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Un atelier de couturières en Arles - vers 1785
Épisode 3 :

Loin des savoirs, loin du pouvoir

51 min
À retrouver dans l'émission

La Révolution française prône une instruction citoyenne pour tous, y compris pour les femmes. Dès lors, les premières écoles publiques de filles se mettent en place au rythme des querelles, des débats et de la morale.

La femme du sans-culotte, estampe, musée Carnavalet, vers 1792. Musée Carnavalet.
La femme du sans-culotte, estampe, musée Carnavalet, vers 1792. Musée Carnavalet.

Le 1er janvier 1789, les femmes du Tiers État adressent une pétition au roi Louis XVI : l’annonce royale de la réunion des États généraux est une bonne occasion de parler d’éducation des filles. Les pétitionnaires écrivent : 

« Les femmes du Tiers État naissent presque toutes sans fortune ; leur éducation est très négligée ou très vicieuse : elle consiste à les envoyer à l’école chez un maître qui, lui-même, ne sait pas le premier mot de la langue qu’il enseigne ; elles continuent d’y aller jusqu'à ce qu’elles sachent bien lire l’Office de la Messe en français, et les Vêpres en latin ». 

Dans cette pétition, les femmes du Tiers État ajoutent : 

« Si la nature leur a refusé la beauté, elles épousent, sans dot, de malheureux artisans, [et] végètent péniblement dans le fond des provinces... Si au contraire elles sont jolies, elles deviennent la proie du premier séducteur ». 

Voilà un programme de vie pas très alléchant… La pétition se conclue ainsi : « Nous demandons à sortir de l’ignorance pour donner à nos enfants une éducation saine et raisonnable, pour en former des sujets dignes de vous servir ». 

Nous sommes alors en janvier 1789. Oh, il n’est pas question de révolution, d’école publique pour les filles, ou d’égalité, mais l’idée de l’émancipation par l’éducation est déjà bien présente. 

Avec nous ce matin, Caroline Fayolle, agrégée d’histoire et maîtresse de conférences en histoire à l’Université de Montpellier. Elle est Lauréate du Prix de thèse 2014 du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), thèse qu'elle publie en 2017, La Femme nouvelle, Genre, éducation, Révolution (1789-1830) (Editions du CTHS).

La Révolution française dans l’urgence du contexte révolutionnaire a légiféré et mis en pratique ses lois sur les premières écoles publiques de garçons et de filles. Caroline Fayolle

On peut parler d’une vraie aspiration des femmes au savoir. Au tout début de la Révolution on a des pétitions, des cahiers de doléances, des journaux qui se créent pour les femmes ou on peut lire dans les premiers courriers de lectrices une vraie volonté de savoir chez les femmes, une frustration terrible de ne pas avoir accès à la philosophie, aux mathématiques, etc. Avec cette idée qu’accéder aux lumières, c’est accéder à la liberté. Caroline Fayolle

Chroniques
9H52
4 min
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