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Statue de Napoléon Bonaparte dans l'hôtel des Invalides (Paris).
Épisode 1 :

Le bonapartisme, passion inavouée de la République

51 min
À retrouver dans l'émission

Le bonapartisme est une famille de pensée politique qui s’inspire de la doctrine napoléonienne. Cette tentative historique de transmettre l’héritage de l’Empire est spécifiquement française et ne se limite pas à la droite. Quelle est l’emprise de Napoléon sur les institutions républicaines ?

Estampe parue dans le Supplément du Figaro, 15e année, n° 13, samedi 30 mars 1889.
Estampe parue dans le Supplément du Figaro, 15e année, n° 13, samedi 30 mars 1889. Crédits : Gallica-BNF

« Ouf », Napoléon est mort ! « Quand je ne serai plus là, tout le monde dira : ouf ! », déclare Napoléon au général Montholon lors de l’exil sur l’île de Sainte-Hélène. Napoléon meurt le 5 mai 1821 et se développe un mouvement politique, le bonapartisme, qui semble toujours présent en République. D’ailleurs, les relations sont complexes entre l’Empire et la République. La Constitution de l’An XII, précisément du 28 floréal An XII, c’est-à-dire le 18 mai 1804, indique dans son article premier : « Le Gouvernement de la République est confié à un Empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français ». Empire et République ne seraient donc pas incompatibles ? Sur les pièces de monnaie, avec le profil de Napoléon, il est à la fois écrit « empereur des Français » et « République française ». Après la mort de Napoléon, comment se met en forme ce qui est appelé le bonapartisme ? D’ailleurs, qu’est-ce que le bonapartisme ? Napoléon est mort, mais qu’en reste-t-il en République ? Xavier Mauduit

Que désigne exactement le bonapartisme ? L'œuvre politique de Napoléon Bonaparte, l’héritage revendiqué par son neveu Louis-Napoléon, la fâcheuse tendance de nos régimes républicains successifs à célébrer des héros et à rechercher des “hommes providentiels” ?  

Pour le savoir, nous examinons aujourd’hui les liens qui unissent Napoléon à la République, du Consulat aux Cent Jours, en passant par l’Empire. Il ne faudra bien sûr pas s’arrêter là. Il s'agit de scruter ce qu’il advient des relations entre bonapartistes et républicains après la mort de l’Empereur et la façon dont Louis-Napoléon Bonaparte joua de son nom pour s’imposer au sein de la Deuxième République. La signification du “bonapartisme” a profondément évolué au cours du temps, jusqu’à imaginer une rapprochement entre la figure de Napoléon et celle du général De Gaulle.  

Nous en discutons avec nos invités Patrice Gueniffey, historien, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et ancien directeur du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA). Il est notamment l’auteur de Napoléon et de Gaulle. Deux héros français (Place des éditeurs, 2017), Bonaparte (1769-1802) (NRF Biographies, Gallimard, 2013) et Le Dix-huit Brumaire. L'épilogue de la Révolution française (Gallimard, 2008).

Et Arthur Chevallier, éditeur et historien, il a publié Napoléon sans Bonaparte (Éditions du Cerf, 2018), Le goût de Napoléon (Mercure de France, 2019) et plus récemment Napoléon et le bonapartisme (Que sais-je ?, 2021). Il est l’un des commissaires de l'exposition RMN-Grand palais consacrée à Napoléon à la Grande Halle de la Villette. 

Je crois que le bonapartisme est l'expression d'une nostalgie plus que d'une politique (....) mais il est resté des choses dans la politique française qui sont l'héritage de Napoléon Ier : une certaine manière de concevoir le pouvoir exécutif, d'en exagérer les compétences, les prérogatives et les pouvoirs, l'antiparlementarisme qui va être une marque dans la politique française jusqu'à aujourd'hui, le pouvoir de la technocratie qui est au fond l'envers du bonapartisme parce que s'il repose sur le plébiscite et, plus encore sur la personnalité charismatique du chef, la réalité du système des deux Napoléon, c'est la technocratie au pouvoir. Tout cela va infuser l'histoire française. Patrice Gueniffey

La différence entre Napoléon et un autre, c'est la témérité, c'est-à-dire, faire une chose que personne n'ose faire (...) Il y a une personne qui franchit le Rubicon. Ce côté téméraire est une vertu en soi aux yeux des Français peut-être. Arthur Chevallier

Sons diffusés :

  • Archive - 17/04/1981 - France culture - Lecture par François Maistre d'un extrait du Mémorial de Sainte-Hélène d'Emmanuel de Las Cases (publié en 1822). 
  • Lecture par Daniel Koenigsberg d'un extrait de la préface Des idées napoléoniennes, ouvrage de Louis-Napoléon Bonaparte. 
  • Extrait du film Napoléon de Sacha Guitry (1954).
  • Archive - 1982 - FR3 - René Rémond compare bonapartisme et gaullisme. 
  • Musique - Robert Marcy - Le Prétendu de la République (1848), chanson anonyme. 
  • Musique - Bourvil - En revenant de la revue
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