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Les Mendiants, Brueghel l’Ancien, 1568, huile sur bois, 18 x 21,5 cm. Musée du Louvre, Paris. (Wikipédia)
Épisode 1 :

Prendre en charge le handicap, une affaire d'État ?

52 min
À retrouver dans l'émission

La définition du mot "handicap" a évolué au fil du temps, de course hippique à "déficience physique ou mentale". La loi du 11 février 2005 en donne une définition légale, inspirée de la classification internationale, mais depuis quand le handicap est-il devenu une affaire d'État ?

Classe de cordonnerie dans une école pour sourds et muets, Paris, 1944.
Classe de cordonnerie dans une école pour sourds et muets, Paris, 1944. Crédits : AFP

Prendre en charge le handicap, est-ce une affaire d'État ? D’ailleurs, qu’est-ce que le handicap ? Pour en trouver la définition, regardons dans un  dictionnaire, mais pas n’importe lequel : le « Dictionnaire des courses », de Charles de Lorbac, en 1869. Au XIXe siècle, « handicap » est un mot nouveau : « Hand in cap (main dans le chapeau.) — Mot d’origine irlandaise, qui est devenu, sur le turf, la désignation d’un genre de course fort intéressant. Tous les chevaux sont admis à y prendre part moyennant un poids qui leur est assigné par les Commissaires des courses, de façon à égaliser le plus possible les chances entre les différents chevaux ». Hand in cap, main dans le chapeau, semble plutôt d’origine anglaise, quand la mise était déposée dans une coiffure. Ainsi, un handicap est, à l’origine, une course de chevaux qui offre à tous les concurrents, des chances égales de succès. Puis le mot a changé de sens. Il désigne la « déficience physique ou mentale », indique le dictionnaire. Dès lors, qu’en est-il de l’attention portée aux chances égales de succès ? Xavier Mauduit

La loi du 11 février 2005, pour l’égalité des droits et des chances, met en place le droit à la compensation du handicap et l'obligation de solidarité de l'ensemble de la société à l'égard des personnes handicapées. Cette loi formalise la nécessité d’assurer le respect des droits fondamentaux de tous, qu'il soit question de scolarité, d'emploi, d'accessibilité,  et de plein exercice de la citoyenneté. Seize ans plus tard, les conditions de vie des personnes en situation de handicap ont-elles évoluées ? Comment s’est construit le concept de handicap ? Alors que la France a opté depuis la moitié du XXe siècle pour une prise en charge institutionnelle des personnes handicapées, comment basculer vers un modèle plus inclusif ?

Avec Sophie Cluzel, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées depuis 2017.  

Et Gildas Bregain docteur en histoire contemporaine, il est chargé de recherche au CNRS à l’École des hautes études en santé publique (laboratoire ARENES). Il est l'auteur de Pour une histoire du handicap au XXe siècle. Approches transnationales (Europe et Amériques) (PUR, 2018). 

La loi de 2005 est la grande loi fondatrice après de multiples lois, elle n'est pas la première, il y en a eu beaucoup. Il y a eu la loi de 1975, la loi de 1987 donc, depuis longtemps, la France cherche par la loi à améliorer La situation des personnes en situation de handicap. Et c'est là la grande différence avec la loi de 2005 : nous prenons en compte l'interaction entre la personne handicapée et son environnement. La définition du handicap dans la loi de 2005 est la suivante : "Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant." Nous ne sommes plus du tout dans l'intégration, nous sommes dans la société inclusive. Sophie Cluzel

Le phénomène d'institutionnalisation en France est complexe et surtout non linéaire. Il connaît des phases d'accélération au XIXe siècle avec la multiplication des hospices et des asiles, après la Première Guerre mondiale avec la multiplication des centres de rééducation et la grande phase d'institutionnalisation est surtout pendant la seconde moitié du XXe siècle. On observe à partir de 1958 une multiplication des structures d'hébergement et des structures médico-éducatives qui sont créés par des associations et subventionnées par l'État. Gildas Bregain

Sons diffusés :

  • Archive - 23/02/1956 - Tribune du progrès - Professeur Henri Baruk, psychiatre. 
  • Archive - 17/12/1954 - Actualités françaises - Institut Larnay, école pour sourds et muets. 
  • Archive - 09/10/1956 - Le Monde comme il va - Clara Candiani. 

Chroniques

9H52
3 min

Le Journal de l'histoire

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Intervenants
  • secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées
  • Docteur en histoire, chargé de recherche au CNRS à l’École des hautes études en santé publique (laboratoire ARENES)
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