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Caïn et Abel. Collection Gallerie dell' Accademia, Venise.
Épisode 4 :

Fatals frangins

52 min
À retrouver dans l'émission

Le christianisme fait de la relation fraternelle un idéal exemplaire des bonnes relations humaines. Or paradoxalement, les textes bibliques, abondent en récits de relations fraternelles difficiles. Comment alors est-on passé du meurtre du frère au frère comme idéal relationnel ?

Caïn et Abel. Collection Gallerie dell' Accademia, Venise.
Caïn et Abel. Collection Gallerie dell' Accademia, Venise. Crédits : Fine Art Images/Heritage Images - Getty

Amour, délice et orgue sont des mots masculins au singulier, mais féminins au pluriel : les grandes orgues, les délices interdites… Cependant, pour l’amour, il y a une subtilité : faut-il parler des amours filiales ou des amours filiaux, quand il est questions des sentiments à l’égard de ses parents ? 

Dans ce cas, le pluriel du mot amour n’entraine pas forcément le féminin, pour une bonne raison. Auteur à la fin du 19e siècle d’un dictionnaire qui porte son nom, Littré écrit que « amour a été masculin et féminin dans les deux siècles derniers. Aujourd'hui il n’est susceptible de recevoir les deux genres que quand il signifie la passion d’un sexe pour l’autre ; ailleurs il est masculin ». Ainsi, quand il est féminin au pluriel, l’amour appelle au sexe ! Grevisse, sublime grammairien, ne dit pas autre chose dans “Le Bon usage” de la langue française : « Amour, dans l’acception générale (affection profonde, personne aimée, attachement qu’on éprouve pour une chose), est masculin en tout temps. Amour, lorsqu’il signifie “passion d’un sexe pour l’autre”, “passions charnelles”, est masculin au singulier (ce n’est guère qu’en poésie qu’on le fait parfois féminin). Au pluriel, selon une règle traditionnelle, il est ordinairement féminin ; en réalité, l’usage n’est pas fixé et le pluriel d’amour est des deux genres. »

Ainsi, il est possible de parler d’amour filiales et d’amour filiaux sans faire de faute de grammaire… mais la différence de genre implique une différence de sens qui est une faute morale, un crime.

Nous recevons aujourd'hui Anne Laure Zwilling, ingénieure de recherche CNRS. Elle est notamment l’auteur Frères et sœurs dans la Bible. Les relations fraternelles dans l'Ancien et le Nouveau Testament, Paris, Editions du Cerf (Lectio divina 238), 2010, et Marie Cappart, généalogiste, elle a récemment publié Frères ennemis, frères de sang, frères de lait : les fratries dans l’histoire, aux éditions Jourdan, 2018. 

Sons diffusés : 

Archives : 

  • 700 en famille , le 15/11/1983, sur Antenne 2
  • Lecture du fils prodigue, le 14/03/2010, dans le service protestant, France Culture

Lecture par Elodie Huber : Abel et Caïn, Genèse 4.1-15 

Musiques : 

  • L'Ancêtre de Georges Brassens
  • Mon frère, de la comédie musicale Les dix commandements 

Rediffusion de l'émission du 28/11/2019, et première diffusion du Journal de l'histoire d'Anaïs Kien en fin d'émission, à réécouter ici :

Intervenants
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