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Épisode 2 :

Guadeloupe vs Martinique. Qui a planté la discorde ?

52 min
À retrouver dans l'émission

La rivalité entre la Martinique et la Guadeloupe fut attisée par les pouvoirs coloniaux qui favorisèrent l'une au détriment de l'autre. Quel rapport ces deux îles, également gâtées par la nature, entretiennent-elles aujourd'hui et quelles traces gardent-elles d'un passé de sœurs rivales ?

Carte de la Martinique (1750) et carte de la Guadeloupe. Photo: Historic Maps/ullstein bild et Universal History Archive.
Carte de la Martinique (1750) et carte de la Guadeloupe. Photo: Historic Maps/ullstein bild et Universal History Archive. Crédits : Getty

La Guadeloupe et la Martinique sont-elles sœurs ? Elles se ressemblent beaucoup par leur situation, par le climat, la faune, la flore. Qu’en est-il de leurs habitants et de leur histoire ? Les sœurs se chamaillent parfois, mais qui a voulu planter la discorde ? Xavier Mauduit

De prime abord, la Guadeloupe et la Martinique sont des îles sœurs. Le superficie, le climat, la faune et la flore de ces deux îles volcaniques de la mer des Caraïbes sont très similaires. Pourtant, l’île aux belles eaux et l’île aux belles fleurs ont longtemps été rivales. Lorsque les troupes coloniales françaises s’élancent vers les îles antillaises au XVIIe siècle, la Guadeloupe semble le point de départ idéal à l’occupation de la région. Seulement voilà : l’expédition est mal préparée, et ces nouveaux colons sont rapidement emportés par la faim, la maladie, ou succombent face aux résistances autochtones. La Compagnie des îles d'Amérique, chargée du financement de l’opération, est ruinée, et la mission est un échec retentissant. En revanche, la colonisation de la Martinique, confiée à un groupe d’explorateurs plus chevronnés, est un succès considérable. 

La Martinique devient bientôt la colonie la plus rentable de l’empire colonial français et se développe rapidement, au grand dam de la Guadeloupe. Les quelques années d’occupation britannique, durant la guerre de Sept Ans, aident la Guadeloupe à combler ce retard et à pallier les inégalités sociales et économiques qui la séparent de la Martinique. Mais l’île aux fleurs ne tarde pas à réaffirmer sa primauté. La loi de 1848 permet aux îles antillaises de s’affranchir du système esclavagiste français. Pourtant, ce changement ne signe pas la fin d’une rivalité affichée et d’inégalités indéniables. Comment les empires coloniaux français et britannique ont-ils fabriqué et encouragé ces tensions entre Martinique et Guadeloupe ? Cette rivalité est-elle encore d’actualité ? 

Avec Frédéric Régent, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine, de l’Institut d’Histoire de la Révolution française et président du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. Il est notamment l’auteur de La France et ses esclaves (Grasset, 2007) et de Les maîtres de la Guadeloupe, Propriétaires d'esclaves 1635-1848 (Tallandier, 2019).

Jusqu'en 1868, le siège des îles françaises d'Amérique est situé à Saint-Christophe. À cette date, on déplace le siège du gouvernement général des îles à la Martinique, à Saint-Pierre. À partir de cette époque, Saint-Pierre va devenir le siège du gouvernement général des Îles, la Guadeloupe n'est qu'un gouvernement particulier. Saint-Pierre va se développer à partir de ce moment-là. À la veille de la révolution en 1789, Saint-Pierre compte environ 20 000 habitants, c'est-à-dire que c'est une ville qui est plus peuplée que Philadelphie, New York ou Boston, tandis que les plus grosses villes de Guadeloupe comptent 4000 à 5000 habitants. Frédéric Régent

Sons diffusés :

  • Archive - 27/10/1966 - ORTF - Fiction d'Oscar-Paul Gilbert, Les ombres de madame Reynal
  • Archive - 1992 - France culture - Les Nuits magnétiques - Marie- Rose Monny parle des békés. 
  • Lecture par Sandy Boizard d'un extrait du roman de Maryse Condé, La traversée de la mangrove (1989).
  • Archive - 2012 - France Télévision - Let's Pix - Patrick Chamoiseau parle des clichés agaçants. 
  • Archive - 2019 - France Culture - LSD - Raymond Boutin, auteur de La population de la Guadeloupe - De l'émancipation à l'assimilation (1848-1946), (Aspects démographiques et sociaux), s'insurge contre le slogan "Tous nés en 1848". 
  • Musique - Casey - Chez moi (2006)
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Intervenants
  • maître de conférences en Histoire moderne à l’Université de Paris, spécialiste de l’histoire de l’esclavage
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