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Une rue de Paris en mai 1871, Maximilien Luce (1858-1941), Paris, Musée d'Orsay. (Wikipédia).
Épisode 1 :

La Commune, un chantier transnational

52 min
À retrouver dans l'émission

La Commune de Paris demeure une référence en matière de révolution. Toutefois, afin d’en saisir les prémices et la portée, les événements de 1871 doivent être lus sur une chronologie plus large que celle de la seule « année terrible », selon l’expression de Victor Hugo.

Mur tagué lors de la manifestation le 10 décembre 2019 à Paris, sixième journée de grève massive contre les projets contre la réforme des retraites. Photo : Christophe Archambault.
Mur tagué lors de la manifestation le 10 décembre 2019 à Paris, sixième journée de grève massive contre les projets contre la réforme des retraites. Photo : Christophe Archambault. Crédits : AFP

Qu’est-ce que la Commune de Paris ? D’un point de vue administratif, il s’agit d’une collectivité territoriale. D’un point de vue historique, c’est une période fascinante qui débute le 18 mars 1871 et qui se termine 72 jours plus tard par la semaine sanglante. Pourtant, n’y a-t-il qu’une seule Commune ? À raison, l’historien Quentin Deluermoz titre son étude "Commune(s)", car il n’y a pas de mouvement insurrectionnel qu’à Paris en 1871 et parce que les mémoires de la Commune sont multiples. (Xavier Mauduit)

Pour son 150e anniversaire, la Commune de Paris est toujours vivante. Elle est invoquée lors des mouvements populaires, en France avec Nuit Debout, en Espagne avec les Indignados, aux États-Unis avec le mouvement Occupy… La Commune de 1871 demeure une référence mondiale.

Avec Quentin Deluermoz est l'auteur de Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle, paru au Seuil : « Depuis les analyses célèbres de Karl Marx, l'histoire de la Commune  de Paris a été placée au centre de notre compréhension de l'événement  révolutionnaire. Et l'espérance de "faire commune" fait aujourd'hui  retour dans notre imaginaire politique. Cet ouvrage se propose de  mener l'archéologie de cette puissance d'actualisation, mais en revenant  d'abord sur la force de l'événement lui-même. Le récit prend appui sur  une enquête archivistique minutieuse qui permet de reconstituer, par le  bas, les stratégies des acteurs, leurs luttes comme l'ouverture des  possibles qui marque ces journées. L'événement dépasse dès ses débuts le  cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en  passant par l'insurrection kabyle, la Croix-Rousse à Lyon ou la  république des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à  différentes échelles, du local au global, en décrivant des  interconnections multiples. De là un essai vif et original sur  l'histoire transnationale des échos entre l'espérance révolutionnaire  française et les trajectoires insurrectionnelles mondiales, doublé d'une  réflexion renouvelée sur les rapports entre ordre social et révolution » (présentation éditeur).

La Commune est liée aux luttes sociales et républicaines des années 1848‐1870. Plongeons-nous dans les événements de 1870-1871 afin de saisir l’impact global de la Commune de Paris et de comprendre le caractère transnational de ce chantier social. Quelles furent ses répercussions dans les territoires français ? Comment fut-il perçu par la presse internationale ?

Quentin Deluermoz est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris et cofondateur de la revue Sensibilités, Histoire, critique et sciences sociales. Il travaille sur l’histoire sociale et culturelle des ordres et des désordres au XIXe siècle, à travers notamment deux chantiers : les relations police-société dans les grandes capitales occidentales et coloniales d’une part ; le moment communard en 1871 de l’autre (expérience, administration, rapport à la violence). Il est notamment l'auteur de Des policiers dans la ville : la construction d’un ordre public à Paris (1854-1914) (Publications de la Sorbonne, 2012), et de Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle (Seuil, 2020), Le Crépuscule des révolutions (1848-1871) (Seuil, 2012 rééd. 2014). Il est coauteur avec avec Boris Bove et Nicolas Lyon-Caen du Gouvernement des Parisiens. Paris, ses habitants et l’État, une histoire partagée (Éditions Paris Musées, 2017) et avec Pierre Singaravélou de Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus (Seuil, 2016, rééd. "Points Histoire", 2019).  

Toutes révolutions se placent dans le siège des révolutions précédentes avec cette idée que des promesses ont été faites, n'ont pas été tenues et qu'il faut s'en emparer dans le moment révolutionnaire nouveau en essayant de faire mieux que la révolution précédente. La Commune de Paris s'insère dans cette chaîne de révolutions ce qui explique ce rapport au temps très particulier et la dynamique révolutionnaire qui traverse la ville. Le lien avec 1848 est direct et immédiat ne serait-ce que par le projet principal de la commune de Paris qui est ce qu'on appelle la république démocratique et sociale. C'est une idée qui émerge en février 1848 et c'est au nom de cette république démocratique et sociale que les ouvriers s'insurgent en juin 1848 parce que la république est devenue entre-temps plus libérale. Quentin Deluermoz

Sons diffusés :

  • Extrait du film Germinal (1993) réalisé par Claude Berri. 
  • Extrait du JT – Rivière-Pilote en Martinique. ITW de l'historien Jean-Louis Fonsat. 
  • Lecture par Daniel Keninsberg d’un article du 19/03/1871 du correspondant parisien d’El Siglo XIX, journal mexicain.
  • Musique - Les journées de juin par Nicole Vervil de l'album Histoire de France par les chansons, vol. 14 : La Révolution de 1848.
  • Musique - Le temps des cerises par Juliette Gréco. 
  • Musique - La Commune par Jean Ferrat.
  • Musique - Elle n’est pas morte par Marc Orgeret. 
  • Musique - Les canuts par Francesca Solleville. 
Intervenants
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