 1250-1260. Wikimédia

Les souverains ont leur médecin personnel, souvent plusieurs médecins d’ailleurs. Ils ont bien raison : à quoi sert de régner si le prince est en mauvaise santé ? La santé du souverain est une question politique : malade, il gouverne mal ; mort, ce sont parfois des tracas de successions. Puisqu’ils ont le pouvoir et les moyens, ils ne se privent pas de médecins, en nombre, une vraie cohorte. Ces scientifiques ont l’oreille du prince, ils donnent des conseils pour se gouverner et pour gouverner, surtout en temps d’épidémie. Certains sont restés célèbres, tel Corvisart pour Napoléon Ier ou Claude Gubler, médecin de François Mitterrand. Il y a aussi Chirac… Pierre Chirac, le médecin du roi Louis XV … Alors que le docteur La Bajon est celui de Jacques Chirac. Le médecin et le prince forment un couple sensationnel, car pour le peuple et le souverain, quand la santé va, tout va !

Avec Marilyn Nicoud, professeure d’histoire médiévale à l’université d’Avignon. Ancienne élève de l’ENS de Fontenay et agrégée d’histoire, elle a aussi enseigné auparavant à l’ENS de Lyon et à l’École Française de Rome.
Ses recherches portent sur l’histoire de la médecine et de la santé, dans une approche qui croise leur dimension intellectuelle et leurs enjeux culturels, sociaux et politiques. Elle travaille ainsi à une histoire des rapports patients-médecins, des formes de l’expertise médicale, et des livres et discours médicaux. Elle est spécialiste de l’histoire du thermalisme, de l’histoire de l’alimentation et de l’histoire culturelle et sociale de l’Italie.
Elle a notamment publié : Les régimes de santé au Moyen Âge. Naissance et diffusion d’une écriture médicale en Italie et en France (XIIIe-XVe siècle), 2 vol., École Française de Rome EFR, 2007, Le prince et les médecins. Pensée et pratiques médicales à Milan (1402-1476), École Française de Rome EFR,  2014. Elle a récemment co-dirigé avec Laurence Moulinier-Brogi, Écritures médicales. Discours et genre, de la tradition antique à l’époque moderne, Éditions de Boccard, 2019. 

Ce qui apparait à partir de la période que l’historiographie a qualifié de Renaissance c’est la transmission dans le monde occidental latin d’une série de corpus textuels venus de l’antiquité grecque et du monde arabo-islamique qui ont permis l’essor d’une discipline rationnelle, fondée sur la philosophie naturelle aristotélicienne et qui permet l’émergence d’une nouvelle médecine, une médecine savante. Ce développement s’accompagne aussi de transformations culturelles profondes avec l’émergence d’écoles et surtout d’universités qui vont être les lieux d’enseignement de ces savoirs médicaux avec un cursus d’études et des diplômes. Marilyn Nicoud

Ce que montre en particulier le milieu médical milanais, c’est que des médecins sont régulièrement présents auprès des souverains et auprès des héritiers. On se soucie en période de maladie mais également en termes de prévention, en termes de conservation de la santé. Je pense que ce qui peut nous intéresser aujourd’hui c’est de voir à quel point, pour la médecine antique et médiévale, le maintien de la santé, sa conservation, sont des préoccupations médicales qui font l’objet d’un discours et de pratiques : on n’attend pas parce qu’on sait aussi à quel point les thérapies peuvent être dangereuses. Marilyn Nicoud

Sons diffusés : 

  • Lecture par Olivier Martinaud d’un écrit du 28 octobre 1458 de Gaspare Venturelli da Pesaro, médecin du duc de Milan. 
  • Extrait d’un épisode de Thierry la fronde - 1963 – RTF Télévision. 
  • Archive – 20/07/1950 - Extrait de l’émission Connaissance de l’Homme - Gaston Bachelard parle de Paracelse, médecin suisse (1493-1541). 
  • Musique -  Jack Ary - Les tomates (mange des tomates mon amour). 
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  • Professeure d'histoire médiévale Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, membre du laboratoire CIHAM
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