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Alain Corbin en 2000
Épisode 3 :

Alain Corbin, Pour une histoire du sensible

53 min
À retrouver dans l'émission

Comment écrire l’histoire de choses et de gens qui n’ont pas laissé de traces ? Dans cette démarche, quelle place occupent l’imagination et le vécu de l’historien ? Balade sonore avec l’historien Alain Corbin dans les différents univers sonores, visuels, tactiles, olfactifs qu’il a visités.

Alain Corbin en 2000
Alain Corbin en 2000 Crédits : Louis MONIER - Getty

La vue, l’odorat, le goût, l’ouïe, le toucher : comment nos ancêtres utilisaient-ils leurs cinq sens et comment ces cinq sens leur permettaient de percevoir le monde ? L’historien du sensible est aux aguets quand commence un voyage qui nous conduit à travers un territoire du vide et un désir de rivage, antre le miasme et la jonquille… un voyage au son des cloches de la terre, où nous croisons des filles de noces et les traces d’un inconnu ! Comment nos ancêtres voyaient-ils la mer ou la campagne ? Comment leurs perceptions ont évolué avec le temps qui passe, à travers les siècles, à travers les années qui défilent si vite. Puisqu’une nouvelle année commence, de tout cœur, je vous la souhaite excellente, folle et sereine. Cette année 2020 commence bien puis que nous écoutons Alain Corbin !

Au XVIIIe siècle, voir la mer, ça signifiait pour un aristocrate, un courtisan de Louis XV si vous voulez, cela signifiait d'aller voir la tempête telle que Joseph Vernet l'avait peinte, qu'elle était montrée au salon, c'est à dire que c'était se rendre à Dieppe. Je ne sais pas pourquoi Dieppe particulièrement. Mais en tout cas, certains revenaient en disant "Oh là là, je suis allé à Dieppe et je n'ai pas vu la mer". Qu'est ce que cela signifie? Bien sûr qu'il avait vu la mer, mais cela veut dire qu'il n'avait pas vu la mer en tempête. Alain Corbin 

L'herbe, c'est la renaissance. C'est le souvenir du passé, mais c'est aussi la renaissance. C'est la fraîcheur aussi, c'est la nostalgie, même pour ceux qui ne l'ont pas connue. Il y a l'herbe dressée, celle décrite par Zola dans «Le Square ». Dans lequel il dit l'herbe des squares de l'Empire de Napoléon III, c'était une herbe maîtrisée, disciplinée, sur laquelle on ne devait pas marcher, qu'on pouvait simplement voir regarder comme on regarde un tableau. Donc, il y a des façons de traiter l'herbe, de l'apprécier et d'attendre d'elles des avantages. Par exemple sous Napoléon III, on craignait beaucoup la tuberculose. On avait l'impression qu’emmener un enfant au jardin public, c'était, c'était lui faire du bien. Ça pouvait le guérir. C'était une herbe pulmonaire. C'est très beau comme formule. Alain Corbin

Sons diffusés : 

Archives : 

  • Lucien Febvre, Qu’est-ce que la civilisation ? INA, 1948
  • L’esprit Cheminot, France Culture, 1992
  • Lecture par Simone Signoret de L’assommoir, Emile Zola

Musiques : 

  • Zézette et Kiki (ou histoire canine) de Lyjo
  • Living in the Past de Jethro Tull 

Rediffusion de l'émission du 01/01/2020

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
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