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La danse (1909-1910) Henri Matisse, Musée de l'Ermitage, Saint Pétersbourg. Photo : Sylvain Grandadam.
Épisode 1 :

Danser antique, danser en toge

51 min
À retrouver dans l'émission

Lucien de Samosate assure que la danse est "aussi ancienne que l'amour, le plus ancien des dieux", mais quelle place occupe la danse dans le monde gréco-romain ? Qu'elle inspire fascination ou mépris, écrits et iconographies, témoigne de son rôle central dans toutes les sphères de ces sociétés.

Danseurs de la Tombe du Triclinium, fresque de la Nécropole de Monterozzi (détail), vers 470 av. J.-C., Musée national étrusque de Tarquinia, Italie. (Wikipédia)
Danseurs de la Tombe du Triclinium, fresque de la Nécropole de Monterozzi (détail), vers 470 av. J.-C., Musée national étrusque de Tarquinia, Italie. (Wikipédia)

Danses antiques, danses en toge sans doute, mais pas en toc, car les Grecs et les Romains répondaient présents quand il s’agissait sur le dance floor, la piste de danse. 

Qui dansait ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? Et que nous reste-t-il des ces danses antiques ? Il nous reste le vocabulaire : la chorégraphie, de choré, le chœur, la danse, la danse en groupe… et de graphie, l’écriture. La danse, cet art vivant auquel nous abandonnons le cœur joie. Xavier Mauduit

Dans la Grèce antique, la danse est partout, lors des initiations, lors des processions, des fêtes religieuses, des mariages, des guerres, des rituels, des jeux, au théâtre et même à l’école. La danse est le sujet de commentaires, dans les textes de Platon et d’Aristote, d’Hérodote et Xénophon, de Pindare et d’Eschyle, ou même d’Aristophane... Une aubaine pour les historiens et les historiennes qui s’efforcent de reconstituer les gestes, les pratiques et l’esthétique de ces danses. En Grèce classique comme dans le monde gréco-romain, la danse n’est pas seulement un plaisir esthétique qui chercherait la grâce pour elle-même. En Grèce, sa pratique est considérée comme une éducation, à la fois martiale et morale, pour les citoyens en devenir. À Rome, l’essor de la pantomime a une fonction politique : celle de diffuser une culture commune jusqu’aux confins de l’Empire. Nous abordons ces politiques antiques de la danse avec nos invitées...

Avec Marie-Hélène Delavaud-Roux, maîtresse de conférences en histoire ancienne à l’Université de Bretagne Occidentale (Brest), spécialiste de la danse dans l’Antiquité grecque Elle est notamment l'autrice de Les danses dionysiaques en Grèce antique (Presses Universitaires de Provence, 1995), Musiques et danses dans l’Antiquité (Presses Universitaires de Rennes, 2011), Corps et voix dans les danses du théâtre antique (Presses Universitaires de Rennes, 2019). 

Avec nous aussi Marie-Hélène Garelli, professeure de langue et littérature latines à l’Université Toulouse 2 - Jean-Jaurès. Elle consacre ses recherches au théâtre et à la danse dans l’Antiquité gréco-romaine et s’intéresse particulièrement au contexte sociopolitique des spectacles, aux modes de représentation et aux genres dits marginaux comme la pantomime et le mime. Elle est notamment l'autrice avec Jean-Christian Dumont de Le théâtre à Rome (Livre de Poche, 1998), Danser le mythe. La pantomime et sa réception dans la culture antique (Peeters, 2007).

Nos deux invitées ont participé à l’ouvrage Nouvelle histoire de la danse en Occident. De la préhistoire à nos jours, dir. Laura Cappelle (Seuil, 2020)

Pour la Rome antique nous n'avons pas les mêmes sources que pour la Grèce antique et elles sont difficiles à interpréter. Nous avons peu d'iconographie et les textes dont nous disposons sont issus de l'élite aristocratique romaine qui a une vision de la danse qui n'est pas celle du peuple ou de ceux qui la pratiquent. Il y a donc un fossé entre la vision que nous donne les textes, ceux de Cicéron, ceux de Sénèque sous l'Empire ou, plus tard encore ceux de Quintilien, qui sont souvent des condamnations des danses pratiquées par le peuple et qui valorisent essentiellement une danse plutôt virile, grave et qui ne soit pas dionysiaque. Marie-Hélène Garelli

Sons diffusés :

  • Archive - 1964 - ORTF - Danses dyonisaques / l'ivresse du vin et de la comédie.
  • Lecture par Mélodie Orru d'un extrait de la comédie Les Guêpes d’Aristophane. 
  • Extrait du documentaire diffusé sur France 2 en 1978, À Rome, danses sacrées ou danses guerrières. 
  • Extrait du film Les week-ends de Néron réalisé par Sténo (1956).
  • Lecture par Mélodie Orru de l'épitaphe en latin et en vers du danseur Vincentius (Timgad, Algérie, IIIe siècle ap. J.-C.).
  • Extrait du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre réalisé par Alain Chabat (2002).
  • Musique - Extrait d'Oreste d'Euripide   interprété par l'ensemble Kérylos.
  • Musique - Extrait du Prélude à une muse composé par Mésomède de Crète interprétée par l'ensemble Kérylos.
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