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Sur les barricades de Paris, France:  les membres du Mouvement de résistance français qui ont combattu ici encouragent les Américains qui arrivent. 26 aout 1944
Épisode 2 :

Grand témoin : Annette Beaumanoir

53 min
À retrouver dans l'émission

A travers le portrait d'une femme engagée au destin hors norme, résistante de 17 ans, en Bretagne, à Paris et à Lyon, dans les réseaux de Jean Moulin, c’est l’esprit de la résistance qui se dessine. Ce matin, dans Le Cour de l’histoire, la Résistance arbore un visage, celui d’Annette Beaumanoir.

Anne Beaumanoir en 1940
Anne Beaumanoir en 1940 Crédits : Wikipedia

"Beaumanoir personnifie la résistance". Voilà ce que l'on peut lire dans une revue datant des années 40. Oui, mais la résistance à quoi? "Beaumanoir personnifie la résistance à l'invasion". Oui, mais à quelle invasion? "L'invasion du droit romain dans la législation féodale". Voilà la raison pour laquelle Beaumanoir est considéré comme personnifiant la résistance, mais cela dans la revue de la bibliothèque de l'École des chartes Beaumanoir, dont il est question, est Philippe de Beaumanoir, un jurisconsulte du 13e siècle et la revue datent bien des années 40, mais des années 1840, 1847 précisément. Un siècle plus tard, dans d'autres années 40, il est également possible de dire que Beaumanoir personnifie la résistance. Mais cette fois, il s'agit d'Anne Beaumanoir, résistance au sens où elle a participé au mouvement de lutte contre l'occupation des armées allemandes, où elle s'est battue pour sauver d'autres humains à qui l'on avait demandé de porter une étoile jaune. Mais Anne Beaumanoir est résistante dans un sens plus large encore, puisque sa vie entière, la lutte contre l'oppression de toute forme, a été sa ligne de conduite. Elle incarne l'esprit de la résistance, un concept difficile à définir, d'ailleurs faut-il parler de l'esprit de résistance ou bien de l'esprit de la Résistance ? Allez, demandons lui Anne Beaumanoir, qui personnifie la Résistance est notre invitée aujourd'hui dans le Cours de l'histoire. 

Nous avons le plaisir de nous entretenir ce matin avec Annette Beaumanoir, neurobiologiste et psychiatre retraitée. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle n’a que 17 ans et elle s’engage dans la Résistance. Elle sauva des enfants juifs à Paris et reçut à ce titre la médaille des Justes parmi les Nations. Maquisarde dans les réseaux de Jean Moulin à Lyon, elle milita au sein du Parti communiste clandestin.
Elle a consigné ses souvenirs dans son ouvrage Le feu de la mémoire paru aux éditions Bouchène en 2000, réédité en 2009. La romancière allemande Anne Weber a fait paraitre une biographie à son sujet intitulée Annette, une épopée, en mars 2020, aux éditions du Seuil. Un documentaire a également été réalisé par Nina et Denis Robert en 2018, Une vie d’Annette, diffusé sur France 3.

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Gérer mes choix

Mes choix étaient des choix relativement faciles. Par exemple, le choix de devenir une résistante, c'était facile. Il y avait ceux, évidemment, qui se bouchaient le nez, les oreilles et tout ce que vous voulez, mais la plupart des gens qui regardaient en face ce que nous étions en train de vivre étaient obligés de faire un choix. Alors, le bon choix ou le mauvais choix, par chance, je crois que j'ai fait le choix, c'est à dire d'entrer dans la Résistance. Annette Beaumanoir

Je voulais être résistante. Mais comment faire ? On ne se baladait pas avec une pancarte. Il me fallait donc chercher l'opportunité. Pour moi, ça a été relativement facile. Je faisais partie des associations appelées les auberges de jeunesse - ce n'est pas du tout les auberges de jeunesse d'aujourd'hui - c'était relativement récent, ça a été inauguré en 1936. Ces auberges de jeunesse réunissaient garçons et filles, ce qui était tout à fait rare à l'époque, c'était un lieu où on discutait énormément, notamment de politique. Et lorsqu'on était dans une auberge de jeunesse, où il y avait des garçons et des filles, on nous surveillait un peu. C'était la mère aubergiste ou le père aubergiste qui tenaient ce rôle. Mais moi je fréquentais un lieux où le père aubergiste discutait avec les jeunes. Et j'ai compris que ce monsieur était sûrement dans la Résistance, alors je n'ai pas dit évidemment : "Vous êtes dans la Résistance Monsieur ?" Non, mais je répondais à ses discours en essayant de lui faire comprendre que moi, j'aimerais bien être dans la Résistance. Et à un moment, ça a fait tilt et il m'a présentée à des responsables du Front national - pas celui d'aujourd'hui - qui venait de se créer.en avril 1941 à Rennes. Le correspondant de Rennes m'a donc embauchée au Front national étudiant à Rennes. Annette Beaumanoir

Sons diffusés : 

Archive : Un pardon en Bretagne, Par monts et par vaux, dans les Actualités Françaises, le 23/09/1942 

Musique : Isaltiyen par Idir et Alan Stivell

Lecture par Olivier Martinaud : Extrait d'un article du Monde daté du 13 novembre 1959

Générique de l'émission : Origami de Rone

Bibliographie

Le feu de la mémoire

Le feu de la mémoireAnne Beaumanoiréditions Bouchène , 2000

Intervenants
  • neurobiologiste et psychiatre retraitée. Résistante durant la Seconde Guerre mondiale.
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