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Intérieur d'une maison de canut. 1860. Wikipédia.
Épisode 1 :

Proto-industrie, les paysans hors-champs

51 min
À retrouver dans l'émission

Le monde paysan est caractérisé par la pluriactivité. Ainsi, suivant les régions et les saisons, les paysans se font lunetiers, tisserands ou couteliers. Regard sur ces activités proto-industrielles exercées à domicile.

 Le Tisserand, 1888, Musée d’Art et d’Archéologie de Senlis. Wikipédia.
Le Tisserand, 1888, Musée d’Art et d’Archéologie de Senlis. Wikipédia. Crédits : Paul Sérusier

Est-il imaginable que nous devenions tous, d’ici peu, des chambrelans ? Sans doute et c’est chamboulant. Le chambrelan est celui qui travail en chambre, un ouvrier, un artisan qui produit à domicile. L’écrivain Pétrus Borel a 24 ans en 1833 quand il fait paraître Champavert, un ouvrage sous-titré Contes immoraux. Effectivement, c’est immoral car il est question d’exploitation. Il écrit : « Le marchand détrousse le chambrelan, le chambrelan détrousse l'ouvrier, et l’ouvrier meurt de faim ». 

Dans son Dictionnaire de la langue française, au XIXe siècle, Émile Littré considère que chambrelan est un mot populaire et peu usité. Mazette ! Il mérite de redevenir populaire, mais cette fois au sens de fréquent, et usité tant le travail à domicile est à la mode. Xavier Mauduit

Avec Didier Terrier, professeur émérite en histoire moderne et contemporaine, spécialiste de l’histoire du travail, notamment des populations laborieuses du Nord de la France. Il a publié L'entrepreneur et l'historien.Deux regards sur l'industrialisation dans le textile (XVIIIe-XIXe siècle) avec Corine Maitte et Matthieu de Oliveira (Presses Universitaires du Septentrion, 2013) et, avec Corine Maitte Les rythmes du labeur - Enquête sur le temps de travail en Europe occidentale, XIVe-XIXe siècles (La Dispute, 2020). Il prépare en ce moment une nouvelle histoire du travail.L'entrepreneur et l'historien.

En dernière partie d'émission, un reportage de Marion Dupont au Musée des beaux-arts de Caen où se tient l'exposition Les villes ardentes. Une plongée iconographique dans la représentation du travail en ville entre 1870 et 1914 en compagnie d'Emmanuelle Delapierre, conservatrice en chef du musée. 

La proto-industrie désigne toutes les productions initiées par des donneurs d'ordre qui sont des marchands-fabricants des villes qui distribuent le travail dans les campagnes à des ouvriers ruraux, lesquels fabriquent des objets qui sont destinés au grand marché extrarégionaux et internationaux. Depuis lors la proto-industrie a pris un sens beaucoup plus extensif, elle s'est mise aussi à désigner, pour certains historiens, les travaux qui se sont déroulés dans les villes dès lors qu'ils étaient en chambre ou bien les travaux à domicile qui perdurent jusqu'au 20e siècle. Didier Terrier

Il faut distinguer les textiles fabriqués à partir des matières premières disponibles sur place : le lin, le chanvre, la laine, qui sont globalement de médiocre qualité et tous les textiles fabriqués à partir de matières premières importées comme la laine mérinos qui vient d'Espagne ou encore le coton. Cela permet de bien dissocier deux types d'organisation du travail. Dans le premier cas, on a à faire à ce que les allemands appellent le Kaufsystem, les ouvriers paysans se fournissent eux-mêmes en matières premières et gèrent eux-mêmes la vente de leurs produits [...] Dans le second cas, c'est le Verlagssystem qui suppose d'acheter les matières premières, ce qui implique une surface financière que l'on n'a pas dans les campagnes. Ce système va transformer complètement les rapports entre les uns et les autres puisque cette fois ci, on voit s'introduire dans les campagnes une forme d'organisation du travail beaucoup plus dirigiste avec de la matière première qui est remise et dont l'utilisation est parfaitement surveillée parce qu'il y a toujours des problèmes de "filouterie" et tout ceci s'accompagne de la présence au village de contremaîtres qui sont l'œil du maître. Didier Terrier

Sons diffusés

  • Archive - 22/11/1979 - FR3 - Dans le Haut Jura, "lorsqu'arrive la saison morte on devine que tout va changer". 
  • Archive - 21/02/1966 - ORTF - Laguiole, dernier coutelier. 
  • Lecture par Élodie Huber,  extrait d'un article d'Armand Audiganne, « Le travail et les mœurs dans les montagnes du Jura », Revue des Deux Mondes, 1864, tome 51, pp. 882-905.
  • Musique - Yves-Montand- Les canuts.
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