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FIPA : l'avenir de la création audiovisuelle française en débat, le rôle du service public en question

3 min
À retrouver dans l'émission

La profession avait réservé au FIPA la présentation de ces deux accords interprofessionnels signés en décembre pour symboliser la relance qualitative d'une production qui se poursuit depuis 2 ans. Premier producteur en quantité, France Télévisions qui prévoit une baisse de ses investissements en la matière a pourtant été sommée d'être plus audacieuse.

Avec ce soir les interventions du président d'honneur de la SACD, le réalisateur et scénariste Jacques Fansten , de Rémy Pflimlin , Président de France Télévision et de la Ministre de la culture Aurélie Filippetti .

Etaient présents : une partie de la profession représentée par la SACD, le SPI et l'USPA, puis les producteurs du Groupe 25 Images du côté des organismes publics : les directeurs et présidents du CNC, de la SCAM et du CSA, le président de France Télévision Rémy Pflimin, la directrice générale d'Arte France Anne Durupty et les autorités politiques : Pierre Assouline, Président de la Commission des affaires culturelles du Sénat, et la ministre de la culture Aurélie Filippetti.

Asphyxie et oxygène

Ces deux accords signés par les organisations de scénaristes avec celles des producteurs d'une part, avec France Télévisions d'autre part, devraient permettre de fortifier la situation financière des auteurs dans le projet et donc de favoriser le développement de nouveaux projets.

Pourtant du côté des producteurs et scénaristes, comme de celui des autorités, on sentait ce matin qu'il était question d'aller plus loin : que ce soit en élargissant l'assiette de la redevance comme le suggéraient Pierre Assouline ou en imposant de nouvelles obligations aux chaînes de télévision avançait Aurélie Filippetti qui préférerait avancer par accords plutôt que par la loi, après avoir déjà en décembre élargi le crédit d'impôt en faveur de la production audiovisuelle.

Ces dispositions s'inscrivent par ailleurs dans une situation de relance perpétuelle du système depuis environ dix ans.

Etranglement financier?

Fortifier le financement de la production audiovisuelle, favoriser la diversité des programmes publics, étendre son rayonnement international : tout le monde était d'accord sur les objectifs de cette année 2013. L'augmentation quantitative de la production et la diversification qualitative opérée notamment par Arte et Canal sont réelles. Mais le système dont l'audiovisuel public a été un des principaux piliers doit s'entendre sur une stratégie commune.

Depuis 5 ans environ, le système de financement français très singulier est doublement fragilisé : d'un côté France Télévision a perdu ses recettes publicitaires et l'augmentation de la redevance ne compense pas entièrement cette perte. De l'autre la Commission Européenne bloque le projet de taxation des opérateurs télécoms censé renforcer les investissements par l'intermédiaire du CNC.

Noyade industrielle?

A cette situation vient s'ajouter depuis 10 ans la fragmentation du paysage audiovisuel en France et la concurrence des industries audiovisuelles américaines et de leur produit d'appel favori : les séries télévisées ciblées. Ce sont des programmes conçus pour capter et conserver une audience relativement faible dans un environnement très concurrentiel où les parts dépassent rarement 15 %. Jusqu'à l'arrivée de la télévision connectée en France les audiences plus stables et plus élevées et le poids de France Télévisions tendait donc à favoriser les projets « non-segmentants ».

Les séries américaines des années 2000, à la différence de la génération précédente ciblées , demandent une manière de produire jusque là assez difficile à intégrer au système français. De là peut-être « l'avance » qualitative prise par Arte et Canal en la matière, deux chaînes plus proches en ce sens de ce que sont les chaînes américaines que ne le sont celles du groupe France Télévisions.

Xavier Martinet

L'équipe
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